mardi 7 juillet 2015

Herne, extrait de The Isles of the Many Gods de Sorita d'Este et David Rankine



Artiste : Deskridge
Herne est comparé par beaucoup à Cernunnos et son nom pourrait être une forme saxonne du nom celte, bien qu' il ait été vu aussi comme une abréviation d' Herian, un titre d'Odin. Herne le Chasseur est mentionné pour la première fois dans les écrits de Shakespeare, les Joyeuses Commères de Windsor. Cependant le mythe semble largement répandu. Herne est le dieu cornu de la chasse menant la Chasse Sauvage.
«  Je songe à une vieille histoire que mon aïeule contait autrefois. Herne le veneur, disait-elle, garda de son vivant la forêt de Windsor et maintenant son fantôme revint toutes les nuits, vers l’heure de minuit. On l’aperçoit armé de cornes, se promenant autour d’un chêne qui porte son nom et dans sa ronde, il flétrit l’arbre, ensorcelle le bétail, change le pur lait des vaches en un sang noir et secoue des chaînes avec un bruit effroyable. »
Originellement il était vu comme une figure fantomatique, la tête parée d'une ramure, errant dans la Forêt de Windsor. L’histoire dit que Herne était un garde-chasse au service du Roi Richard II. Il secourut le roi quand il fut encorné par un cerf. Herne fut encorné alors qu'il tranchait la gorge du cerf, puis fut guéri par un magicien nommé Philip Urswick. Urswick avait fait un pacte avec les autres gardes-chasse, qui étaient envieux des capacités de Herne et de son prestige, afin de lui retirer ses dons. Urswick coupa la ramure du cerf puis l'attacha sur la tête de Herne. Herne se remit toutefois la ramure poussa sur sa tête et il perdit ses capacités. Le coeur brisé, il chevaucha dans la forêt et se pendit à un chêne qui porta ensuite son nom. Un marchant ambulant vit le corps. Quand ce dernier revînt avec d'autres personnes, le corps avait disparu et le chêne fut frappé par un éclair durant la nuit. Les gardes-chasse effrayés consultèrent Urswick, qui leur dit de se rendre au chêne, quand ce fut fait, Herne leur apparut. Il courut à travers le bois, pourchassé par les gardes-chasse. Urswick se manifeste et réclame son dû pour la malédiction lancée sur Herne : ils devront chevaucher avec la Chasse Sauvage pour toujours. Depuis lors, Herne et sa chasse braconnent des daims, tuent des hommes et vandalisent les parcs. Herne révéla au roi qu'il chevauchait par vengeance, et qu'il n'aura de cesse de piller les terres du roi jusqu'à ce que les gardes-chasse (toujours vivants et chevauchant à sa suite) soient pendus. Ainsi Richard pendit les hommes qui devinrent la Chasse Sauvage collectant les âmes des défunts.
Artiste : Lorelyn
Le conte est probablement d'origine médiévale considérant les noms des personnages historiques, bien qu'il puisse être basé sur un mythe antérieur. Les autres versions du conte, il se suicide après la disgrâce royale de sa fille ou parce qu'il honteux d'avoir braconné un daim royal, ou encore accusé de sorcellerie. La Chasse Sauvage apparaît dans toutes les versions cependant. L'imagerie de la Chasse Sauvage est d'origine saxonne et celte avec une référence au mythe nordique. Que le mythe soit antérieur est mentionné par la Chasse décrite dans les Chroniques Anglo-saxonnes en 1127 :
«  ... elle fut vue et entendue par de nombreux hommes. Beaucoup de chasseurs chevauchaient. Les chasseurs étaient noir, et grands et horribles, et leurs chiens tous noirs, avec de grands yeux et horribles, et ils chevauchaient sur des chevaux noirs et des boucs noirs. Elle fut vue dans le parc aux cerfs de la ville de Peterborough, et dans tous les bois de cette même ville jusqu'à Stamford. Et les moines entendirent la corne dans laquelle ils soufflèrent cette nuit-là. Des hommes de confiance qui qui veillèrent la nuit dirent qu'il leur avaient semblé que ça avait pu être au moins vingt ou trente cornes qui retentirent. Elle fut vue et entendue… tout le temps entre Carême et Pâques. »