dimanche 31 mai 2015

Invocation à Hécate du Temple of Ascending Flame

Traduction et adaptation de Serpentine
Artiste: Warwick Goble

 Je me tiens au croisement des Cieux, des Enfers et des Terres
J'ouvre la Porte du Soleil Couchant pour emprunter la Voie d'Hécate,
Reine de toute sorcellerie,
Mère des Dieux !
Déesse de la Nuit;
Entends ma prière, viens à moi !
Répands tes bénédiction sur mon âme
Qui cherche la Connaissance et le Pouvoir du Néant !
Dame de la Flamme Noire
Guide-moi sur les Voies de la Nuit avec ta Torche de Gnosis,
Étreins-moi  dans l'extase de la possession
Livre-moi les Clefs de la Sagesse des Anciens !
Déesse des Carrefours de l’Âme,
En ton nom, par ton pouvoir, j'ouvre la Porte de la Lune,
J'offre mon corps en tant que Temple pour ton Éternelle Essence
Alors que je m'élève forgée par ton Feu Sacré,
Non comme une mortelle créature d'argile,
Mais tel(le) l'Enfant du Dragon !
Dame du Chemin Sinueux,
Enflamme mon sang par ton Divin Toucher,
Imprègne-le de ton Fluide Stellaire,
Laisse-moi boire à ton Graal,
Source de toute magie, de tout pouvoir !
Première parmi les Dieux,
Ouvre les Portes du Royaume de la Nuit
Que je puisse ainsi descendre aux Enfers,
Par les Voies de l'Art Ancien !
Gardienne des Clefs Secrètes,
Viens, descends de ton trône ancien au Cœur du Néant,
des mondes au-delà du Temps,
Révèle-moi les secrets oubliés de l'Art,
La Gnose des Cieux et des Enfers !

Reine des Ombres,
Pénètre par les Portes de Chair,
A travers les Hauteurs, les Profondeurs,
Et que ta Flamme Noire me guide sur les Voies de l'Obscurité !
Hécate, Déesse-Dragon du Néant,
Éveille l’Étincelle Immortelle en mon âme,
Que je puisse brandir ta Torche à travers la Nuit Infinie

Source : Temple of Ascending Flame

vendredi 29 mai 2015

The Goddess Hekate de Stephen Ronan, partie 6 - Les Hordes d'Hécate de E. Rohde

Artiste : Louis Rhead

Section I
Hecate et les spectres hécatéens, Gorgyra, Gorgo, Mormolyke, Mormo, Baubo, Gello, Empousa, etc...

( Note de traduction : l'article qui suit est lui-même une annotation relevée dans un ouvrage. Il a été produit dans l'ouvrage Goddess Hekate pour sa richesse et l'originalité de son sujet. Une foule de références abrégées s'y trouvent et je ne peux, par manque d'habitude et de connaissances, vous les retranscrire. Je me suis donc attachée la plupart du temps à faire ressortir le texte.)

Hécate elle-même est décrite comme «  gorgô kai mormô kai mêmne kai polymorphé ».
Ainsi Hécate a le même nom que Gorgo, Mormo et Empouse. Baubo est aussi un de ses noms (Baubo est probablement identique à la « Baubô » mentionnée entre les autres « khthonioi » dans une inscription de Paros (voire les personnages masculins nommées Baubô, Babéis. Baubô peut difficilement être reliée étymologiquement au Baubôn déplaisamment familier dans Herond. ( bien que l'erreur fut répétée par Roscher, myth.lex.ii, 3025).
Personne n'a saisi comment un daimon femelle pouvait être nommée selon un « olisbos » mâle. La nature d'Hécate rend cela plus probable car elle est nommée « Ban », le bruit des chiens hurlant. Baubo, aussi, est le nom d'un gigantesque spectre nocturne. D'autre part ses « épikléseis » ou formes sous lesquelles Hécate, Gorgo, Mormo, etc, apparaissent, sont les noms d'esprits infernaux bien distincts.
« Gorgéra Akherontos gyné » dont « Gorgô » est probablement le diminutif d'un daimon ( elle est assimilée comme habitante de l'Hadès plus tôt dans l'Odyssée durant la « katabasis » d' Heraklés.).

Achéron, dont elle est la consort, a pu être considéré comme le seigneur du monde souterrain. Tout comme elle pu être la mère du dieu souterrain : dans Eschyle, Cassandre nomme Clytemnestre « thnonsan aidonmêtéra ». Dans cette phrase très frappante, il est impossible de comprendre « adon » dans son sens général, ou alors considérer la phrase entière comme une métaphore.
Pourquoi « mêtéra » en particulier ? Et, par dessus tout, quel est le propos sur Thnonsan ?  Clytemnestre, bien sûr, cela va sans dire, est appelée la « mère enragée d'Hadès », c'est-à-dire un démon femelle.
Excepté que ce à quoi elle est comparée, si la métaphore est prise en compte, est une véritable figure de légende.
De la même manière, en grec byzantin, « ton daimonon méter » est une tournure pour une femme méchante. En allemand aussi « la mère des démons » ou grand-mère, ou la femme ou la fiancé du démon ont souvent un sens métaphorique. Toutefois dans tous les cas, la comparaison invariablement implique l'existence de vraies figures légendaires auxquelles la comparaison se réfère. Et cela se répète souvent dans les folklore grec médiévale et moderne dans lesquels ces créatures apparaissent. Nous pouvons cependant conclure que le « thnonsa Aidon mêter » fut un visage de la légende grecque.

« Hades », dans ce contexte, ne peut être le dieu du monde souterrain, frère de Zeus et de Poséidon commun dans Homère et, en général, caractère courant en poèsie. Dans ce cas sa mère serait Rhea qui ne peut être identifiée à la « Thnonsa Aidon mêter ».
Dans les mythologies locales, il y a de nombreux dieux du monde souterrain dont chacun pourrait être nomms même vaguement « Aidés », nom générique pour ce type de divinité.
Toutefois la mère « enragée » du dieu du monde souterrain possède la plus indubitable ressemblance avec Hécate volant à travers la nuit sur les ailes du vent « psékhais nekéon méta Bakkhenonsa » ( Reiss la compare plus ou moins au «  chasseur d'Hadés »). Il semble presque qu'elles soient identiques : la légende locale pouvant très bien avoir fait d'Hécate la mère du dieu du monde souterrain (tout comme elle fut sœur d'Admète ou d'Eubule, donc d'Hadés). Si elle est identique à Mormo, elle devient ensuite la mère nourricière d'Achéron.
Ce titre est attribué à « Mormoléka Tithéné » d'Achéron dans Sophron.
« Mormo » est simplement la forme abrégée de Mormoleké comme Gorgo l'est de Gorgéra et aussi Mommô, et avec la métathèse de Mombro ( Mormol est mentionnée avec Lamia, Gorgô, Ephialtés, comme une créature légendaire.).
Mormo est également un pluriel : « ôsper mormonas paidaria » ( c'est-à-dire « errante », comme dans Hésiode, et comme les Erinyes dans symbolon pythagoricien, et le alastor, l'âme errante sans repos dont le nom dérive d'alastai.). A côté de cela, nous avons Ekatas qui est aussi un pluriel.

Mormô comme un croque-mitaine pour effrayer les enfants : « Mormô daknei ». Ainsi elle est la lamie monstrueuse enlevant les enfants. Quelques détails dans Friedländer (tel le surnom Lamô).
Mormo elle-même est nommée Lamia, « Mormons tês kai Lamias ». Avec Mormo, Lamia Gello est identifiée à un fantôme enlevant les enfants, fait déjà mentionné par Sappho.

Karko est un des noms de Lamia. Lamia qui est évidemment un nom général tandis que Mormo, Gello, Karko et même Empuse sont des Lamies particulières qui peuvent se fondre les unes dans les autres. Seules Morme et Gello coïncident, tout comme Gello et Empuse : « Gellô eidolon Emponséz » (Les empuses, lamies et mormolyces sont identiques).

Empuse, qui apparaît continuellement comme changeant de forme, est visible de nuit par les hommes mais est même plus souvent vue le midi ( comme l'Hécate de Lucian). Elle est, en fait, le daemonium meridianum connue par les écrivains chrétiens comme Diane. Pour les démons se manifestant à midi voir Rochhols (…).

Hécate pour autant qu'elle apparaisse comme une « eidolon » dans le monde d'en haut est identique à Empuse, tout comme Bordo, Gorgo, Mormo, ou encore Gello, Karko et Lamia (…). Ici, Hécate elle-même est décrite comme « un genre de lamie » qui est généralement considérée comme la mère de Scylla par Akousilaos, dans l'Eoiai hésiodique, et même il est expliqué dans le Krataiis homérique que c'est tout simplement Hécate. Le flou sur lecaractère et la confusion sur la personnalité est caractéristique à propos de ces fantômes et autres apparitions.

En réalité, les noms individuels ( dans quelques cas, les formes onomatopéiques suggérant la terreur.) sont originellement des appellations locales de fantômes. A force, tous suggèrent la même idée générale et sont cependant source de confusion. Au mieux, les plus connus d'entre eux sont identifiés à Hécate. Le monde souterrain et le royaume des fantômes est le foyer attitré de ces daimones féminins tout comme pour Hécate. La plupart d'entre eux, exception faite pour Empuse, cèdent en importance devant Hécate et sont relégués aux contes pour enfants.
Dans le cas de Gorgya (Gorgo) et Mormolyce (Mormo), le fait est clairement établi. Lamia et Gello arrachent les enfants mais aussi les « aorons » à cette vie, comme les autres daimones du monde souterrain : les Keres, les Harpies, les Erinyes et, également, Thanatos. Elles viennent vers la lumière, en provenance de leurs tanières souterraines (…). Empuse se manifeste sur terre à midi car c'est le moment où les sacrifices sont offerts aux défunts. Elle s'approche des offrandes faites aux créatures du monde d'en-dessous car elle en fait partie. (De la même façon le caractère chtonien des « seirenes » - très proches des Harpies- est démontré par le fait qu'elles surgissent au midi à l'instar d'Empuse et oppressent les dormeurs selon la démonologie populaire. (…)).

Daughters of the Elements de Lisa Thiel


Traduction et adaptation de Serpentine

Fille des Éléments
Fille de la Pluie
Fille du Tonnerre et de la Flamme
Fille de l'Aube et de la Lumière

Fille des Étoiles
Et Fille de la Nuit
Fille de la Terre
Et Fille des Arbres
Fille des Tempêtes et de la Brise
Fille de la Lune et de la Mer
Fille du Vent
Et Fille des Feuilles

Je suis les Éléments
Je suis la Pluie
Je suis le Tonnerre
Je suis la Flamme
Je suis dans l'Aube et la Lumière
Je suis l’Étoile
Et je suis la Nuit
Je suis la Terre
Et je suis les Arbres
Je suis Tempête et la douce Brise
Je suis la Lune
Et je suis la Mer
Je suis le Vent
Et je suis les Feuilles

mercredi 20 mai 2015

Hécate

Hecat Dadoukos

Note de Serpentine : Un vieil article méritant d'être remanié. Il y a tellement à dire et repréciser.
 


Divinité chtonienne majeure reconnue et honorée par Zeus régnant sur la terre, la mer et le ciel.

Protectrice des voyageurs, des marins, des nourrissons. Veillant au respect de l’équité, de la justice. Associée à la fécondité, la magie, les carrefours, les spectres.


Son nom :
Hécate ressemble à l’ancien égyptien « hekau » qui signifie « magie ». Deux anciens noms d’Hécate sont Aphrattos « Celle Sans Nom » et Pandeina « la Tout-Terrifiante ». Une autre interprétation serait « celle qui voit loin ».

Filiation : fille de Persès et d’Astéria (Titans).

Attributs :

Le poulos (haute tiare ronde réservé aux Déesses Mères), torches, vases, coupes.
Plus tardivement, des clefs, des poignards, des serpents, des croissants de lune qui sont associés au caractère infernal qui lui est attribué des le IV siècle avant JC.

Représentation


La représentation trine d’Hécate est assez tardive. Elle résulterait de l’interprétation des trois domaines sur lesquels Hécate règne ou bien aux trois phases lunaires, mais aussi de la configuration des hécataions (autel dédié à Hécate et déesses lunaires) sur lesquels apparaissaient Séléné (la lune des trois jours), Artémis (la lune des six jours) et Hécate (la lune des quinze jours).
De nombreuses variations autour de la trinité hécatéenne ont eu cours au long de l’histoire mettant en scène soit trois jeunes femmes, soit une femme possédant 6 bras et trois têtes, ou 2 bras et trois tête, soit un corps de femme avec trois têtes d’animaux (cheval, chien et lion)( forme sous laquelle elle est assimilée à Perséphone également)… .

Textes évoquant Hécate 

Hymne homérique à Déméter dans lequel nous apprenons qu’Hécate est la première à aider Déméter à retrouver sa fille Coré (devenue Perséphone) pour enfin devenir une compagne de Perséphone.
La théogonie d’Hésiode qui rappelle la filiation d’Hécate amis aussi tous ses privilèges : commander sur la terre, la mer ; accorder richesse, victoire ; rétablir la justice et l’équilibre ; favoriser les voyages sur terre et mer ; accroître ou diminuer la fertilité : veiller sur les nourrissons et les enfants. Honorée par Zeus, cela rappelle qu’elle lui est supérieure et antérieure.
Plus tard, débarrassée de son histoire, elle est assimilée par les Romains. Associée ou confondue à Diane, elle présidera à la magie essentiellement.

Hymne Orphique à Hékaté

J’invoque Hékaté, l’aimable, la Déesse des triples carrefours,
Céleste, terrestre et marine au péplos couleur de safran.
La sépulcrale célébrant les mystères de Bakchos parmi les âmes des morts.
La fille de Perses, amie des solitudes réjouie par les chiens de la nuit.
La reine redoutable sans ceinture, précédée par les cris des bêtes, image invincible,
Conduisant les taureaux, gardienne des clefs de la totalité du monde, guide.
Nymphe qui parcourt les montagnes et nourrit les jeunes hommes,
Je te prie, jeune fille, d’assister à nos saints mystères,
Favorables au bouvier toujours joyeux dans son cœur.

Gaïa

Artiste : Amanda Clark

Théogonie de Gaïa

Déesse primordiale chtonienne (chtonien : se dit des divinités qui vivent sous la terre, des divinités infernales) qui surgit du Chaos (une profonde crevasse) avec Eros.
Elle génère d’elle-même Ouranos (le ciel), Pontos (le flot marin) et Ouréa (les montagnes (parthénogenèse). Elle engendrera avec Ouranos les Titans et les Titanides, les Cyclopes, les Hécatonchires. Toutefois Ouranos imposa à Gaïa de conserver leur progéniture en son sein. Suite à l’émasculation d’Ouranos naquirent les Erinyes, les Géants et les Méliades. De Pontos, elle met au monde les divinités marines primordiales. Bref, elle est très fertiles et s’accouple avec de nombreuses divinités par la suite générant une multitude d’êtres divins.

Ses attributs

En tant que divinité première, elle est la gardienne du pouvoir divin. De nombreux oracles lui sont consacrés. Au départ, le site de Delphes lui était consacré avant d'être repris par Apollon. Durant l’Antiquité, elle était invoquée avec Hadès, Perséphone, Hécate(divinités dites infernales). Il leur était sacrifié des victimes de couleur sombre (brebis noire, vache noire, etc). Gaia possèdera de nombreux autels en Grèce, au contraire de son époux qui n'en aura aucun.


La face sombre de Gaïa

Gaïa est très rusée. Cette dernière élabore différents stratagèmes en vue de l’éviction d’Ouranos et de sa dictature. Elle provoque la rébellion de Cronos (dernier né des Titans) contre Ouranos et celle de son petit-fils Zeus contre Cronos, en une certaine quête du souverain parfait ; mais elle appuie aussi ses fils monstrueux, les Géants et Typhon, contre Zeus qui impose l’emprisonnement des Titans.
Plus tard Gaïa mettra au monde le serpent Typhon. Ce dernier a pour mission de tuer Zeus. Mais toutes ses actions échouent. Toutefois, elle connaît le succès quand elle conçoit le scorpion qui infligera une morsure mortelle au chasseur Géant Orion, lorsque ce dernier menacera de détruire les animaux sauvages
De cette façon, les Grecs ont voulu sans doute représenter les deux aspects de la nature : capable de créer de la beauté harmonieuse, mais aussi des moments où le chaos originel resurgit. Il est intéressant de remarquer qu'elle s'oppose systématiquement au pouvoir masculin en place. Elle défend des principes de libertés et de libre-arbitre par n'importe quel moyen.

Extrait de la Théogonie d’Hésiode vers 154 à 182 :

(Séduisante et retorse, elle est une mère libératrice poussant ses enfants à la révolte. Elle séduit et manipule Ouranos pour mettre fin à son despotisme)
"Tous ceux, en effet, qui étaient nés de Gaïa et d'Ouranos étaient des enfants très redoutables et leur père les prit en haine dès le début. Dès que l'un d'eux venait au monde, à chaque fois il les cachait tous - et ne les laissait pas venir à la lumière - dans les profondeurs de Gaïa ; cette mauvaise action plaisait à Ouranos, mais la vaste Gaïa gémissait, étouffée à l'intérieur. Aussi imagina-t-elle une ruse perfide et mauvaise. Créant vite ce qu'est le gris acier, elle forgea une grande serpe, s'adressa à ses enfants et leur dit pour leur donner du courage, inquiète en son cœur : « Enfants qui êtes nés de moi et d'un père en proie à la fureur, si vous voulez me faire confiance, nous pourrions punir l'outrage criminel de votre père ; car c'est lui le premier qui a commis des actions infâmes. »
Tels furent ses mots, mais alors la peur s'empara de tous et aucun d'eux ne parla. Mais, s'étant donné du courage, le grand Kronos aux pensées fourbes dit aussitôt ces mots à sa noble mère : « Mère, moi, je te le promets, je pourrais accomplir cette tâche, puisque, du moins, je ne crains pas le père au nom déplaisant qui est le nôtre ; car c'est lui le premier qui a commis des actions infâmes.»
Tels furent ses mots et la vaste Gaïa se réjouit grandement en son cœur. Elle alla le cacher en embuscade, prit dans ses mains la serpe aux dents aiguës et expliqua toute la ruse. Puis vint le grand Ouranos, amenant la nuit ; près de Gaïa, brûlant de désir, il s'approcha et s'étendit partout. Alors son fils, depuis le lieu de l'embuscade, tendit la main gauche, de la droite prit l'énorme serpe, longue et aux dents aiguës, puis, les bourses de son père, il les coupa avec impétuosité et les arracha en arrière pour les jeter derrière lui."


Hymne Orphique Le Parfum de Gaïa - Toutes les semences, excepté les Fèves et les Aromates

O Déesse Gaia, mère des Bienheureux et des hommes mortels, qui nourrit et donne toutes choses, qui produit les fruits et qui détruit tout, toujours verdoyante, féconde, qui fleurit dans les belles saisons, Vierge changeante, fondement du Kosmos immortel, qui enfante la multitude des fruits variés, Eternelle, très-vénérable, qui a une large et riche poitrine, qui te réjouit des plantes aux douces haleines, ornée de fleurs sans nombre, Daimôn qui te réjouit des pluies, autour de qui roulent le monde changeant des astres et la Nature éternelle, O Déesse bienheureuse, multiplie les fruits joyeux et sois-nous favorable avec les Saisons heureuses.

Le Credo des Sorcières de Doreen Valiente

Artiste : Gemma Gary

Écoutez les paroles des Sorcières,
Au cœur de la nuit, les secrets sont cachés,
Alors que nos vies privées de lumière,
De nouveau sont bellement éclairées.

Profonds mystères de l’ Eau et du Feu,
L’infinité de l’Air et de la Terre,
Nous communions en silence avec eux
Le cœur vibrant et vivant de nos vœux.

La Nature de la veille au sommeil,
La roue des saisons tournant au soleil,
Dansant, chantant pour célébrer le cycle
Formant ainsi le cercle magique.

Les grands sabbats au nombre de quatre,
Invitant toutes les filles d'Hécate
Dansant, à Ostara et à Samhain,
A Litha et à Yule, sans chaîne.

Quand le jour et la nuit sont égaux,
Au zénith et au nadir du soleil,
Le temps des sabbats mineurs émerveille
Les sorcières qui bénissent sel et eau.

Treize pleine lunes couronnant l'an,
Treize sorcières au cœur du coven,
Treize Esbats d'amour et de joyeux chants,
Chaque année dorée, plus un jour, amène.

Dès l'aube du monde et sans cesse,
Entre l'homme et la femme, chaque fois,
Issu des anciens aux yeux de sagesse,
Le pouvoir se lègue aux deux à la fois.

Quand le Cercle magique est tracé,
Par le pouvoir, l'athamé ou l'épée,
Abri et frontière entre les Mondes,
Cette nuit sur la Terre des Ombres.

Ce monde n'en connaîtra le secret,
Le monde d'au-delà sait le garder
Les plus anciens Dieux y sont invoqués,
L’œuvre magique y est réalisée.

Car il y a deux piliers mystiques,
Gardiens au seuil du sanctuaire,
Deux puissances issues de la Terre
de forces et formes authentiques.

Jeu des ombres et des lumières,
Les opposés l'un contre l'autre,
Couple divin extraordinaire.
Grâce aux aïeux, cette foi est nôtre.

A minuit, cavalier des tempêtes
Dieu Cornu, seigneur des ombres.
A midi, Roi solaire et sylvestre,
Investissant clairières et combes.

De sa nef lunaire étoilée, elle veille
-Maiden, Mère et Crone à volonté-
Dame de la nuit et des secrets
Sa sagesse tisse sorts,dons et merveilles.

Régissant tous les arts de la magie
Résidant dans les tréfonds de l'esprit,
Immortels et toujours renouvelés,
Pouvant et sachant lier ou libérer.

Dédions nos libations aux Dieux anciens
Avec bonheur dans la danse et l'amour,
Jusqu'aux Terres d’Été depuis ce jour,
nos cœurs en paix et nos esprit sereins.

Le défi de cette voie ancienne
Fais ce que voudras sans aucune haine
Par amour jamais ne blesse personne
Que cela toujours en ton cœur résonne

Le credo wiccan est le vœu des Dieux :
Si nul n'est lésé, fais ce que tu veux.
Ainsi soit- il

Explication des raisons de cette adaptation :

J'aime le rythme et les rimes. Bien que les précédents traductions et adaptations actuelles aient respecté au plus près le texte d'origine de Doreen Valiente, je ne pouvais que regretter que la poésie de cette dernière ne soit pas également restituée. Les traductions d'une langue à l'autre font se perdre les qualités sonores d'un texte.

Je sais bien que mon adaptation n'est pas l'exacte traduction mais j'ai fait de mon mieux pour rendre le style littéraire du « Credo des Sorcières », c'est-à-dire le style poétique rimé, à partir des traductions existantes. J'ai conservé la forme d'une succession de quatrain (16 + 2 vers en final). J'ai recréé des vers de 10 pieds (décasyllabe) en essayant de respecter, dans cette contrainte, au plus près les métaphores de Doreen Valiente.

Avril 2009


Correspondances des jours de la semaine

Artiste : Eugène Grasset

Dimanche

Planète: Soleil- réussite sociale, la renommée, la richesse, le jeu, les héritages, les profits et le bonheur.

Rituels propices pour favoriser la fortune, le succès au travail, fortifier l'espoir, les gains, la chance, obtenir de l'aide ou les faveurs de haut-dignitaires, la suppression des sentiments hostiles, contrecarrer les rivalités et aider à la rencontre de nouveaux amis.

Divinité : Apollon

Couleur: Or - favorise l'éveil spirituel, la conscience, l'esprit créatif, protection divine et unité.

L' or est solaire et masculin. Il est la richesse et ce qui est ostentatoire. C'est aussi la force intérieure, la confiance, le succès, le pouvoir, la spiritualité.
De façon négative, ce sera tout ce qui touche au déplaisir, à la pauvreté, la paresse ou un excès de recherche du plaisir.

Encens: santal, olivier, gomme arabique.

Parfums: santal rouge, safran, cannelle.

Fleurs: héliotrope, mimosa.

Plante: laurier.

Métal: Or.

Pierre: diamant.

Objet symbolique: disque.

Artiste : Eugène Grasset
Lundi

Planète: Lune - Les enfants, la voyance, l'intuition, les rêves, la maternité, le foyer.

Rituels propices pour favoriser les voyages (surtout par mer), les courriers, la réconciliation, l'amour, les visions. Les rituels comprenant de l'eau seront plus efficaces le jour de lune ou en heure lunaire.
Les rituels en lien avec tout ce qui touche au féminin, la famille, l'instinct, l'intuition et la réceptivité occulte.
Les jours de Lune sont propices pour influencer les affaires ou les interrompre, favoriser la propagande et parler en public.

Divinités: Hécate, Séléné, Artémis.

Couleur : Argent - changement, métamorphose, désir de perfection, éveil de l'intuition, du moi réceptif.

L'argent est la couleur des déesses liées à la Lune et des sorcières. Le métal du même nom est protecteur.
La couleur argent est liée à l'intuition, l'occulte, le mystère, le psychisme. En négatif, elle incarnera la suggestibilité et l'instabilité.

Autres couleurs associées: blanc, violet, gris.

Encens: camphre (bonus : repousse les prédateurs sexuels), graines de pavot et myrrhe.

Parfums: ambre, aloé, camphre, santal blanc.

Fleurs: marguerite, renoncule jaune, armoise.

Plante: saule blanc.

Métal: Argent.

Pierres: perle, sélénite, cristal, quartz rose, spectrolite (labradorite blanche).

Objet symbolique: le chaudron.

Artiste : Eugène Grasset
Mardi

Planète : Mars - énergie vitale, instinct, passion, courage, audace, sexualité, agressivité, guerre et haine.

Rituels propices pour favoriser le courage, susciter l'envie de vaincre, provoquer la ruine, blesser et tuer, pour améliorer l'état de santé des malades (notamment pour les personnes souffrant du coeur), obtenir de la vigueur physique et sexuelle, pour détruire ses ennemis et causer des troubles violents.

Divinité: Arès.

Couleur: Rouge. Il rend la lutte favorable, augmente la force et l'agressivité jusqu'à obtention de la victoire.
Le rouge vif et ardent, c'est la vie, le mouvement, l'impulsivité, l'ardeur, le courage.
Le rouge sombre, c'est l'entêtement, la destruction, le despotisme.
C'est aussi la couleur des menstruations, de l'accomplissement du cycle, de la féminité.

Encens: poivre, menthe.
Parfums: lavande, cédrat.

Fleurs: œillet, rue, absinthe.

Plante: cèdre.

Métal: fer.

Pierre: rubis, jaspe, antimoine, soufre, cornaline.

Objet symbolique: une flèche.


Artiste : Eugène Grasset
Mercredi

Planète : Mercure - mouvement, communication, études.

Rituels propices pour favoriser son éloquence, stimuler son intelligence, sa compréhension, la rapidité dans les affaires, la connaissance de l'art de la divination, provoquer les apparitions, protéger ses biens, notamment contre le vol, les faux en écriture et les escroqueries, favoriser la réussite dans les concours et les examens, pousser la signature d'un contrat.

Divinités : Hermès et Athéna

Couleur: Jaune - développe le bon sens, l'éloquence et la logique, favorise l'art littéraire, protège durant les voyages, la figure paternelle, la joie.
En positif: c'est l'amour de soi, la volonté, la détermination, la confiance, la force intérieure, l'énergie psychique et la vivacité mentale, intellectuelle.
En négatif: le manque de discernement et de concentration, l'hypocrisie et la sournoiserie.

Encens: camomille (qui augmente également les vertues des autres plantes, un peu comme le cristal de roche en litho) et la valériane.

Parfum: Storax/Styrax, narcisse.

Fleurs: fumeterre, lys, marjolaine, mercuriale, narcisse.

Plante: noisetier.

Métal : mercure.

Pierres: agate, cornaline/sardoine, opale, onyx.

Objet symbolique: le bâton


Artiste : Eugène Grasset
Jeudi

Planète : Jupiter - la chance, la fortune, l'abondance, la santé et la joie.

Rituels propices pour obtenir les honneurs, la richesse, la santé et l'amitié, favoriser les aventures sexuelles sans implication émotionnelle.
Attention car les jours et heures de Jupiter amplifient toutes choses et ne peuvent être exploitées dans les moments défavorables pour ne pas aggraver la situation.
Par exemple, éviter de faire un rituel d'aide à la guérison pour une maladie un jeudi en heure de Jupiter. C'est quitte ou double.

Divinités: Zeus, Héra.

Couleur: bleu foncé - approfondissement, contemplation et éternité, propice à l'amour et au recueillement spirituel.
Cette couleur est associée à la communication, la créativité, l'inspiration, l'expression, la paix, la loyauté, le monde intérieur.
Quand il est plus turquoise, il sera plus attaché à la guérison, l'indépendance et la protection.

Autres couleurs associées : pourpre, orange.

Encens: safran, cèdre.

Parfum: ambre gris, sang-de-dragon (tout comme le storax, il augment également les vertus des autres encens), safran.

Fleurs: figue, glaïeul, grenadier.

Plantes: pin, peuplier, chêne.

Métal: étain.

Pierres: saphir, lapis-lazuli, tourmaline, pierres à feu (pyrite et silex).

Objet symbolique: le tambour.



Artiste : Eugène Grasset
Vendredi

Planète: Vénus - harmonie, amour, affection; luxe, rencontre, amitié.
N.B.: la course de cette planète forme un pentacle autour du soleil.

Rituels propices aux entreprises agréables car les jours et heures de Vénus sont d'une énergie très douce favorable à l'amour véritable, à l'amitié, au plaisir en général. Une très bonne influence sur tous les domaines artistiques et relatifs à l’esthétique, propice à une harmonisation avec la Nature, favorise les jeux de hasard mais porte en lui la jalousie.

Divinité : Aphrodite.

Couleur: Vert - aide à l'amour entre deux êtres, favorise les unions et la réalisation individuelle, développe l'art et la beauté.

Autre couleur associée : rose.

Encens: verveine, rose.

Parfum: cannelle, cédrat.

Fleurs: rose, violette.

Plantes: myrte, olivier.

Métal: cuivre.

Pierres: émeraude, améthyste, chrysolite, béryl, quartz rose.

Objet symbolique: la rose, le pentacle.


Artiste :Eugène Grasset
Samedi

Planète : Saturne - raison et ordre, temps, changement, grand âge, sciences.

Rituels propices pour invoquer les âmes dont les morts ont été naturelles (je le déconseille tout de même), inviter les esprits familiers à veiller sur le sommeil, favoriser la patience, la stabilité pour les grandes entreprises, favoriser la détoxification, acquérir plus de connaissances, semer la discorde, la haine et la mort.

Divinités: Hécate, Chronos et Hadès.

Couleur: Noir - purification et conversion spirituelle par la connaissance et la maîtrise du destin. Il est la couleur de l'introspection, de la connaissance de soi, du jugement neutre.

Autre couleur associée: gris.

Encens: tabac (offrande universelle), pin.

Parfums: alun, ase fétide, diagridium, soufre (en extérieur pour toutes ces "bonnes" odeurs, autant pour votre nez que votre santé).

Fleurs: cyprès, chrysanthème, hellébore noire (rose de noël).

Plantes: frêne, chêne.

Métal: plomb.

Pierres: turquoise, grenat, obsidienne, calamite.

Objet symbolique: chaîne et corde.


Artiste : Eugène Grasset


mercredi 13 mai 2015

Les Cing Graines de Sagesse, extrait d'Avalon Within de Jhenah Telyndru

Traduction et adaptation de Serpentine


Artiste: Amanda Clark
Quand nous coupons une pomme horizontalement, une étoile à cinq branche se révèle en son cœur, rappelant à la fois le pentacle et l'homonculus et qui contient un carte des Quintuples Mystères d'Avalon.
Cinq graines se trouvent au centre de la Pomme de Sagesse, chacune détenant le potentiel de croissance et de transformation requis pour atteindre la véritable connaissance de soi.
Cette construction quinte contient de nombreuses correspondances centrales dans la Tradition Avalonienne, et l'immersion dans cette pentade énergétique est le principal objet de ce livre.
Cela représente les cinq déesses du panthéon avalonien, cela met en concordance avec les cinq lieux majeurs de pouvoirs dans l'ancien paysage avalonien, cela met en résonance avec les cinq centres énergétiques intérieurs travaillés par les femmes d'Avalon de ce jour, cela indique la voie vers l'unité représenté par le Cycle Avalonien de Guérison (qui sera examiné plus avant ultérieurement), et, enfin, cela nous enseigne comment débuter la Voie de la Prêtresse.
Dans le mythe celte et la légende arthurienne, le voyage vers l'île de l'Autre-Monde et le voyage vers Avalon impliquent un voyage sur l'eau.
Cette traversée nécessite un vaisseau magique, pont fantastique entre les deux îles, ou bien quelque médiateur connaissant le moyen de franchir la distance entre ce monde et l'Autre-Monde -entre le connu et l'inconnu. Ce fut sous la houlette de Merlin qu'Arthur prit un bateau pour recevoir l'épée de la Dame du Lac faisant de lui un roi et un gardien d'Avalon. Plus tard, ce fut sur la barque de trois reines, comprenant sa sœur Morgane, que le roi Arthur, blessé, fut transporté l'Ile Sacrée. C'est ici que nous qui cherchons l'Ile aux Pommes devons commencer.
Recouvrant la construction énergétique quintuple trouvé dans la Pomme de Sagesse sur les principaux composants de ce qui est décrit dans le mythe du voyage vers Avalon, il nous est présenté un procédé métaphorique qui nous guide dans notre quête de l'Ile Sacrée. Cette quête est intérieure, et si Avalon a un jour existait sur le plan physique – en fait il existe des endroits détenant encore des traces énergétiques pouvant servir de portail- cela n'est plus le cas et implique que nous fassions le voyage d'une façon plus subtile. Nous n'irons pas à bord d'une embarcation pour naviguer vers de lointains rivages ; en fait nous devrons voyager dans les tourbillons et marées de notre inconscient pour atteindre le royaume archétypale d'Avalon – une île puissant de plénitude et de guérison demeuré intacte dans le plan astral.

Artiste : Edmond Dulac


Première Graine : Appeler la barge

Au plus profond de l'âme de chaque fille d'Avalon, le chant du souvenir ancien entretient l'appel du foyer de nos Mères spirituelles. Appelées pour cette quête, nous nous tenons sur le rivage de notre devenir, ave l'audace de parler de notre envie dans la lumière du clair de lune. Nous embarquons pour un voyage sur le lac vers Avalon, naviguant sur les eaux intérieures et recherchant le reflet de nos vérités cachées.

Seconde Graine : Lever les Brumes

Confrontées aux brumes de l'illusion, nous devons trouver le mot juste pour les lever – nommant l'élément vital qui est à la source de nos illusions. En le nommant, nous nous libérons et levons le voile sur l'ombre de façon à poursuivre notre voyage vers la plénitude.

Troisième Graine : Retrouver l’Épée

Le voile levé, à travers les eaux miroitantes nous voyons la Dame du Lac brandir l'épée de vérité. Nous avons gagné cet outil pour lutter contre l'obscurité de l'illusion. En la prenant dans la main, nous acquérons le pouvoir de rétablir notre royauté intérieure en tant que reine et avons fait un pas dans le domaine intérieur de notre propre Souveraineté illuminée par la lumière de l'action juste.

Quatrième Graine : Atteindre le rivage

Enfin nous nous retrouvons sur la terre ferme, posant le pied sur le rivage sacré d'Avalon. Notre voyage est à son point culminant par la réalisation de notre désir et le fait d'avoir surmonté les obstacles sur le chemin pour atteindre notre but. Touchant au cœur de notre Nature Sacrée, nous nous réjouissons de la connaissance que nous avons de pouvoir transformer nos vies, de rester au plus près du véritable soi manifesté.

Cinquième Graine : Revendiquer l'Ile

Portant les énergies de la terre en nous, nous empruntons le chemin labyrinthique menant au sommet du Tor, endroit de la connexion ultime avec le Divin. En ce centre sacré, nous tirons les fils de tous les aspects du paysage de l'âme – lumière et ombre, descente et émergence – pour créer une tapisserie complète du soi. En filant toujours plus, nous gagnons le recul qu'apporte un regard clair et la capacité à lire le grand motif. La voûte des cieux au-dessus de nous et la vallée en chaudron en-dessous, nous relions les royaumes de l'être et nous tenons pleinement dans l'Essence Sacré d'Avalon.

Sacred Way d' Abbi Spinner



Traduction et adaptation de Serpentine

Rendons-nous  au lieu sacré
Unis dans l'espace sacré
Nous vivons en état de grâce
Dans l'amour de la voie sacrée

Dans l'amour, mon aimé(e). (x3)
Dans l'amour.

mardi 12 mai 2015

A la recherche de l'Ile Sacrée, extrait d'Avalon Within de Jhenah Telyndru

Elle se tient à la proue, une forme drapée de voiles noires et de brumes. Son immense capuche dissimulant son âge. Elle pourrait être n'importe quelle fille, sœur ou mère. Son pied est sûr, son corps, solide. A travers la brume épaisse et l'eau changeante, elle tient fermement sa position, profondément certaine du chemin. Elle a conquis ce lac et ouvert les brumes pour tracer sa voie vers Avalon. Maintenant, par son service, elle guide les autre à travers ce qui semble impénétrable, jusqu'à ce qu'ils arrivent un jour sans aide aux rivages sacrés.
Elle est une prêtresse d'Avalon.
Artiste : Franck C. Papé

Cela fait longtemps que les choeurs d'Avalon chantent dans les cœurs des femmes. Dans les siècles après sa fin, nous trouvons des notes éparpillées du chant d'Avalon jouant toujours en nous à travers le flux du temps, de la littérature, de la musiques et des légendes. Durant les cent dernières années, une réémergence s'annonça. Le mouvement pré-raphaélite et les écrits de Yeats et Tennison illustrèrent magnifiquement la romance victorienne avec le mythe arthurien. Les traditions magiques qui émergèrent au début du vingtième siècle également s'attachèrent à l'énergie d'Avalon, plus particulièrement dans l’œuvre de l'auteur et mystique Dion Fortune.

La puissance d'Avalon, et en fait, l'intégralité de la légende arthurienne, n'est pas une fantaisie d'antan. Il suffit de regarder autour de nous pour voir les nombreuses preuves de sa pertinence. Les contes sur Arthur, Morgane La Fée et Merlin peuvent être trouvés dans toutes les étagères. Des psychologues, des auteurs de livres fantastiques, les érudits de monde celte et les acteurs dans le développement personnel ont tous des connaissances acquises provenant du cycle mythique arthurien. Il y a de nombreux groupes païens et wiccans puisant fortement dans le royaume arthurien, y trouvant une voie de croissance spirituelle symbolisée par la Quête du Graal et le code de chevalerie.
A partir de tout cela, nous avons un aperçu de l'intégralité d'Avalon. A la fin de sa vie, Arthur est transporté à bord d'une barque sur les rivages d'Avalon attendant que la Bretagne ait à nouveau besoin de lui. De la même façon, le souvenir d'Avalon a été gardé vivant à travers les contes sur ce roi qui fut et qui sera. Caché dans les ombres, la lueur de ce que fut Avalon nous chuchote les traditions de la légende arthurienne. Et , comme Arthur, sa réémergence arrive au moment où le besoin s'en fait sentir.
Nous vivons une époque où les opportunités pour les femmes sont les plus importantes depuis le début du patriarcat. Le soutien social pour la valeur féminine, cependant progressif et difficile à gagner, a encourage beaucoup de femmes à rechercher une voie spirituelle de la puissance féminin.
Ce ne sont plus ces femmes se contentant des principes religieux établis qui ne les autorisent pas à participer activement dans le domaine ecclésiastique, ou qui leur enseignent qu'elles sont des êtres imparfaits en raison de leur « infortune » d'être née femme. Le concept renouvelé de la femme comme étant sacrée a réellement transformé les idées reçues, dissolvant les paradigmes obsolètes sur la place de la femme, révisant notre recherche sur les buts de l'humanité et redéfinissant notre concept de la nature du divin. Pour beaucoup de femmes recherchant un foyer spirituel, la légende d'Avalon les a appelées à travers les âges. C'est une île de mystères féminins, un sanctuaire au service de la Déesse, un honorable havre d'apprentissage et de guérison, un lieu de solitude et un centre pour les femmes cherchant leur pouvoir personnel par le biais de la sagesse intérieure. Ces images ont résonné dans d'innombrables femmes engendrant la quête des rivages qui a servi à tirer Avalon une fois de plus de la brume.
Dans toute cette recherche, nous avons fait face à la question : Qu'est-ce qu'Avalon ? Est-elle l'allégorie de la puissance féminine ? Un mythe dont la légende sert à nous inspirer de façon à tirer de la sagesse de son symbolisme ? Il y a de nombreuses traditions qui relient Avalon aux Iles Bienheureuses, le Passage de l'Annwn et à l'île paradisiaque des pommes. Avalon est-elle un autre visage de l'Autre-Monde celte ? Est-elle, comme certains le pensent, un opium féministe – une romantisation d'un idéal matriarcal échafaudé sur le besoin de croire qu'un tel endroit ait existé ? Avalon était-elle un endroit réel où des prêtresses étaient formées pour garder les mystères sacrés secrets et faire vivre un lieu de croissance et de guérison ?
En vérité, prouver une bonne fois pour toute qu'Avalon a existé physiquement n'a pas beaucoup d'importance. Les perspectives changeantes et les sujets d'études pour ou contre son existence pâlissent face au plus grand but d'Avalon. Peu importe qu'elle exista un jour, elle sert aujourd'hui de ressource aux femmes en quête de leurs pouvoirs. Elle détient les clefs de la sagesse féminine, honorée un jour et recherchée toujours, retournant désormais à la conscience de celles qui ont le courage de la chercher. Elle est le point de concentration pour toutes les filles de la Mère – un but, un modèle et une source sans fin d'inspiration. Avalon est une balise, brillant sur les eaux maternelles, promettant des connexions entre les femmes d'aujourd'hui, perpétuant le savoir oublié des femmes d'hier, et faisant foi comme promesse de constance pour les femmes de demain.
A travers les légendes d'Avalon, nous sommes appelées à des femmes indépendantes et puissantes, dotées de la bénédiction de la Vision. Améliorer notre vision et explorer le paysage avec discernement n'est que le premier pas vers les plus grands mystères. La Clairvoyance vient en orientant l’œil vers l'intérieur – plus profondément nous scrutons nos propres recoins, prenant conscience de ce qui réside dans l'ombre, plus loin nous pourrons voir. La Vision n'est pas une farce de la psyché mais plutôt le travail d'une capacité à lire dans le grand motif et de comprendre la nature du courant énergétique. Pour comprendre les marées cosmiques ne nécessite pas de suivre un cours – vers ce qui y git. En tant qu'élément participant à ce grande rythme, nous sommes un cycle comme tous les autres – quelque part entre la plus petite particule subatomique et l'immensité de l'univers nous pouvons trouver notre propre essence. En sachant qu'un seul d'entre eux peut offrir la connaissance du Tout.
L'allégorie d'Avalon est profonde en sa simplicité ; la voie pour atteindre ses rivages est bien déterminée. Nous sommes appelées à traverser le lac – embarquer pour un voyage à travers l'inconscient – le royaume aquatique du souvenir et de l'émotion. De là, nous devons lever les brumes – déchirer le voile d'illusions obscurcissant notre vision. Cet artifice est la plus grande barrière entre nous et notre véritable but : atteindre l' Ile d'Avalon. L'Ile Sacrée représente la vérité sur notre nature sacrée – l'expérimentation de l'affranchissement de notre soi.
Une fois arrivées sur le rivage, il y a encore beaucoup à explorer – des sites sacrés, des lieus de pouvoirs du paysage d'Avalon. Alors que nous cartographions ce pays inconnu, nous devons également prendre la mesure de nos propres paysages intérieurs avec un regard libéré des brumes. Nous avons un devoir de nous connaître nous-même en profondeur et de rendre sacré cet espace en nous. Habitées par des femmes puissantes et sacrées œuvrant ensemble pour créer et soutenir une communauté auto-suffisante avec la Déesse en son centre, Avalon elle-même sert de modèle à la pleine intégration et individualisation de soi : toutes les parts conscientes de leur but, de leurs force, de leurs faiblesse, travaillant pour conserver le noyau intact – un centre sacré pleinement conscient de sa divinité.
Ce n'est pas par accident que l'ancien nom d'Avalon est Ynys Avallon, l'Ile aux Pommes, le fruit de la sagesse s'épanouissant dans l'abondance de ses vergers. Nous devons chercher ce fruit en nous-même et cultiver les graines de sagesse. - c'est notre droit de naissance en tant que filles de la Dame.
La Tradition Avalonienne offre une voie par lequel chaque femme peut chercher, découvrir et connaître sa propre femme sage intérieure – la prêtresse intérieure. Les enseignements d'Avalon a pour but d'éveiller à une expérience directe des mystères intérieures qui se révéleront d'eux-même à ceux qui les méritent. Tel l'axiome hermétique prônant «  la bouche de la sagesse est close, excepté pour les oreilles de la compréhension. ». Les mystères se gardent eux-même. La voie d'Avalon est une des quêtes dédiées les plus actives. Les récompenses sont proportionnelles aux efforts fournis.
Que signifie d'être une prêtresse de l'Ile Sacrée ? C'est une vocation qui a grandement changé au cours des siècles depuis que la dernière femme d'Avalon tissa son rituel au sommet du Tor. Nous sommes orphelines en un sens puisque l'ancien lieu d'apprentissage sur la voie des prêtresses d'Avalon n'existe plus dans ce plan. Comment pouvons-nous, nous qui entendons la voix de la Dame de l'Ile aux Pommes, répondre à cet appel ?

Devenir une prêtresse dans le sens ancien du terme n'est pas une chose qu'aucun peut vous donner. C'est un honneur mérité, un potentiel réalisé et un droit de naissance revendiqué – et si et seulement si Sa main vous l'accorde. Elle seule choisit celles qui la serviront. En lisant ce livre ou un autre ne fera pas de vous une prêtresse d'Avalon. Assister à des ateliers, suivre une étude, partir en pèlerinage : rien de tout cela ne nous initiera aux mystères.
Nous empruntons la voie de la prêtresse avec un travail ardu, une quête intérieure, la résolution de problèmes, des changements positifs effectifs dans nos vies et en nourrissant la capacité à manifester les femmes que nous étions appelées à être dès la naissance. Quand vous avez finalement atteint cette connaissance et révélation de votre véritable soi, nous connaîtrons intimement la vérité de la Déesse. Plus nous manifestons notre nature authentique, plus grande est notre capacité à toucher l'essence de la Dame. Plus la lumière de nos âmes brille pleinement, plus Sa lumière passe à travers nous pour briller dans le monde.
Le plus grand défi à venir d'une prêtresse est de devenir l'expression authentique d'elle-même – le mieux que nous pouvons atteindre. Quand nous touchons cette part de nous-même sans être tétanisées par la peur ou saignées à blanc par des blessures à l'âme, nous touchons le Divin en nous. Plus nous sommes entières, plus nous nous autorisons à être puissantes et plus nous sommes des exemples pour nos sœurs sur le chemin de la Dame. Bien que qu'aucune femme n'atteint de la même façon son pouvoir, toutes les femmes peuvent toucher la Déesse. Chaque pas vers l'authenticité éveille l'esprit de Souveraineté. A chaque âme inspirée, la Voix de la Déesse chante plus fort, enflammant les cœurs qui La recherchent. Toujours en réponse à nos besoins, Avalon réémerge une fois de plus pour répondre à l'appel ancien de ses filles.

Astre resplendissant de lumière...

Artiste : Stephanie Lostimolo
Mes petites activités s'étendent. J'ouvre une section "Avalon". Cette dernière est inaugurée par un texte d'Awakening Avalon dont le but est d'aider à faire ses premiers pas vers ses mondes intérieurs.

Une petite mise en bouche pour annoncer que je proposerai dans les mois à venir des extraits d'Avalon Within de  Jhenah Telyndru.

Et toujours notre Goddess Hecate de Ronan. Les prochaines traductions seront très intéressantes. Personnellement, j'ai hâte d'atteindre enfin le chapitre sur l'Hécate chaldéenne car il est vraiment très très très intéressant.

Bien sûr, quelques chansons viendront émailler ces projets qui s'étaleront sur plusieurs mois.

En attendant, que le soleil nous saisisse par son ardeur et sa force.

Serpentine.

lundi 11 mai 2015

Ouvrir les Portes de la Perception d'Awakening Avalon

Les quatre façons de se connecter grâce à la sagesse chamanique
Traduction et adaptation par Serpentine

Le monde du chamane est un monde multi-dimensionnel et magique. Les chamanes sont des guérisseurs, des femmes et des hommes-médecine de de cultures indigènes qui travaillent directement en prise avec les strates élémentales de création et jusqu'à être dans une profonde intimité avec la Roue de Vie. Les quatre directions : Est, Sud, Ouest et Nord correspondent aux éléments : Air, Feu, Eau et Terre, et forment une carte pour une pleine compréhension de la sagesse chamanique.
La sagesse chamanique peut enrichir vos vies par la découverte du potentiel caché dans vos cellules.
La perception est la clef de l'évolution de notre conscience.

Utilisez le guide ci-dessous en guise de passage vers l'extension de votre perception. Chaque élément est relié à une activité que vous pouvez réaliser au quotidien pour emprunter la voie chamanique et recevoir la sagesse de la terre.

1. Air : Méditer,
2. Feu : Peindre avec son âme,
3. Eau : Journal des rêves,
4. Terre : Créer un autel.


1. Air : Méditer
 
Artiste : Ida Rentoul


L'élément Air, l'Est, règne sur notre corps mental et ses motifs. Il est important pour commencer d'amener son esprit à un état de calme et de silence de façon à calmer et ouvrir notre perception.
Notre réalité est déterminée par ce qui nous préoccupe et pourtant avec une simple observation plutôt qu'une volonté d'implication de l'esprit, nous commençons à créer une attention libre.
Cette libre attention est une énergie qui peut ensuite être utilisée pour créer de nouveaux passages dans nos systèmes à la fois physiologique et énergétiques. Il en résulte une guérison et une transformation ainsi qu'un alignement avec la prise de conscience qui est initiée.

Ce processus d'observation plutôt qu'un engagement est appelé « Arrêt du monde » dans les traditions toltèques d'Amérique Centrale. Quand nous nous libérons du besoin de segmenter les choses, nous nous ouvrons aux aspects les plus profonds de la réalité. Au lieu de penser que nous savons que « l'arbre » avant nous est une essence particulière d'arbre, ou même un arbre, nous nous offrons la possibilité d'être simplement, à ce moment, la forêt en étant cependant en intime connexion avec « l'arbre ».

L'espace de méditation nous immerge régulièrement dans la nature, ce qui est essentiel quand nous empruntons la voie chamanique. Passez du temps dans la nature, avec la nature, loin de la civilisation, nous relie directement aux rythmes de l'Univers. Nous commençons à recevoir des aperçus de notre soi sauvage et cela se répercute dans notre entourage, la flore et la faune avec lesquelles nous cohabitons, et la terre.

Instructions à propos de l'espace de méditation :

1. Trouvez un endroit dans la nature. Cela peut être aussi bien éloigné que proche. Bien qu'un endroit éloigné et au cœur de la nature soit attrayant, il est bien de pouvoir trouver un emplacement qui vous permet d'avoir une pratique quotidienne facile. Comme dans toutes relations, l'engagement et la constance sont importants quand nous voulons établir une connexion qui prospèrera en magie et en puissance. Votre lieu doit vous permettre d'être suffisamment à l'aise pour y rester un moment.

2. La durée est variable. De cinq à treize minutes est recommandé. Si vous avez un programme chargé, même cinq minutes suffisent pour créer une bonne base de départ pour recalibrer votre être.

3. A l'approche de votre endroit, profitez de votre marche pour prendre le temps de vous libérer des pensées du quotidien et à votre sujet. Alors que vous prenez place, prenez un moment pour respirer et sentir la terre. Ensuite ouvrez votre attention à ce qui se passe autour de vous. Avec un regard calme et réceptif, observez avec vos sens...
- Écoutez les sons,
- Observez les plantes et les animaux présents,
- Touchez les feuilles, la boue, l'argile, les pierres,
- Humez les odeurs,
- (goûter est un des sens que nous n'explorerons pas sans une connaissance des plantes, mais vous pouvez goûter le monde autour de vous en imaginant qu'il pénètre chacune de vos cellules).

Au fur et à mesure de vos passages et du temps passé dans votre endroit, la nature se révélera d'elle-même. Vous pourrez constatez le changement des plantes avec les saisons et une profonde paix s'installera dans votre corps car vous passez du temps dans son environnement naturel. Il s'agit de la nourriture de l'âme de la voie chamanique.

2. Feu ; Peindre avec son âme 


Artiste : Ida Rentoul

L'élément Feu, le Sud, règne sur le corps astral, foyer de la créativité et de la passion. C'est la demeure de l'action, de l'expression de notre pouvoir personnel et de notre identité. Sur la voie chamanique, nous vivons le voyage du guerrier qui, à la fois, nous dissout dans tous les royaumes et renforce la conscience de soi de tel façon que nous pouvons être des enveloppes résilientes à travers desquelles le courant de toutes ses dimensions peut s'écouler.

Il est important d'honorer et de se réjouir de nos vécus. Ainsi nous offrons un moyen à toutes les différentes parts de notre être, à l'aide d'une expression créative, de cultiver le sens de la profonde guérison et de la gentillesse envers nous-même. En retour, cela nous donne de l'humour et permet de célébrer le chaos de la vie. C'est la façon chamanique...d'embrasser réellement que nous sommes une des manifestations multiples de la Création elle-même.

Instruction pour peindre avec son âme :

1. Pour ce travail élémentale, choisissez une part de vous à laquelle vous n'avez jamais donné le moyen de s'exprimer librement. Cela peut être une part d'ombre telles que la colère, la tristesse ou la peur. Ou encore une part de vous qui soit jeune ayant besoin de faire l'idiote, de s'amuser. Demandez vous qui a quelque chose à partager.

2. Rassemblez du papier et de la peinture – de la gouache toute simple et un rouleau de papier sont des bons choix. Nous recommandons un rouleau de papier car il peut se dérouler au fur et à mesure dans le temps avec l'émergence des différentes parts de votre être.

3. Allumez une bougie et aménagez votre emploi du temps pour ne pas être interrompu dans votre projet. Vous pouvez dédier à cette activité de larges plages de temps ou de petits moments en accord selon vos disponibilités.

4. Asseyez-vous et prenez quelques instants pour respirez, vous glissez et vous ouvrir à l'expérience. Autorisez la part de vous que vous avez choisi à être créative et à explorer un nouveau terrain.

5. Réfléchissez si la musique peut vous aider à vous connecter à cette part choisie. Parfois un choix particulier de musique peut susciter un flot artistique puissant riche en images. Si vous le préférez, le silence peut être le mieux.

6. Vous avez choisi votre première couleur, abordez le pinceau et le papier avec l'état d'esprit d'un débutant. Utilisez sa main opposée peut aider.

7. L'élément Feu évoque l'expérimentation et aussi d'abandonner les planifications et le perfectionnisme pour tenter quelque chose de nouveau. Aucune erreur ne peut advenir.

Le jeu est sacré, essentiel pour le développement d'un ego sain.

3. Eau : Le journal des rêves


Artiste : Ida Rentoul

L'élément Eau, l'Ouest, règne sur notre corps émotionnel et le subconscient. Dans ce royaume , nous nous ouvrons à nos désirs et nos sentiments. Les émotions puissantes sont l'essence nourrissant nos rêves dans la réalité. Dans de nombreuses cultures indigènes, l'Ouest est associé aux terres au-delà du monde connu, par-delà l'horizon de l'océan. Ces royaumes aquatiques existent en nous dans les plus profondes couches du subconscient et s'adressent à nous par le biais d'images, de symboles, de motifs et d'impulsions. Alors que nous avancons sur la voie chamanique, c'est un révélateur de la joie que nous avons dans le début du dialogue avec nos rêves. Dans le rêve, nous pouvons rencontrer des guides et des alliés et en apprendre sur nous d'une manière beaucoup plus large.

Si nous nous engageons dans le monde du rêve avec une grande attention, nos vies deviendront plus riches et connectées. Le subconscient est capable de percevoir 750 000 bits d'informations par seconde, alors que la conscience ne peut enregistrer et réaliser que 9 fonctions par seconde. C'est une étonnante différence entre ce que nous percevons normalement et ce qui existe effectivement à chaque instant. Tout cela se réconcilie lorsque nous commençons à travailler avec nos rêves. Les travaux sur les rêves augmentent la sensibilité, l'intuition et développe l'intégration.

Instructions pour la tenue d'un journal des rêves :

1. Une des façons les plus simples d'accéder au pouvoir de nos rêves est de créer un journal des rêves exclusivement dédié à cela. Vous pouvez choisir un cahier qui vous semble adapté au sujet dont les couleurs et les images vous parlent de profondeur et d'illumination tout à la fois.

2. Gardez votre journal et son style proche de votre lit afin qu'ils soient accessibles dès votre éveil.

3. Dès votre éveil, essayez de bouger le moins possible et couchez sur le papier les rêves dont vous vous souvenez. Essayez de faire le moins de choses possibles avant d'écrire (se lever, parler, ou tout autre chose distrayantes.).

4. Écrivez comme cela vient, ne vous souciez ni de grammaire, ni d'orthographe ou de chronologie.

5. Ecrivez à la première personne avec autant de détails possibles. Tout ce qui est survenu dans vos rêves est un message, les plus infimes détails. C'est en accordant de l'attention à ces choses que nous créons une connexion entre la réalité de veille et la réalité du rêve.

Et qui est pour dire que la réalité est le « Rêve » ?



4. Terre : Créer un autel
Artiste : Ida Rentoul

L'élément Terre, Le Nord, règne sur le corps physique qui est notre temple qui respire et qui marche. Par cet élément, nous honorons la Terre en faisant des choix qui nous connectent à la force, la fiabilité et l'enracinement de notre forme physique. C'est le seuil de l'initiation de nos incarnations actuelles. La voie spirituelle n'est pas seulement la transcendance du royaume physique pour quelque chose de supérieur ou meilleur. C'est un voyage qui apporte simultanément la lumière dans notre corps et la réalisation de l'Unité, ici, sur Terre. La sagesse chamanique célèbre et prend soin du corps physique. Une pratique dévotionnelle pour l'unité et la vie éternelle peut être cultivée de bien des façons. Le moyen traditionnel d'allier les mondes physique et spirituel est de créer un autel dans son foyer.

Un autel est un espace dédié à votre chemin spirituel. Il peut devenir un endroit où méditer ou prier,pour honorer ce qui est beau et plein de grâce à vos yeux. Un autel peut évoluer au fil des saisons et devenir un reflet de votre propre médecine.

Instructions pour créer un autel :


1. Pour créer un autel, choisissez et nettoyez son emplacement.


2. Placez une table ou une surface plane sur laquelle se tiendront vos éléments d'autel.



3. Soyez créatifs avec les éléments d'autel : objets naturels comme des coquillages, des pierres, des fleurs, des pommes de pin ou des feuilles peuvent représenter les Eléments. Vous pouvez y déposer des choses provenant de votre lieu de méditation. Une image, une photo , une statue peut tout aussi bien faire l'affaire.



4. Créer un autel est une exploration de l'esprit et de la sagesse très personnelle. Il y a de nombreuses associations élémentales traditionnelles et nous vous encourageons à suivre votre cœur. Qu'est-ce qui vous parle dans votre jardin spirituel intérieur ? Laissez vous guider par vos préférences.

En créant un autel qui exprime la beauté et ce qu'elle signifie, vous honorez la sensualité de la vie. Nos perceptions s'ouvrent quand nous nous tenons dans une atmosphère sacrée et d'amour.


Puissent ces clefs élémentales vous servir pour vous ouvrir et vous connecter à vos paysages intérieurs et extérieurs, enrichir vos cœurs et donner du sens à votre être.

Avec de nombreuses bénédictions,

Awakening Avalon.

Source :Awakening Avalon


Artiste : Ida Rentoul

samedi 9 mai 2015

The Goddess Hekate de Stephen Ronan, Partie 5

Les Soupers d'Hécate de K.F. Smith
Traduction et adaptation de Serpentine

Carrefour sur un site gallo-grec - Vaucluse - photo de Serpentine
Les soupers d'Hécate (deipna hekatês ou bien encore Hekataia ou Hekatêsia) étaient des offrandes laissées aux carrefours chaque mois à la déesse.
Le but n'était pas seulement d'apaiser l'effrayante déesse mais aussi, nous l'apprenons par Plutarque (Moralia, 709 A), d'être « apotropaioi » c'est-à-dire de repousser les fantômes sans repos ne pouvant demeurer dans leurs tombes et qui reviennent sur terre en quête de vengeance.
Une armée d'êtres invisibles et malfaisants répondant à l'appel rugissant de leur meneuse et reine au milieu de la nuit.

En réalité, ces offrandes sont un dérivé spécifique d'un culte primitif rendu aux morts. Et dans une certaine mesure, cette offrande spécifique est reconnue comme étant adressée à une Hécate dont nous avons déterminé qu'elle est une divinité recomposée.
Elle fut une déesse lunaire, et probablement même une déesse des routes tout autant que du monde souterrain. Et déterminer laquelle de ces trois fonctions fut attribuée dès l'origine est un autre sujet. Cependant, cela ne nous concerne pas ici attendu que l'amalgame était déjà acquis bien avant le Plutus (594 ff) d'Aristophane dans lequel nous trouvons la première référence sur le sujet.

Les soupers d'Hécate étaient déposés aux croisements. La triple déesse est clairement identifiée au point de rencontre de trois routes nommé « trioditis » « trivia ». Les carrefours sont aussi des lieux reconnus comme étant toujours hantés par les fantômes des morts sans repos.
Au sujet des jours au cours desquels les offrandes étaient faites, les témoignages semblent contradictoires au premier abord, créant une confusion pour les chercheurs modernes.

D'un côté nous pourrions dire que le moment était « à la nouvelle lune », ou plus exactement comme le rapportent les érudits au sujet d'Aristophane (Plutus, 594) « kata tên noumênian...herperas », c'est-à-dire la veille de la nouvelle lune. Cette déclaration est tout à fait en accord avec le caractère et les fonctions de la déesse. La date du sacrifice était déterminé, du moins originellement, par la première apparition de la nouvelle lune qui serait vue comme Hécate elle-même revenant du royaume d'Hadès. Les offrandes aux morts étaient alors faites ce jour.

D'un autre côté, il est également dit que les sacrifices à Hécate et les offrandes apotropaïques étaient faites le « trentième », c'est-à-dire le dernier jour du mois selon le décompte grec. Ce jour était consacré aux morts. En fait, à Athènes, les trois derniers jours du mois étaient dédiés aux puissances du monde souterrain et considérés apophrades (néfaste). Les deipna étaient donnés à Hécate et aux apotropaioi, les libations dédiées aux morts, etc.

La divergence sur les dates toutefois est une apparence. Les grecs déterminaient le temps en année lunaire, ce qui est le cas durant la prime période des sacrifices. La veille de la nouvelle lune se produisait donc le treizième jour de chaque mois. Le calendrier réformé ne prend pas en compte les phases lunaires. Néanmoins, la vieille habitude d'appeler le premier jour du mois « noumênia », jour de la nouvelle lune », persiste depuis un temps indéfini.
De là, quand l'érudit mentionne«  à la veille de la noumênia », il a sans doute à l'esprit le trentième jour du mois selon le nouveau calendrier. Il semble certain ensuite, partiellement sans doute dû au fait que le nombre trois et tous ses multiples sont particulièrement sacrés pour Hécate, que les sacrifices sont rattachés au trentième jour, en dépit du fait que, quand le calendrier fut réformé, la raison première du choix de date devint caduque. Il est possible bien sûr que le rite fut également réalisé dès l'apparition de la nouvelle lune aussi bien que le trentième jour du mois. Mais cela ne peut être prouvé actuellement.

Une référence dans l'Hécate de Diphilus et un passage de Philochorus – également mentionné par Athénée, 645 – souligne que la veille de la pleine lune (le treizième jour du mois de Mounichion (cfC.A. Lobeck, Aglaophamus, Konigsberg, 1829, p 1062)) Hécate était commémorée aux carrefours avec un gâteau orné de bougies connu sous le nom d' « ampiphôn ».
Ce prototype frappant du gâteau d'anniversaire était aussi un aliment de rigueur. Il semble également que cette observance de la pleine lune provint, de façon tardive, d'Artémis.
Comme c'est habituellement le cas avec les offrandes aux morts, les soupers d'Hécate du treizième jour du mois étaient composés de nourriture. Les ingrédients, du plus loin qu'il en soit fait mention, étaient les « magides », un genre de pain ou de gâteau dont les ingrédients et la forme ne sont pas précis, les « mainis », un petit poisson, du « skoroda », de l'aïl, du « triglê », du mulet (un poisson), des « psammêta », un gâteau sacrificiel décrit par Harpocrate comme du même genre que le « psaista », des œufs, du fromage et peut-être des « basunias », un genre de gâteau dont la recette est donnée par Semus dans l'Athenaeus, XIV.545 B.

Certainement qu'une partie ou la totalité des éléments dans ce dépôt cérémonial étaient considérés comme possédant quelques vertus particulières ou alors cette association est recommandée pour Hécate et sa suite.
Par exemple, comme la croyance ancienne et répandue que le coq est le symbole du soleil et que tous les âmes vagabondes doivent se soumette à son invocation et retourner d'où ils viennent. Probablement que c'est une des raisons pour lesquelles les œufs sont régulièrement associés au culte des morts. Dans beaucoup de cas cependant, le choix des éléments composant un sacrifice est dû à leurs propriétés et associations au culte. La croyance, par exemple, que l’ail est souverain contre les vampires serait le résultat de cet usage le cadre-ci.
Si, également, le fait évident que le « triglê » ou mullet était sacré pour Hécate est suffisamment expliqué par le conservatisme religieux. Diverses autorités mentionnent qu'Athénée donne des explications à ce sujet, bien que ce soient des idées et des théories tardives.

Toutefois il se peut que la nourriture ainsi offerte avait un but prophylactique – détourner l'« enthumion », la prompte colère d'Hécate et des fantômes.
De là, si Roscher a raison, le titre d' « Eucoline » qui est attribuée à la déesse par Callimaque incarne alors réellement la fervente prière du dévôt à cette occasion pour une digestion facile.

Avec les soupers d'Hécate, il peut être inclus les biens nommés « katharmata », « katharsia » et « oxuthumia ». Tous les trois sont liés aux sacrifices expiatoires et purificateurs à Hécate qui sont réalisés à intervalles réguliers pour la maison et ses habitants. Ils sont déposés aux carrefours à l'attention d'Hécate et, comme c'est habituellement le cas, avec des offrandes pour les esprits invisibles et irritables. Le dévôt se retire « ametastrepti », sans un regard en arrière.
En somme, comme Rohde le suggère (Psyche, ii. 79, n.1), les trois cérémonies étaient sans doute confondues les unes avec les autres, et avec l' « Hekatês deipnon ».

Le sens général de « katharmata » signifie déchet, poubelle en tous genres. À ce sujet, selon un passage dans l'Ammonius ( p79, Valckenaer), « katharmata » ( « katharmata kai apolumata comme Didyme le dit dans l'Harpocration, s.V. Oxuthumia) signifie tout ce qui est sacrifié par la maison et qui n'entre pas vraiment dans la cérémonie. Ainsi, par exemple, l' « aponimma » composé d'eau et de sang souillés. Le « katharmata » était tout simplement sacré pour Hécate et, donc, déposé aux croisements.

Le « katharsia », d'un autre côté, semble avoir été la totalité de ce qui était laissé des sacrifices après la cérémonie achevée dans et autour de la maison. Parmi les éléments probablement inclus : les œufs et les chiens sacrifiés.
Il est notoire que ces derniers étaient sacrés pour Hécate et prenaient une part importante dans les rituels de nettoyages de la maison autant chez les grecs que chez les romains.
Avant d'être sacrifiés, ils devaient être touchés par chacun des membres de la famille. Ce procédé, « periskulakismos » , implique dans de telles occasions le plus vieil animal domestique de la maisonnée devienne le « pharmakos » , c'est-à-dire le bouc émissaire du foyer.

Un autre détail important dans ce rituel, et dans tous les autres similaires dans le monde, est évoqué par Plutarque (Moralia, 709 A) et décrit par Eschyle (Choeph. 9 (Kirchhoff)). Il s'agit de la fumigation de la maison. Après que cette dernière est réalisée, l'encensoir (un objet toujours en terre cuite) est déposé aux carrefours. En d'autres mots, dans cette cérémonie du « katharsion », le seul élément épargné est l'encensoir lui-même qui sera offert.

Nous avons appelé cette cérémonie une fumigation car ce sont les mots des érudits eux-même « kathairontes tên oikian ostrakinô thumiatêrio » > purifiant la maison avec un encensoir en terre cuite. L'opération était assez familière. Quelques interprétations différentes de ces mots ont eu une influence considérable sur le débat moderne à propos de l' « oxuthumia ».
Il est déterminé que ce qui est brûlé dans l'encensoir diffère de la composition utilisée lors du katharmata ou katharsia. Et que le procédé était en lui-même l' « oxuthumia ».
Cela, à cause d'un dérivé du mot « thumon » « thyme ». Si cela est vrai, les anciennes autorités jugées les plus sûres sont dans l'erreur. La plupart d'entre elles identifient l' « oxuthumia » au « katharmata », ou au « katharsia »le moins souvent.Pour autant que nous le savons,aucun d'eux n'étaient brûlés.
Sans tenir compte de l' « aponimma », qui pourrait ne pas être brûlé, nous savons qu'après que le chien soit sacrifié, la dépouille est déposé à un carrefour. Nous pensons que les œufs déposés étaient crus (schol de Lucian, Dial. Mort. I 1, p 251, Rabe) mais aussi, si nous croyons ce que Clement Alexandrinus (Strom. Vii. 844 ) évoque de ce sacrifice, qu'ils sont parfois affirmés être « zôogonoumena », capable de remplir leurs fonctions naturelles.
Et probablement que la théorie selon laquelle l' « oxuthumia » est relié au « thumon » amène plus de confusion que de clarté. Habituellement l' « oxuthumos » souligne l'idée d'un caractère fort et prompt à la colère. Les écrivains actuels préfèrent toutefois adopter le point de vue de Rohde (i.276 n.) que l' « oxuthumion » serait plutôt l'idée d'un état plus emphatique contenu par l' « enthumion », un mot qui, comme nous l'avons vu précédemment, est presque technique dans ce domaine particulier. L' « oxuthumia » serait alors «  la cérémonie pour se prévenir du courroux d'Hécate et des fantômes ».
Ainsi, il devient un terme générique pour le « katharmata » ou « katharsia », et nous comprenons donc pourquoi les anciens lexicographes identifièrent tantôt avec l'un ou l'autre.

Toute interférence lors des offrandes aux Dieux est de fait considérée comme sacrilège et le coupable est passible d'une punition. Cela était particulièrement effrayant dans les cas d'offrandes aux morts. Par exemple, comme nous l'avons vu, le dévôt retire l' « ametastrepti ». Pour la raison qu'il puisse être effrayé par les esprits affamés si ils lui sont apparus. Hekate était supposée « attacher le coupable au carrefour qui s'était attardé à son souper » et le punir en le frappant de folie, ou d'une affliction similaire, ce qui est une spécialité d'Hécate.
En fait, un curieux passage dans Petronius, 134, souligne que même un simple et accidentel arrêt après le katharmata au carrefour étant considéré comme dangereux.
Théphraste dit que le supersitieux (char, XVI) «  si il aperçoit des festins avec de l'aïl à un carrefour, se détournera, déversera de l'eau sur sa tête et convoquera les prêtresses auquelle il apportera « a squill » (qui connaît ce mot?) ou un chiot pour une purification. ».
En dépit cependant des périls supposés qu'ils impliquent, autant que le fait notoire qu'ils étaient infects et peu agréables, les soupers d'Hécate étaient le plus souvent mangés par une personne.
Le motif le plus commun bien sûr étant la pauvreté.

Notre première référence est donnée par Aristophane, Plutus, 594, où Penia déclare que les riches ont le meilleur. Chremylus rapporte par la déclaration qu' « Hécate montre qu'être pauvre et affamé n'est pas une bonne chose. Elle demande que les serviteurs ou les riches lui donne un souper par mois que les pauvres prendront à peine sera-t-il déposer . ». Un véritable argument aristophanien !

Cela a été pris au pied de la lettre par les érudits, donnant lieu à des commentaires modernes à ce sujet, que les soupers d'Hécate étaient «  des repas laissés aux carrefours chaque mois par les riches au bénéfice des pauvres. »
Fréquemment les philosophes cyniques remplissent leurs escarcelles de soupers d'Hécate ou prétendent l'avoir fait. Et la référence à cette pratique était un lieu commun littéraire spécifique de leurs écrits.
Nous pouvions attendre cela d'une école dont la doctrine de retour à la nature se moque de toutes les conventions – religieuses ou autres – et singe toutes les usages des couches sociales les plus basses.
Parfois les soupers d'Hécate étaient soustraits dans un esprit de bravade comme dans le cas de la bande athénienne nommée les Apaches qui fut critiquée par Démosthène dans son discours contre Conon ( liv.19).

Tout du moins, Hécate était profondément enracinée dans le cœur de la population. De tous les anciens cultes, aucun n'a montré une aussi grande vitalité.
Au XI s. ap. JC, l’Église essayait toujours d'endiguer la pratique des offrandes aux carrefours.
Même aujourd'hui, les carrefours demeurent étranges et les chiens continuent de percevoir ce qui est invisibles au regard humain. Hécate elle-même mène les célèbres chevauchées sorcières du Moyen-Age, pendant qu'en Germanie le Chasseur Sauvage, et en Touraine la figure héroïque de Foulques Nerra, ce grand ancêtre des Plantagenêt, errant à travers l'obscurité accompagné d'un hôte immatériel, sont une claire indication que Hécate et ses suivants ont seulement pris un autre visage.