vendredi 19 juin 2020

L'Eau n'est pas Amour

D'Annwyn Avalon,source.
Traduction et adaptation par Delphine Serpentine

Annwyn Avalon est Prêtresse, Artiste, Danseuse, et Sorcière. Prêtresse et fondatrice du Triskele Rose Witchcraft (une tradition avalonienne) et de la Magie de l’Eau,un cursus d’apprentissage de 9 mois sur la magie. C’est une sorcière polythéiste au service de nombreux dieux, elle recherche et pratique sur plusieurs types de pratiques magiques, notamment la magie de l’eau et de la mer, le Hedge Riding ( ndt : la pratique autour de la liminalité sur différents plans.), le travail oraculaire, et la magie des campagnes. Son axe principal est Magie de l’Eau et le travail avec les Esprits de l’Eau. Elle se considère également comme Sorcière d’Eau. Elle se concentre sur la constitution d’une communauté de Sorcières d’eau et des événements  mondiaux de bénédiction de l’Eau. Elle est l’auteur de Water Witchcraft from the Celtic traditions (ndt : une perle !)

Pour en savoir plus :

Sur Patheos

Son site

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Nous devons vraiment parler de l’ignorance au sujet de la véritable nature de l’eau. L’eau est un élément dual. Elle est à la fois vie et mort. Elle peut donner la vie et la reprendre. Elle incarne un large spectre d’énergies. Nous le voyons avec la nature de l’océan. L’eau est constamment pleine de vie, cependant le fracas d’une vague peut la briser.

Les puits sacrés incarnent aussi cette énergie. Nous le voyons avec les tablettes de malédiction trouvées au Temple de l’Eau de Sulis, à Bath en Angleterre, ainsi que dans les traditions liées au folklore où les puits sont utilisés tant pour maudire que guérir. Egalement, encore, dans les histoires sur le peuple de la mer tantôt en rage et vengeur, tantôt secourable et guérisseur.

Nous sommes faits d’eau ? Comment pourrions-nous dénier cette dualité en nous ? Nous ressentons un large spectre d’émotions et l’eau est l’élément des émotions. Ce n’est pas l’élément d’une seule émotion  ou l’élément de l’amour, c’est l’élément de toutes les émotions. Se pourrait-il que les humains expérimentent les émotions car notre corps est composé d’eau et que l’eau est à la fois mort et vie ?

L’Eau n’est pas Amour

Dire que l’Eau est amour, c’est non seulement lui dénier la moitié de sa nature, mais cela souligne le fait que ceux qui le déclarent ne l’ont jamais vraiment rencontrée dans toute sa puissance et sa gloire. C’est là que les gourous et les personnalités à culte peuvent vous retirer votre pouvoir. Ils vous diront ensuite que l’eau est amour, pour en renier ses autres aspects. Puis ils reviendront et jetteront l’opprobre sur tout ce qui n’est ni gentil ni scintillant, diabolisant ces sentiments et expressions. cela pour créer de la discorde, pour diviser pour mieux régner. L’Eau est un élément à large spectre, elle devrait être expérimentée par l’individu. Ceux qui faussent votre perception sciemment cherchent tout simplement à contrôler votre interaction avec l’eau. L’eau ne peut être contrôlée.

Le véritable changement lorsque la boue est remuée et la crasse, filtrée. Vous ne pouvez pas le faire si votre seule expérience se résume à la surface scintillante de l’eau. C’est un pansement qui vous rassure, mais qui ne produit aucun changement.

C’est du mal à l’état pur lorsque quelque chose ou quelqu’un  cherche à prendre le pouvoir sur autrui en faussant la nature d’une chose qui en équilibre par elle-même. Tout en usant de ces tactiques pour brouiller votre jugement et vous laisser dans la confusion. Et tristement, la plupart du temps, pour remplir leurs portes-monnaies. Et oui !

Nous ne pouvons voir l’eau comme étant «  tout amour », nous avons besoin de la colère. La colère est essentielle, l’esprit guerrier est essentiel. Il n’y pas de place pour la passivité. La passivité n’arrêtera pas les saisies gouvernementales des terres, ou les pipelines de détruire l’eau. L’amour non plus. Je n’ai jamais l’amour arrêter les balles en pleine course. L’amour « dur » le pourrait. L’amour que rencontrent les agresseurs portant un féroce bouclier de protection, qui se battent pour la sûreté et le bien-être de l’eau et non pour leurs comptes en banque. C’est l’amour qui, comme l’eau parfois, doit détruire pour reconstruire. L’amour qui porte la vérité, même lorsque la vérité est dure ou qu’elle vous gêne. C’est la difficile réalité de l’amour maternelle.

Je suis mère depuis 15 ans. Et cela m’a enseignée ce qu’est l’amour véritable. L’amour véritable donne parfois des nouvelles très dures, dit un « non » plein de force, et parfois signifie traiter avec des énergies difficiles qui semblent agressives. L’amour de l’eau est pareil  à celui de la mère. Il est nourricier, nutritif mais aussi il vous gronde et vous montre où vous faites erreur. J’aime mon enfant et je m’efforce de l’aider et de leur construire une vie meilleure, et ainsi, par moments, cela signifie avoir des conversations dérangeantes, être en colère lorsqu’ils agissent de façon négligente ou nuisible et de leur enseigner une meilleure façon de le faire.

L’amour , ce n’est pas ignorer les mauvaises attitudes de vos enfants.  Ce n’est pas valider de fauses vérités ou laisser poursuivre des comportements toxiques. Il ne s’agit pas d’un contournement spirituel pour éviter les profondeurs des eaux sombres, mais plutôt de s’y laisser couler et de ne faire qu’un avec. L’eau y agit tel un tsunami, balayant les fausses vérités et l’énergie néfaste du monde. Elle détruit ceux qui fuit la colère face à l’injustice en usant d’amour banal et de paroles peu profondes. Montrant le reflet de la lumière et de l’obscurité. Si vous ne pouvez voir le reflet de votre ombre dans l’eau, avez-vous vraiment regardé l’eau ou avez-vous défini une image que vous pouvez voir comme un miroir ?

Un jour, lorsque vous serez sur le seuil de votre heure la plus sombre, en ayant été projeté par l’eau, brisé, meurtrie, roulé en tous sens jusqu’à en être poli, vous souhaiterez avoir compris sa véritable nature lors du processus. Qu’elle est vie et mort, créatrice et destructrice, que c’est indissociable. Pour que la perle se forme, il doit y avoir un grain de sable, et la bataille avec le sable dure jusqu’à ce que la perle soit. Une roche de rivière doit être brisée, écrasée, usée par les eaux avant d’être une douce pierre emplie de beauté.  Les crêtes dentelées ne sont pas brisées par le doux écoulement de l’eau, mais plutôt par la dure réalité de l’eau qui les façonne pour en faire un chef d’œuvre.

C’est bien de changer d’état d’esprit, c’est bien d’apprendre de nouvelles choses.

C’est bien de faire son travail d’ombre et de réaliser que vous déniez son aspect sombre à l’eau parce que vous vouliez éviter cela en vous. Nous sommes puissants lorsque nous sommes en équilibre, et cet équilibre provient de la vie et de la mort, de la lumière et de l’obscurité, du faste et du néfaste. Nous ressentons à la fois l’amour et la colère, et nous refusons la colère à nos corps, pour l’éteindre, tout comme la lumière qui va avec, ce qui est un fléau en soi.

En tant que personnes profondément connectés à l’eau, nous ne pouvons ignorer son pouvoir, et qu’il provient de lieux sombres et profonds que nous n’avons jamais explorés. Le pouvoir de la vérité qui blesse et l’amour qui transforme, même si cette transformation est douloureuse. L’eau n’est pas amour. La vérité est Amour et la Vérité est que l’eau est vie et mort. C’est la créatrice et la destructrice.

Donc si l’eau est amour, tour à tour elle est douce comme une caresse puis, ensuite,  la destruction brutale qui vous déchire, membre après membre, pour vous assembler, point par point,  en un chef d’œuvre d’ombre et de lumière, d’eau et d’équilibre. Vous êtes fait d’eau, alors soyez véritablement comme l’eau mon ami.

 


jeudi 14 mai 2020

Kadeir Kerritwen - Le Siège de Cerridwen

De Kristoffer Hughes 
Traduction et adaptation de Serpentine 

Kristoffer Hughes est à la tête du Anglesey Druid Ordre dans les Galles du Nord. Auteur récompensé par un award, intervenant régulier et dirigeant d’atelier au Royaume-Uni, en Europe et aux USA. Il travaille avec le Coroner royal. Il a étudié à l’OBOD et il est son treizième érudit Mount Haemus, une spécialisation Llewellyn Worlwide en études celtiques, la mort et le deuil.


L’éminent érudit dans le domaine celtique, John Morris, écrivait au début du XXème siècle : « Je pense que suffisamment a été dit pour démontrer que ces poèmes, qui sont de brume et de mystère à ceux qui ont le regard fixé sur le XIXème siècle, deviennent limpides lorsque nous les regardons de loin, et la brume, et beaucoup du mystère avec, disparaît. ». C’est une déclaration très courageuse, mais une de celles qui révolutionna les futures expériences immersives des mystères celtiques, car en elle, et avec l’ensemble des travaux d’autres chercheurs et visionnaires un postulat de départ est donné, un point duquel percevoir et interagir avec le puzzle des mystères celtiques.

L’actuelle tendance new-age du mercantilisme spirituel a disséqué les mystères jusque leurs ultimes composants où chaque aspect des mystères est observé à la loupe. Cela a profondément affecté notre relation aux mystères. Dans cette éviscération, il est tentant de diriger son attention sur l’individuation des archétypes/divinités qui habitent les mystères. Et à partir de cela, nous essayons de leur donner des significations et attributs de façon individuelle. Cependant, le paradoxe de cette éviscération est que nous échouons à percevoir l’ensemble. Dans cet essai, je me concentre sur la déesse Cerridwen, mais elle n’existe pas par elle-même dans le vide. Elle est un des aspects d’un paysage mythologique bien plus vaste. Pour pleinement comprendre et développer une relation avec Cerridwen, nous devons aussi comprendre le paysage mythologique dont elle est un des aspects inhérents. L’individuation constante des dieux en les excluant du paysage dans lesquels ils existent ne leur rendre pas service. La magie que nous trouvons dans notre connexion à Cerridwen est bien plus complète et extraordinaire lorsque nous nous élevons au-dessus de l’aspect individuel de l’archétype/divinité de façon à les appréhender comme un composant incontournable de mystères plus vastes. En retirant un élément des mystères de son environnement les réduisent alors en petits morceaux à partir desquels il est très difficile de revenir en arrière pour les réassembler.
Donc au lieu de voir Cerridwen par le biais d’une loupe, ainsi que John Morris l’a dit, tentons d’embrasser le paysage de mythe et de magie, d’aller plus haut dans les cieux azurés afin que la lumière soit jetée sur leur contenu. A cette distance, les brumes qui reposent sur les fragments s’évanouissent laissant la place aux mystères. Le mystère et la magie de Cerridwen ne peuvent être séparés de la matière de Taliesin qui prend vie dans notre compréhension des mystères. Ils sont inexorablement connectés l’un à l’autre. Le résultat de la saga Cerridwen – Gwion Bach/Taliesin est la naissance d’un esprit prophétique, et sans exception, toutes les références à Cerridwen proviennent de la bouche de Taliesin. L’érudit gallois Ifor Williams fit une déclaration courageuse dans la première partie du XXème siècle, une qui fut révolutionnaire à ce moment.  Alors qu’il était moqué pour cette révélation, il tint très fermement sa position jusqu’à lentement changer la façon dont les chercheurs et les visionnaires se reliaient aux mystères. Il disait que la matière de Taliesin, c’est-à-dire tous les mystères et quelques poèmes déroutants, ne peut être expliquée dans faire référence à un conte populaire qu’il nommait Hanes Taliesin (l’histoire de la naissance de Taliesin).

Les royaumes du mystère sont difficiles à pénétrer, car au départ ils sont invisibles à l’œil humain. Vous pouvez trouver des éléments qui y font allusion, mais ils sont évasifs et enveloppés dans les brumes du secret. Pour y accéder, nous devons trouver les clefs déverrouillant les portes idoines, et le conte en est une. Mais, même lorsque nous trouvons les clefs qui vont avec les mystères, il nous reste à trouver les serrures avec lesquelles elles fonctionnent. La matière peut sembler à première vue contraignante voire même déroutante, au point de se gratter la tête avec un air confus. C’est un symptôme typique de la grande majorité des personnes qui approchent les portes des mystères celtiques.

Cependant il y a une clef importante qui aide toutes les autres à trouver leur serrure aisément. Les poèmes à énigme de Taliesin et les mythologies et vers celtiques ne peuvent être expliqués sans se référer au conte que le chercher Ifor Williams a identifié comme étant celui de Cerridwen et Taliesin. Il revendiquait que les métamorphoses de Gwion Bach, transformé aux moyens d’initiations successives et une triple naissance, sont cette clef pour accéder aux mystères. Les mythes et les poèmes légendaires et prophétiques, tous sans exception, requièrent cette clef pour activer leur pouvoir. Une fois activé, les mystères commencent à briller d’un éclat illuminant les derniers recoins de l’esprit. Le procédé est très simple une fois que la clef du mystère a été reconnue. Gwion Bach n’est seulement que la moitié de l’histoire, le reste étant accompli par vous.

Pour que tout ce qui suit fasse sens, à ce point, une reconnaissance réelle et profonde doit être acceptée. Par tous les moyens, l’étude de Gwion Bach, l’étymologie et l’interprétation de la part de l’histoire qui lui est dédié, d’un point de recherche comme celui de visionnaire, est un exercice de mérite. Mais , pour que le conte soit intégré en tant qu’expérience, et non comme un simple exercice mental, nous devons accepté que le rôle de Gwion Bach est un indicatif vous désignant, le héros dans sa propre quête vers l’inspiration et la divine réception de l’Awen. Cela est accompli en se percevant soi-même dans le rôle de Gwion Bach et en acceptant les outils qu’il offre avec ses archétypes liés pour commencer le voyage. Au sens véritable du terme, c’est un voyage car il comprend un dévouement complet à l’étude du mystère et une immersion dans les enseignements de nos ancêtres. La quête devient une source de connaissances et notre tentative, sincère pour accéder au ravissement béat de la connexion aux mystères et aux dieux dans le continuum celtique. A partir de là nous renaissons tel celui au front brillant : Taliesin. Mais souvenez-vous que le titre « Gwion » signifie « divin » ou « venin » ou « poison » prototypique. Cela ne doit seulement être que votre expérience, car tenter de suivre le sillage d’une autre personne pourrait empoisonner votre voyage. Nous devons faire ce voyage seul. Soutenus, oui, mais le voyage ne peut être que solitaire par nature. Encore une fois, je le répète, votre perception des mystères sera faussée sauf si vous vous placez en position centrale en tant qu’initié. C’est une allégorie de l’initiation, et c’est Cerridwen et sa position dans le paysage mythologique qui possède la capacité de transformer l’initié. Cependant elle n’accomplit par cette tâche dans un néant. Elle est aussi tenue par les mystères tout en les exprimant simultanément.

Dans la tradition de l’Anglesey Druid Order, les archétypes et les divinités sont intégrées dans quatre catégories. Les trois premières représentent les bras spiralés du Triskèle : les royaumes de la terre, de la mer et des cieux. Les dieux y sont autant l’expression du monde visible que nous. Llyr est l’océan de notre monde, Don est la Déesse Mère de la terre et des rivières et Beli est le bleu et le bleu de notre atmosphère. Leur caractère unique réside dans leur nature finie, et que, lorsque le soleil avalera les planètes dont la nôtre, leur histoire prendra fin. Toutefois, la quatrième catégorie n’est pas nécessairement indicative des puissances subtiles de notre monde mais, plutôt, sont classées dans notre tradition comme l’Andedion, les dieux du monde souterrain ou les Infernaux. Ils se tiennent au bord du Chaudron, entre notre univers et le potentiel non manifesté dans les profondeurs du chaudron. Evidemment, les mystères du Chaudron sont si vastes, que le potentiel gisant dans le néant est au-delà de notre compréhension. A son rebord, les mains tendues à la fois dans un geste de salutation et d’avertissement de L’Andedion, parmi eux, Cerridwen. Elle est le médium par lequel nous décomposons les mystères pour les rendre plus digestes pour l’esprit humain, pour ne pas être submergés au point de devenir fous. Dans notre société de consommation, où tout est disponible sur un plateau d’argent, où tout s’achète, le fait que nous devions prendre notre temps pour absorber quelque chose est presque insultant. Mais les mystères prennent du temps, le processus d’initiation prend du temps. Et comme Taliesin dit : « Myfi a gefais Awen, O Bair Cerridwen, Ac ni wyddais beth yw fy ngahwd, Ai chig neu pysgawd, A myfi a fum naw mis haiach, Ynghroth Cerridwen y wrach, Myfi a fum gynt Wion Bach, Neithyr Taliesin wyf I bellach. »  > « J’ai reçu l’Awen du Chaudron de Cerridwen, et ce n’est pas de savoir ce qu’est ma chair, qu’elle soit de viande ou de poisson, j’ai été en gestation durant neuf mois, dans la matrice de Cerridwen, J’étais Gwion Bach, Mais Maintenant je suis Taliesin. »

Notre relation aux mystères de Cerridwen sert une fonction vitale, et souvent négligée, de provoquer  la naissance du Front Brillant. Pour initier quelqu’un de façon à ce qu’il devienne un esprit prophétique. Le but final de cette fonction initiatrice est de devenir Taliesin. Alors que nous explorons les multiples facettes du paysage et les enseignements de Cerridwen, nous débutons ce processus d’initiation.
Qui êtes-vous ? Qu’êtes-vous ? Et qu’est-ce que vous cherchez ? Qu’est-ce qui fait que vous êtes vous ?

Je ne crois pas que les royaumes invisibles, subtiles sont plus conscients de notre monde que nous le sommes des leurs.  Les gens sont occupés, ils ont des vies à vivre, et cela affecte profondément leurs capacités de perception. D’aussi loin que je m’en préoccupe, ceux qui vivent dans les mondes subtils sont également très occupés, ils ont aussi de la merde à faire (NdT : tel que en anglais dans le texte) ! tout comme nous. Pour que ces mondes se rencontrent, que les brumes se lèvent entre eux, il doit se produire un changement dans le voile pour donner une viscosité à cette séparation afin qu’un monde devienne conscient de l’autre, et vice versa.

Dans les traditions païennes et druidiques, nous avons un nom pour ce procédé : le rituel. 
Ce rituel est simple mais profond. Installez-vous et invoquez cette image : vous pénétrez dans un bosquet au cœur d’une forêt, un cercle de onze pierres se tenant comme un gardien entre la luminosité tachetée du sous-bois à la lumière intense du bosquet. Au centre se tient un gigantesque Chêne. Dans se sbranches vous voyez le déroulé des saisons. Il est ancien et détient en lui la sagesse, la magie, les sciences des mystères. Un chaudron est à son pied et il fume. Un feu brûle en-dessous. Derrière se tient une silhouette voilée de noire de la tête au pied, des mots de pouvoir se déversent de sa bouche alors qu’elle jette des herbes dans le chaudron. C’est Cerridwen. Elle est là, tel un pivot entre le monde visible que l’arbre représente et le monde inconscient qui gît sous les racines. Approchez du chaudron et regardez…Cerridwen n’agit pas seule.

Que sont, dans votre vie, les qualités du Tegid Foel ? Qu’est-ce qui vous tient, vous soutient, et comment soutenez-vous autrui ?
Que sont les qualités de Creirfyw dans votre vie ? Qu’est-ce qui apporte joie et beauté dans votre vie ?
Que sont les qualités d’Afagddu dans votre vie ? Quelle est la nature de votre ombre ? Comment impacte-t-elle sur votre vie ? Demandez-vous si Cerridwen a demandé ou pas à son fils si il voulait changer ?
Que sont les qualités de Morda dans votre vie ? Comment employez-vous la liminalité dans votre travail et dans votre magie ? Quelle est la fonction de la liminalité ? Que pouvez-vous utiliser comme les symboles du ce qui précède ?
Lorsque vous les avez à l’esprit, approchez-vous du chaudron et jetez-les dedans. Cerridwen les acceptera-t-elle facilement ?  

Souvenez-vous : le chaudron ne fera pas cuire la nourriture d’un lâche. Méditez en ce lieu puis lentement, à votre rythme, reprenez conscience ici et maintenant.


 Source

lundi 11 mai 2020

Les Voix dans les Pierres : Les Divinités Celtiques de l’Ancienne Europe

de Síthearan NicLeòid, Paths Blogs
Traduction et adaptation de Delphine Serpentine

La pierre et le linteau richement gravés à Newgrange sont les puissants symboles de la capacité humaine à marquer, mesurer et sanctifier le temps, telle la survenue du Solstice d’Hiver. Cependant ces images évocatrices précèdent les Celtes de quelques centaines d’années, et, comme les dolmens et autres cercles de pierres associés aux « celtes » ou « druides », elles ne font pas parties de la culture celte native. Certaines légendes celtiques se sont attachées à quelques-uns de ces sites, construits plusieurs siècles auparavant mais, sans nul doute, avec des intentions différentes !
Toutefois, à ce jour, des pierres anciennes peuvent nous « parler » des croyances et des pratiques des premiers peuples celtes. Ce ne sont pas des pierres « natives », mais leur contenu détient quelques informations « codées » sur les anciens Celtes. Je me réfère aux inscriptions de la période celto-romaine dans de nombreuses régions européennes, y compris le continent et la Bretagne.

Les auteurs classiques notèrent que les Celtes n’avaient pas mis par écrit leurs connaissances, ni réalisé d’images réalistes de leurs dieux, comme les grecs ou les romains. En fait, lorsque les celtes mirent à sac Delphes et qu’ils virent les statues des dieux, il est dit qu’ils rirent de ce peuple qui pensait que les dieux furent semblables aux hommes. De fait, avant le contact des celtes avec la culture grecque et/ou romaine, il existait très peu d’images anthropomorphistes des dieux.
Avec le temps, toutefois, dans certaines régions, comme la Gaule, le Rhin et la Bretagne Sud, les inscriptions sur les pierres se référant aux dieux celtiques ou aux divinités hybrides celto-romaines, commencèrent à voir le jour. Et parce qu’elles furent faites de pierre, elles durèrent, ayant pour résultat notre bonne fortune, celle d’avoir des noms et quelques attributs de ces dieux et déesses celtes. Ces divinités étaient vénérées sur un vaste territoire, de l’Europe Central  jusqu’à, ce qui est aujourd’hui la France, la Belgique, l’Espagne, le Portugal et des secteurs de la Bretagne (Grande-Bretagne).

Dans de nombreux cas, les romains n’ont pas fait beaucoup d’efforts pour comprendre les dieux étrangers, sauf pour le peu d’entre eux dont il y avait un intérêt dans la vénération ! Ils étaient remarquablement tolérants au sujet des autres dieux et religions, excepté lorsque cela défiait leur autorité. Ils étaient connus pour ce qu’ils avaient initié et nommé l’Interpretatio Romana, la pratique de relever les attributs primaires de toutes divinités étrangères et de les assimiler au dieu ou à la déesse de la culture romaine qui apparaissait le plus semblable. C’est ainsi que dans certains cas, le niveau de strates culturelles pour aider à la compréhension d’un dieu celte recèle quelques pièges. Mais le plus souvent l’utilisation d’images ou de symbolisme romains nous a offert un aperçu des dieux celtes.

Par ces pierres âgées d’environ deux mille ans, nous connaissons à peu près quatre cents dieux celtes. Bien sûr, certains de ces noms sont des titres ou des épithètes, ce qui fait que le nombre de divinités est inférieur.  
Toutefois cela montre qu’il y avait des pratiques polythéistes celtes florissantes dans une grande partie de l’Europe et en Bretagne, ainsi que probablement en Irlande, par inférence.
Certaines divinités étaient locales, associés à une région définie ou à une particularité de l’environnement. La puissante tribu connue sous le nom de Brigante ont été nommé d’après la déesse Brigantia qu’ils vénéraient (et dont le nom peut ou non être associé à l’ancienne Brid ou Brigid irlandaise). Les Epidii du Sud-Ouest écossais ont pu vénérer une déesse équine ou être « totémiquement » associé au cheval. A travers l’Europe, les rivières furent associées à des déesses comme Sabrina (la Severn) , Tawa ( la Tay) et Sequana (la Seine). D’autres divinités continentales ont été révérées sur de grands territoires. 

Dans cette liste de dieux les plus panceltiques sont inclus :

-Lugos / Lugus dont le nom semble relié au dieu Irlandais Lug et la figure galloise Lleu. Il peut ou non provenir du mot-racine indo-européenne signifiant « lumière ».

-Maponus, « Fils Divin », dont le nom est relié à figure galloise de Mabon, qui pourrait lui-même être en lieu avec le dieu irlandais Oengus Mac Og, et cela en raison d’attributs similaires.

-Epona, « Divine Jument », qui fut vénérée à la fois par les celtes et les romains. Ces derniers lui attribuèrent même un jour de fête dans leur calendrier, le 18 décembre.

-Belenus/Belenos dont la racine pourrait être la même que « Beltaine », bien que ce ne soit pas certain.

D’autres divinités celtes :

Sulis, dont le nom provient du mot-racine signifiant « œil », peut-être même « L’Oeil du Ciel » en allusion à ses attributs solaires, est une déese de guérison et des sources chaudes à Bath (G-B). Les romains l’ont assimilée à Minerve.
Taranis, « le Tonnant », qui est peut-être une épithète.
Sirona, La Divine Etoile.
Nemetona, déesse du Bosquet, du Lieu Sacré.
Artio, déesse associée aux ours comme le suggère le mot-racine « art », tout comme pour les noms Arthur et Cormac Mac Art, signifiant « ours ».

A travers l’ancien monde celte, il y eût de nombreux dieux, à la fois mâle et femelle, qui eurent de nombreux attributs et furent vénérés en tant que puissantes forces. Un des plus intéressants est Cernunnos, dont le nom apparaît sur une seule inscription en France. La première lettre est manquante, mais si un « C » est ajouté il signifie « Le Cornu », et il existe de nombreuses images de divinités celtes portant des ramures de cerfs, de taureau ou de bélier. Dans certains exemples, le dieu cornu est présent dans des représentations d’abondance ou de fertilité. Une gravure le montre avec un rat sous lui, ce qui, dans l’iconographie romaine, symbolise le Monde du Dessous. Un exemple sur le fait que l’information romaine même infime peut nous aider à compléter les connaissances sur une divinité celte !

Il y a de nombreuses photographies magnifiques de ces anciennes pierres, et vous pouvez en apprendre plus sur ces fascinantes divinités dans les sources suivantes :
Pagan Celtic Britain (Anne Ross)
Celtic Myth and Religion (S. Paice MacLeod)
Celtic Goddesses (Miranda Green)
The Celts (T.G.E. Powell)


Source

dimanche 12 avril 2020

Critiques et Insultes dans les Communautés Spirituelles

De Phoenix LeFae, source.
Traduction et adaptation de Delphine Serpentine


Nous le savons, cela arrive. Nous y avons probablement participé. Je sais que je l’ai fait. Cependant les critiques et les insultes dans nos communautés sont un véritable problème. J’ai eu quelques discussions sur la pérennité du potin. Beaucoup pense que cela fait partie de toutes communautés, et, qu’après tout, c’est comme cela que les informations circulent. Toutefois, certaines paroles vont au-delà de l’inoffensif potin. C’est moche, ça crée des problèmes, c’est dangereux.

Oui. C’est Personnel.

Sans faire de cachotterie, j’écris ici car c’est un moyen de soulager mes frustrations du moment.  J’ai récemment découvert  qu’un mentor et leader d’une communauté bien précise a eu  des paroles désobligeantes à mon propos, dans mon dos.  Ok, rien de grave mais ça va plus loin que ça. Ce « leader » a également pris sur lui de raconter que mon business n’allait pas très bien et que j’avais des problèmes d’argent. Le « leader » en question a tenté de semer les graines du doute chez mes potentiels clients et étudiants pour mettre en avant sa propre entreprise. Pas cool. (Pour être totalement transparente, mes affaires sont en plein essor, et ce, depuis quelques années déjà.).
Cette situation a mis en avant d’autres problèmes liés aux mauvaises langues de la communauté. Cela fut plus que quelques relations fragilisées par les rumeurs. Un coven éclata à cause de ce drame qui ne fut pas traité de façon claire et positive.

D’autres leaders, mentors et enseignants ont fait des choses qui m’ont fait beaucoup de mal. Les erreurs en communication arrivent. Les gens peuvent être émotifs et avoir une mauvaise parole au mauvais moment. Nous sommes des êtres imparfaits. Je l’ai compris. Les incompréhensions peuvent se produire, les sentiments seront piétinés et les réparer sera impossible. Mais mon (éventuellement naïf) espoir est que les personnes impliquées dans les communautés spirituelles tentent de devenir meilleurs. Il est important de dénoncer les comportements néfastes, quand bien même cela est inconfortable, pour garder les communautés saines.

Comportement néfaste

La personne me diffamant est bien connue pour cela. Les personnes présentes depuis un certain temps ne sont pas surprises par ses manières, c’est normal. Mais les nouveaux arrivants sur la voie, ceux qui cherchent une aide et une guidance ne savent pas à quel point cette personne est toxique jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Que doit faire une sorcière alors ?
Dans ma situation actuelle, ma décision est de réduire les pertes et de me dégager de ce sac de nœuds. Je n’ai pas envie d’arranger cette relation. Trop de mal a été fait et je ne vois pas cette personne être de bonne volonté ou capable d’entendre mon avis sur son comportement. Et je ne veux pas me laisser abuser une nouvelle fois non plus.

Rumeurs, mensonges et commentaires sains.

Dans la communauté Reclaiming, nous accordons de la valeur aux commentaires, aux retours. Nous en demandons aux étudiants après chaque cours. Et nous les partageons avec ceux composant le leadership. Et ce n’est pas toujours simple. Mais il y a des points-clefs sur le partage des commentaires qui peuvent également être appliqués aux rumeurs.

-          Est-ce utile ? partager cette information (rumeur, potin) sera utile à quelqu’un ? Si ce n’est pas le cas, pourquoi avez-vous besoin de le faire ? soyez sûr qu’il ne s’agit de votre propre sac de nœuds dans cette situation. Et si vous n’êtes pas sûr de la véracité de quelque chose, ne le partagez pas.

-     Est-ce spécifique ? Ce retour (ou cette rumeur) est-il spécifique ? Avez-vous un exemple clair du comportement sur lequel il doit être fait ? Des exemples précis facilitent la compréhension des retours.

-        Est-ce opportun ? S’agit-il de retours sur des événements récents ? ou datant d’une décennie n’étant, de fait, plus opportuns ? Les gens peuvent beaucoup changé en dix ans.

-       Est-ce exploitable ? peut-on mettre faire quelque chose avec ce retour (ou les rumeurs) ? Avez-vous une idée ou des informations pour améliorer les choses ?

Et comme pour tout ce que nous faisons, il est important d’avoir l’esprit clair et du recul. Restez en bonne santé spirituelle !
Quelquefois, les gens sont juste toxiques, abusifs ou cruels. Vous n’avez pas à subir des situations de maltraitance, de voir diminuer votre bonheur.



vendredi 27 mars 2020

L'Awen en Solitaire de Joanna Van Der Hoeven


Avant sa traduction, il me tentait déjà. J'ai profité de la commande chez mon libraire de la Voie du Druidisme de Billington pour y ajouter celui-ci.

Pour une mise en bouche, c'est ainsi que l'autrice le présente en quelque sorte, j'ai apprécié. Cela présente l'état d'esprit dans lequel un druidisant pourraient appréhender le monde, qu'il soit solitaire ou non, en définitive. 

J'ai lu ce qui pourrait être la base d'un savoir-être druidique qui me semble accessible et applicable, pour peu que l'égo n'aveugle pas et laisse croire que nous incarnons déjà ces principes.


Joanna Van Der Hoeven, dont vous pourrez trouver des articles sur ce blog, présente les choses avec fraîcheur et franchise. Nous sommes loin des grandes phrases alambiquées et mystérieuses auxquelles nous pourrions nous attendre.

Je le conseille vivement.

Un petit appel du pied : et le Druidry Handbook de John Michael Greer ? Il est déjà fantastique en anglais...