lundi 14 janvier 2019

Brigid, Celle qui Règne sur la Saison Claire

Par Judith Shaw, SageWomanBlogs 
Traduction et adaptation par Delphine Serpentine


Judith Shaw, native de la Nouvelle-Orléans et graduée du San Francisco Art Institute, a toujours été intéressée par les mythes, les cultures et le mysticisme. Son travail, inspiré de la déesse, la nature et la géométrie sacrée, combine whimsy et l’ésotérisme – les peintures d’arbres qui sont souvent vus comme des femmes dansantes entremêlées de symboles ésotériques tels que ceux de la géométrie sacrée. Après sa graduation, c’est lors d’un séjour en Grèce que la Déesse apparaît pour la première fois dans son œuvre. Le Féminin Divin, dans toutes ses manifestations à travers le monde, continue d’inspirer Judith

Judith a également vécu à Mexico, a visité la France, l’Italie, la Turquie, la Chine, le Guatemala et la Jamaïque. Elle vit désormais à Albuquerque où elle partage son temps entre la peinture, l’écriture, le yoga, le jardinage, l’apiculture et ses relations amicales et familiales. Elle a finalisé un jeu de cartes des Déesses Celtiques.

http://judithshawart.com





Brigid, Déesse de la Guérison, de la Poésie et de la Forge, débute son règne à Imbolc, juste entre le solstice d’hiver et l’équinoxe de printemps. A ce moment, les anciens celtes tenaient un festival du Feu en l’honneur de Brigid et de la lumière croissante. En Ecosse, jusqu’à la moitié du XX ième s, les maisons étaient nettoyées et les foyers sont ravivés le 2 février pour accueillir Brigid.



Signification divinatoire



Inspiration, solitude créative, guérison physique et spirituelle, nouvelle vie, attention aux détails, travail discipliné. Soyez ouverte aux synchronicités. Ressentez la vérité d’être intégre envers vous-même.



Son histoire



Feu de Brigid - source inconnue
Elle a existé dans de nombreux endroits et fut connue sous différents noms. Les irlandais la nomment Bighde. Elle fut Bride en Ecosse, Brigantia en Bretagne du nord, et Brigandu en France. Certains l’appellent Brid, Brig ou Brighid. Plus tard, elle fut renommée Sainte Brigitte (Bridget) par les chrétiens. Son nom le plus ancien était Breo Saighed. Il y eut de nombreuses interprétations, dont beaucoup associées au feu – Pouvoir, Renom, Flèche Ardente de Puissance, Flèche Brillante, la Puissante, la Très Haute, et l’Exaltée.

Avant les Celtes, plus de 3000 ans avant l’ère chrétienne, Brigid était connue en tant que Déesse du printemps et de l’été partageant son règne avec la Déesse Hiver, la Cailleach.

Une autre preuve suggère son importance pour les peuples du Néolithique et de l’Age de Pierre est que les énormes pierres constituant Stonehenge et Avebury sont connues sous le nom de Bridestones (les pierres de Bride).

En tant que Déesse Solaire, naissant à l’aube, elle était porteuse des dons de connaissance, d’inspiration, de force de vie et d’énergie de guérison. Elle est complète.

Brigid règne sur les trois aspects de la vie, tous unis par le feu – l’inspiration, la forge, et le foyer. Brigid aliment le Feu de l’Inspiration en tant que poétesse et muse. Elle supervise la poésie, l’apprentissage, la divination, la connaissance occulte et la prophétie. Elle aliment également le Feu de la Forge en tant que Patronne des forgerons, des orfèvres et bâtisseurs.

Elle est souvent vue avec son chaudron de création et de renouveau. Elle pourrait même remontée au commencent de la poterie.

Brigid alimente de plus le Feu du Foyer en tant que déesse guérisseuse. Elle règne sur la médecine, la guérison spirituelle, la fertilité, l’art des sages-femmes, la guérison intérieure et l’énergie vitale. Dans cet aspect, elle est souvent associée à l’eau. Lui sont attribués les puits sacrés où la matrice de la Terre-Mère s’ouvre à la lumière du jour.

Sa flamme sacrée, symbole du principe créatif,est entretenue continuellement. Celle de son autel à Kildare, en Irlande, a été maintenue même après que celui devint chrétien. Elle fut éteinte finalement en 1220 sur les ordres de Archevêque Henry de Dublin.

Brigid fut identifiée à la lune changeante. Ses animaux sacrés sont le bœuf, le sanglier, le bléier, la vache et le serpent. Son règne débute lors de la naissance des agneaux. Les abeilles lui sont aussi sacrées. Il était cru que les abeilles provenaient des pommeraies de l’Autre-Monde. Les fleurs et le trèfle apparaissent lors de son réveil. La vie nouvelle jaillissant autour d’Elle.

Brigid t’appelle à accéder à ta force d’âme intérieure, à la discipline créatice, à la capacité de guérir et à celle de créer de nouveau.


mardi 9 octobre 2018

L’Autre-Monde et les Sidhe de Joanne van der Hoeven


Traduction et adaptation par Delphine Serpentine
 
 Joanna van der Hoeven est Druidesse, Sorcière, enseignemente et auteur de best sellers. Elle est née à Québec au Canada, puis a déménagé en Grande-Bretagne en 1998, où elle vit avec son mari dans un petit village du Suffolk, près de la Mer du Nord.
Joanna est aussi chanteuse, musiciene, poétesse et danseuse. Elle a étudié avec Emma Restall Orr et l’OBOD. Elle est directrice du Druid College UK. 

Ces derniers mois, j’ai travaillé avec l’Autre-Monde et le Sidhe, essayant de les comprendre par l’expérience plutôt que d’un point de vue mythologique ou académique. Nous pouvons lire à ce sujet toutes sortes de choses, mais l’Autre-Monde doit être expérimenté pour être véritablement intégré dans une tradition particulière. J’avais auparavant écrit que l’Autre-Monde et le concept de dualité sur mon autre blog, à l’approche du dernier Samhain, et y ai réfléchi depuis. En me préparant à une rencontre en conscience, autant qu’en paroles. J’ai rencontré l’Autre-Monde avant, croisant des êtres dans mes errances, mais je n’avais pas fait l’effort de réellement me connecter à eux, quel qu’ils soient ou dont ils puissent venir.
J’avais des difficultés avec le concept de l’Autre-Monde,car percevoir une scission consciente entre notre monde et l’Autre-Monde interfère avec mon ambition de pure intégration. Enfin c’était ce que je pensais.
La première chose que j’ai apprise est qu’il n’y a pas tant de séparation entre l’Autre-Monde et celui-ci, c’est plus de l’autre d’une superposition, une réalité plus profondément perçue que celle que nous expérimentons avec notre conscience physique et mentale quand elle est à demie endormie. L’Autre-Monde est ce monde tout autant, mais à un niveau plus profond. C’est un Monde-Profond, où existent des êtres qui requièrent une connexion plus profonde au paysage. Peut-être étais-je simplement trop obnubilée par le nom « Autre-Monde ». A mon sens, dans mon chemin vers la pure intégration, il n’est pas Autre.
C’est le piège que celui de tout prendre de façon littérale. Et lorsque que j’ai fait mon voyage au tumuli le plus proche, une tombe celtique se tenant à mi-chemin entre une ancienne colonie celte et un cercle rituel le long de la côte du Suffolk, j’avais planifié de rencontrer les Sidhe, ces êtres qui demeurent dans l’Autre-Monde et qui peuvent voyager pus facilement entre les différentes réalités perçues que nous-même. Un ami m’accompagnait tout au long de ce rituel de Beltane, et aussi pour rester en alerte. Mais l’énergie n’y était pas, le temps était passé. L’aubépine n’avait pas encore fleuri en ce début de mai, la météo était changeante : le soleil et la grisaille d’une minute à l’autre. Alors que le rituel avancé sur le sommet de la colline proche du tumuli, un mal de tête tourna à la migraine avec la sensation d’être malade. Pourtant je persévérais toujours dans mon intention à contacter les Sidhe, le Peuple Brillant. Ma tête pulsait et j’entendis soudant «  Reviens lorsque Mai sera en fleurs ». Nous clôturâmes le rituel, d’étranges énergies circulant autour de nous, avec de lourds nuages menaçants, et reprîmes le chemin du retour.
Quelques semaines plus tard, l’aubépine fleurissait et je retentais ma chance au tumuli. J’avais pensé y passer  la nuit, mais mon plan changea et je ne pouvais qu’y rester que deux heures.
Seule, je me rendis là, le parfum des fleurs de mai flottait dans les haies. Alors que j’approchais du tumuli, marchant à travers le troupeau broutant au pied de la colline, un chaud soleil se déversa sur le paysage, l’illuminant entièrement, rendant le tout étincelant de vie.
Je marchais autour du tumuli comme à mon habitude, passant devant un petit groupe de jolies chèvres blanches et noires prenant du repos à l’ombre d’un chêne. L’énergie autour du site était plus calme que la fois précédente, ce qui me réjouissait. Elle était plus posée, mais très forte, presque claire. Après avoir circumambulé autour du tumuli, je marchai jusqu’à son sommet pour m’y asseoir, en respirant simplement et en portant mon attention au lieu. Un écureuil courait dans les dernières feuilles mortes, collectant des noix et des glands.
Lorsque je me sentis pleinement connectée au paysage, pas en tant qu’observatrice ou voyageuse mais en tant que part consciente, active et vivante de ce tout, je plaçais mes mains sur le sol, devant mois et laissais mon esprit se couler en profondeur dans la terre, ouvrant mon nemeton aux esprits du lieu. Presque instantanément, je sentis une présence tout autour de moi, un petit groupe d’êtres, trois ou quatre, se tenant en cercle, regardant ma silhouette assise sur le sol, les mains pressées contre la terre. Ne voulant pas briser ce moment, le gardais les yeux fermés, et les regardais avec mon esprit plutôt qu’avec mes sens physiques.
Ils étaient grands, fins et gracieux. Habillés d’un blanc fluide, ils semblaient briller dans le soleil. Leurs longs cheveux ondoyant autour d’eux, leurs visages étaient à la fois sereins et curieux. Je relevais qu’il y avait une femme parmi eux. Ils se tenaient autour de moi et me regardaient simplement.
« Qu’est-ce que c’est ? ». Je pouvais l’entendre clairement dans mon esprit. Je restais immobile, ne voulant pas briser la magie. Il n’y eut pas de réponse, mais je les sentais m’observer, m’étudiant alors que j’étais assise là. Je conservais mon immobilité, les laissant m’étudier, devenir conscients de ma présence. Je voulais avoir une expérience avec eux mais je réalisais que l’inverse était également vrai.
Après un long moment, je pouvais ressentir leur acceptation. « Reviens. Bientôt. ». J’avais entendu puis ils s’effacèrent de ma vue psychique. J’ouvris les yeux et regardai autour de moi : le monde était juste comme je l’avais laissé.
Je suis impatiente de poursuivre ce travail avec ces êtres dont je pense qu’ils sont les Sidhes de la tradition celtique. Non pas d'un autre monde, mais d'une partie de ce monde et des parties non perçues de cette réalité, cachées de nos âmes à moins que nous nous ouvrions consciemment à elles (ou qu'elles veulent simplement nous apparaître lors de nos errances).
Je pense qu’il est important, pour moi, dans ma vie actuelle de développer cette relation avec les Sidhes.
Ils semblent appeler, même en juin, alors que l’aubépine était couverte de fleurs. Les passages entre les mondes sont ouvert à notre perception, et je travaille sur une plus grande ouverture de cette dernière, pour expérimenter le monde dans sa beauté, son intégration supérieur. Mon âme pleinement éveillée, mes bras grands ouverts pour tout embrasser.

Marija Gimbutas Triomphante: Colin Renfrew cède de Carol P. Christ


Traduction et adaptation de Delphine Serpentine





Carol Patrice Christ est une historienne féministe, théologienne, auteur et avant-gardiste du mouvement de la Déesse. Elle est l'auteur de l'essai largement réimprimé «Pourquoi les femmes ont besoin de la déesse», ce qui plaide en faveur du concept d'une ancienne religion d'une déesse suprême



Le dédain avec lequel les travaux de l’archéologue Marija Gimbutas  a été tenu dans les domaines classiques et archéologiques m’avait été montré lors d’un cocktail à l’American School of Classical Studies à Athènes lorsque je déclarais m’intéresser à son travail. Ce commentaire, proposé à titre provisoire, a déclenché une tirade d'une jeune archéologue qui a commencé à me crier dessus: « Son travail est peu scientifique et, comme c'est le cas, il est plus difficile pour moi et pour les autres femmes spécialistes de le prendre au sérieux ».

Répondant à la réaction contre ses théories, Gimbutas aurait dit à une collègue que cela pourrait prendre des décennies, mais que la valeur de son travail serait finalement reconnue. Cela fait maintenant plus de vingt ans que Marija Gimbutas est décédée (en 1994) et la valeur de son travail commence à être reconnue (du moins par certains de ses collègues, ce qui inclue certains des plus critiques)



A une conférence intitulée “Marija Rediviva: DNA and Indo-European Origins,”, l’archéologue renommé Lord Colin Renfrew (allié du Parti conservateur britannique**), qui avait été l’un des antagonistes les plus bruyants de Gimbutas et un puissant gardien des études, a conclu la conférence inaugurale Marija Gimbutas à l’Institut oriental de l’Université de Chicago avec ces mots : «L’hypothèse de Kourgan de Marija [Gimbutas] a été magnifiquement justifiée».



Dans cette conférence, Colin * explique l’hypothèse de Kurgan de Gimbutas à propos de la propagation des langues indo-européennes des steppes au nord de la mer Noire par les envahisseurs qu’elle appelait «Kurgans», mot d’origine slave qui désigne leurs tumulus caractéristiques.

Gimbutas a parlé de ces tombes de «grand homme», arguant qu’elles marquaient l’apparition d’un nouveau groupe culturel en Europe, patriarcal, patrilinéaire et guerrier. Avant leur arrivée, le peuple que Gimbutas appelait " lesVieux Européens" ont enterré leurs morts dans des fosses communes, avec des offrandes de tombes n'indiquant aucune grande différence de richesse ou de statut et aucune domination d'un sexe sur l'autre. Gimbutas a fait valoir que le peuple kurgan avait introduit les langues indo-européennes dans les terres conquises, ainsi que de nouveaux systèmes culturels basés sur la domination des guerriers et des rois sur la population en général et la domination des hommes sur les femmes. Elle a déclaré que les invasions de Kurgan en Europe ont commencé vers 4400 avant notre ère et ont duré plusieurs millénaires.

Colin * a rejeté la théorie de Kurgan, avançant son hypothèse alternative selon laquelle les langues indo-européennes ont été introduites en Europe par la diffusion de l'agriculture du Moyen-Orient après 7000 avant notre ère. Alors que Gimbutas parlait d'un «choc des cultures» entre les cultures matures, sédentaires et pacifiques de la vieille Europe et la nouvelle culture des guerriers kourgan, Colin * préférait la théorie selon laquelle les cultures évoluent par des processus d'évolution interne plutôt que par un renversement violent.



Dans sa conférence, Colin* a discuté des différentes théories sur la diffusion des langues indo-européennes dans la plupart des pays d’Europe et dans une grande partie du Moyen-Orient et de l’Asie du Sud. Il a cité de nouvelles preuves basées sur l’analyse de l’ADN des os anciens publiées au cours des dernières années, reconnaissant que ces preuves prouvent définitivement qu’un groupe appelé «Yamnaya» est entré en Europe en grand nombre à partir de son territoire au nord de la mer Noire. Colin* a déclaré qu’il pensait que ces preuves étaient scientifiquement valables et qu’elles avaient ainsi prouvé l’hypothèse Kurgan de Gimbutas. Faisant valoir que peu de travail avait été fait sur l'ADN d'os de la Turquie moderne qu'il a présenté comme la patrie indo-européenne, il a déclaré que son hypothèse n'avait pas été réfutée et laissait espérer que cette hypothèse serait également correcte. (La plupart des érudits considèrent cela peu probable.)

Il est important de souligner que lorsque Colin * a dit que l’hypothèse Kurgan de Gimbutas a été prouvée, il l’a fait seulement parce qu’il y a de nouvelles preuves ADN convaincantes pour soutenir l’idée selon laquelle un nouvel élément de la population parlant probablement une langue indo-européenne est entré en Europe au moment où elle le postulait. Il n’a pas évalué ni approuvé la théorie de Gimbutas sur le «choc des cultures» entre celles sédentaires et matrifocales de la vieille Europe et celles nomades, guerrières et patriarcales des Indo-Européens. Néanmoins, en déclarant l’hypothèse Kurgan de Marija Gimbutas «magnifiquement justifiée», Lord Colin Renfrew, considéré par beaucoup comme «le grand vieillard» de son domaine, a ouvert les vannes. Il a implicitement autorisé d’autres chercheurs à reconsidérer toutes les théories de Gimbutas. Et peut-être éventuellement de la ramener à la place qui lui revient comme l'un des archéologues les plus créatifs, les plus scientifiques, et les plus novateurs du vingtième siècle, «la grande vieille dame» de son domaine.



* Dans le titre de sa conférence et en son sein, Colin Renfrew se réfère à Marija Gimbutas comme "Marija". Bien qu’il l’ait reconnu comme un ami personnel, j’ai trouvé que l’utilisation de son prénom dans une conférence scientifique était une manière subtile de séparer une femme archéologue de la compagnie d’archéologues masculins dont le nom et le nom de famille étaient utilisés. J'ai donc décidé de mettre la chaussure sur l'autre pied. Je note également que le titre de la conférence aurait pu être "Marija Gimbutas Triumphant", alors que l'utilisation du latin pour "Reborn" brouille son sens pour ceux qui ne parlent pas couramment le latin.

 ** Oui, cela est pertinent, car les conservateurs sont plus enclins à croire que le patriarcat et la guerre sont universels, normatifs et le seul moyen d’organiser les sociétés.

Merci à Joan Mahler de m'avoir informé de la conférence.


Marche Méditative : Le Labyrinthe de Melanie Bowden


Traduction et adaptation par Delphine Serpentine
 

Melanie Bowden est une écrivaine freelance, une doula post-partum et la mère de deux enfants. 


 
Source : https://thegardenonline.org/new-years-eve-labyrinth-walk/

Ma première marche en labyrinthe fut dans le jardin d’un centre de retraite. C’est avec scepticisme que j’entamais la voie circulaire bordée de pierres en quête de réponses à propos d’un conflit avec un membre de ma famille. En quelques minutes, je fus si submergée par la vision qui s’imposait que je m’arrêtais net pour m’étouffer à grand bruit. Je n’avais pas seulement compris le comportement de l’autre, mais j’avais aussi ressenti une grande vague de pardon et de sympathie m’emporter.

Je suis retournée depuis lors à de nombreuses reprises au labyrinthe. Tantôt pour calmer un conflit, trouver une direction ou simplement pour apaiser mon esprit.



Qu’est-ce qu’un labyrinthe ?


Durant des siècles, le motif du labyrinthe fut utilisé pour aider les personnes à se reconnecter à leur spiritualité. Le labyrinthe n’est pas un dédale, mais un chemin concentrique. Une personne entre et sort au même endroit, en suivant le chemin menant au centre du cercle, puis retourne en arrière. Les labyrinthes sont présents en différents endroits : les lycées, les hôpitaux, les aires de jeu, les prisons, tracé dans le sol d’un canyon californien ou dans une prairie d’une ferme du Missouri.

Selon Melissa Gayle West, psychothérapeute et auteur de Exploring the Labyrinth : A Guide for Healing and Spiritual Growth, le labyrinthe provient de la spirale, le symbole universel de la croissance et de la transformation. Nous la voyons dans le motif formé par les cônes de pin, dans le coquillage du nautilus et dans nos empreintes digitales. West dit : «  La spirale est littéralement encodée dans l’univers. Le labyrinthe, en tant qu’écho du thème transformateur de la spirale, invite à travers les âges les voyageurs et les chercheurs spirituels à contempler les mystères de la vie. A chaque fois que nous marchons dans le labyrinthe, nous marchons dans un monde qui contient bien plus de mystère et de magie que nos esprits ne peuvent le concevoir. »

L’intérêt renouvelé pour le labyrinthe a émergé au début des années 90, et cela en grande partie par les travaux du Révérend Dr. Lauren Artresse de la Cathédrale de la Grâce de San Francisco. Artress fonda Verditas : Le Projet Mondial en 1991 après un voyage à la Cathédrale de Chartres, France. Le labyrinthe de Chartres a été créé sur le sol de la cathédrale durant les croisades, aux alentours de 1220, pour offrir un voyage spirituel à ceux qui ne pouvaient faire un pèlerinage à Jérusalem. Artress trouva la marche labyrinthique de Chartres si transformatrice qu’elle se décida à créer un mouvement. 



Les bénéfices du labyrinthe


Tout comme Artress, des centaines ont découvet que le labyrinthe est un outil puissant, accessible à tous. Marcher dans le labyrinthe peut approfondir la spiritualité, aider à accéder à son intuition et sa créativité, ou offrir un moyen de se connecter à la communauté. Les personnes ont pleuré, ri à gorge déployée et même sauté de joie durant leur marche labyrinthique.

A propos de sa première marche, Darcy Spence dit : « Même alors que je marchais avec un groupe de 10 personnes, je me suis sentie calme, paisible, détendue à l’issue. Je sais que ma pression sanguine s’est abaissée ! »

D’autres commentaires de marcheurs :

« Je me sentais centrée, enracinée et plus en lien avec mon esprit. Le labyrinthe apaise mon anxiété et me donne la paix. », Cheryl Pierson-Carey

« J’ai un labyrinthe dans ma cour et j’y marche chaque jour. Mon mari dit que depuis que j’ai commencé à marcher régulièrement dedans, je suis plus centrée, passionnée dans mon travail, plus calme et plus aimante. », Georgiana Lofty

« C’est une marche méditative guidée et vous ne pouvez pas vous perdre, vraiment ! Je marche et suis attentive à ce qui arrive. Je trouve cela très apaisant. », Anne Dilenschneider



Trouver un labyrinthe près de chez soi


Une fois que vous commencez à regarder quels labyrinthes sont près de chez vous, vous serez surpris. Un bon endroit pour débuter vos recherches est le Labyrinth Locator sur le site de la Cathédrale de la Grâce www.gracecathedral.org/labyrinth/. Sur le localisateur, les adresses des labyrinthes sont énumérées avec des informations indiquant si le labyrinthe est public ou privé, à l'intérieur ou à l'extérieur, éphémère ou permanent. Une autre façon de chercher  les labyrinthes est de contacter The Labyrinth Society www.labyrinthsociety.org. Vous pourrez trouver les coordonnées du représentant régional de la Labyrinth Society.

De plus, le représentant peut vous guider vers un facilitateur local, ils sont nombreux à avoir des labyrinthes portables. Beaucoup ont leur propre labyrinthe. Vous pouvez aussi contacter une église ou un autre lieu de culte impliquant un labyrinthe.

Si vous décidez de faire votre propre labyrinthe, le livre de West contient les instructions détaillées pour le réaliser soit en intérieur, avec du ruban adhésif au sol, ou en extérieur, avec de la corde. Elle suggère également d’essayer les labyrinthes digitaux en suivant le motif avec votre index de la main non dominante, soit sur l’écran d’un ordinateur ou sur un imprimé. Rendez-vous sur  http://www.lessons4living.com/finger_labyrinth.htm.



Se préparer à une marche labyrinthique



Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise méthode. Vous pouvez marcher lentement ou rapidement, sauter, courir, chanter ou danser. Il n’y a pas de règle. Ne soyez pas trop dur avec vous-même sir votre première marche est sans événement notable. Le labyrinthe est différent pour chacun, donc ne vous découragez si vos premières attentes sont déçues.

Les trois parties du labyrinthe sont : entrer, aller vers le centre et sortir.

La Révérende Marjorie Hoyer Smith voit les parties de ce chemin comme suit : « Entrer est le temps de laisser les détails et les problèmes de sa vie derrière soi. Le centre est un temps de méditation et de prière. Sortir est la symbolique de prendre ce que vous avez reçu dans le monde et de l'intégrer dans votre vie. »

Vous gagnerez beaucoup dans vos marches si vous les faites avec l’esprit ouvert dès l’entrée.

West suggère de vous demander «  Suis-je d’accord pour recevoir la guidance qui me mènera vers une nouvelle direction ? Est-ce que mon engagement à connaître la vérité est plus grand que mon engagement à avoir la réponse que je demande? »

Si vous pouvez répondre oui avec honnêteté, alors vous êtes prêt à marcher.

West trouve aussi qu’utiliser une « préparation mentale pour la marche rend l’expérience transformatrice encore plus profonde. Avant d’entrer dans le labyrinthe, ou lorsque vous prenez un moment avant de pénétrer pour poser votre intention, essayez une des suggestions suivantes :



• Penser à une question ou un problème vous concernant à ce moment, que ce soit important ou non ? Mes propres soucis sont de l’ordrede « comment empêcher mes enfants de se battre ? »  à «  que suis-je supposée apprendre du récent décès de ma grand-mère ? »

• Prier pour quelqu’un ou pour une guérison dans une situation particulière.

• Marcher le long du chemin comme si c’était celui de votre vie, avec tous ses tours et des détours. Au centre, méditer sur ce que vous avez besoin de faire dans votre vie à ce moment.

• Pour une réflexion anniversaire ou pour votre jour anniversaire sur l’année à venir.

• En guise de remerciement pour tous les cadeaux de la vie et générer une vie de gratitude.

• Prier ou demander une guidance à propos d’un problème relationnel



Le Pouvoir du Labyrinthe



Le pouvoir de guérison du labyrinthe fonctionne de façon mystérieuse. La recherche est toujours en cours pour déterminer la connexion cerveau-corps pour ceux qui entreprennent une marche labyrinthique  et sur le pourquoi des nombreuses expériences spirituelles profondes et des guérisons. Georgiana Lofty, une facilitatrice de labyrinthe et auteur de Step by Step: How to Introduce the Labyrinth, believes in the labyrinth’s power, dit «  Le labyrinthe enseigne que nous avons besoin d’avoir confiance en la marche sacré de la vie. Juste mettre un pied devant l’autre, et aller vers Dieu, le Foyer, Le centre, Le plus haut Pouvoir. Les motifs (du labyrinthe) sont assez complexes pour que les marcheurs  renoncent à savoir où ils vont. N’est-ce pas une merveilleuse métaphore de ce que notre marche sacrée dans les  merveilles de la vie a à nous offrir ? »