mardi 27 octobre 2020

Le Deuil

 De Maxence Serpentine


Nous n’échappons jamais à la règle immuable dont Clarissa Pinkola Estes traite dans Femmes qui Courent avec Les Loups. Nous appartenons à un cycle Vie-Mort-Vie. Et encore l’établir de cette façon relève d’une perception spirituelle liée à notre chemin que nous qualifions de païen.

En cette période de descente en nous-même, nous avons à célébrer nos Ancêtres, nos Anciens et nos disparus. Peu importe qu’ils soient partis depuis longtemps ou non de l’autre côté du Voile. Ceci dit je crois et pense que toutes les pertes (amoureuses, professionnelles et les échecs personnels) représentent des deuils avec lesquels il faut composer.

Je vous propose d’aborder ensemble ce sujet afin de pouvoir affronter ces épreuves incontournables dans l’Abred.

Les étapes du Deuil

Première recherche : mais qu’est-ce que le Deuil ? Quel est son fonctionnement ?

Google m’offre la réponse de Wikipédia qui, ma foi, n’est pas inintéressante puisqu’elle permet de cadrer le mécanisme psychologique lié à une perte.

« Elisabeth Kübler-Ross a élaboré un modèle qui est très diffusé, sans qu'il ait été cependant démontré scientifiquement. Il fait l'objet de nombreuses transpositions et adaptations très contestées. Il s'agit d'un cycle théorique composé de cinq étapes :

1. Choc, déni : cette courte phase du deuil survient lorsqu'on apprend la perte. La personne refuse d'y croire. C'est une période plus ou moins intense où les émotions semblent pratiquement absentes. La personne affectée peut s'évanouir et peut même vomir sans en être consciente. C'est en quittant ce court stade du deuil que la réalité de la perte s'installe.

2. Colère : phase caractérisée par un sentiment de colère face à la perte. La culpabilité peut s'installer dans certains cas. Période de questionnements.

3. Marchandage : phase faite de négociations, chantages...

4. Dépression : phase plus ou moins longue du processus de deuil qui est caractérisée par une grande tristesse, des remises en question, de la détresse. Les endeuillés dans cette phase ont parfois l'impression qu'ils ne termineront jamais leur deuil car ils ont vécu une grande gamme d'émotions et la tristesse est grande.

5. Acceptation : Dernière étape du deuil où l'endeuillé reprend du mieux. La réalité de la perte est beaucoup plus comprise et acceptée. L'endeuillé peut encore ressentir de la tristesse, mais il a retrouvé son plein fonctionnement. Il a aussi réorganisé sa vie en fonction de la perte.

 

Les cinq phases ci-dessus peuvent être linéaires mais il arrive souvent qu'un endeuillé puisse faire des retours en arrière avant de recommencer à avancer. Une bonne façon de traverser un deuil est de comprendre ce que l'on vit et de partager ses sentiments et émotions avec des proches ou des gens qui vivent également un deuil. Ces étapes ne se succèdent pas forcément.

Il ne s'agit pas d'un mécanisme inévitable. Certaines personnes peuvent quitter un deuil et passer à l'ultime étape de liberté d'action, sans que les sentiments qu'elles pouvaient porter puissent être considérés comme négligeables.

Le deuil est une réaction personnelle et collective qui peut varier en fonction des sentiments et des contextes. Cette réaction commence par le déni et se termine par une acceptation plus ou moins libérée du sentiment d'attachement qu'éprouvait l'endeuillé.

1. À l'annonce de sa propre mort, c'est au deuil de sa propre existence qu'il faut faire face.

2. Confrontés à la mort d'un proche ou d'une personne aimée ou appréciée, c'est un deuil relationnel dans lequel nous sommes entraînés.

3. Face à l'annonce ou au constat d'une rupture, le deuil relationnel peut provoquer des états comparables à ceux de la mort d'un proche.

Dans tous les cas, pour que le processus du deuil devienne actif, la condition est que le changement soit non-désiré. S'il s'agit d'un suicide, si le décès est espéré, si la rupture est attendue, le deuil est

soit déjà passé, soit il n'y a pas lieu de parler de deuil, soit il viendra à retardement... »

Nous voilà donc informées sur le sujet. Avoir connaissance et conscience des étapes n’enlèvent rien à la douleur. C’est certain. ...

Le sujet est peu abordé dans le monde païen, sauf évidemment lorsque l’événement survient et que les personnes échangent à propos des souvenirs et de la peine.

Pourtant notre chemin, encore considéré comme atypique voire sectaire par la plupart, présente des particularités qu’il est intéressant de remarquer.

 

Le Deuil dans la sphère païenne

 

Hors rituels, pochettes magiques, et séances de divination, qu’est-ce que notre foi apporte comme dimension à cet événement ?

La Mort est-elle la fin ou un autre commencement ? Ainsi Patti Wigington, une païenne bien en vue sur un site anglophone, pose comme question pour introduire le sujet.

Car évidemment, la perspective dans laquelle nous plaçons cela a toute son importance sur notre processus de deuil.

Cette perspective est une des bases qui différencie la perception païenne de la mort de celle d’un non-païen. Bien que dans toutes religions, il est souvent relaté une après-vie. Cependant la qualité de cet après dépend de nos actions lors de la vie. Nous considérons notre chemin dans un cycle de naissance, de vie, de mort et de renaissance comme une chose magique et spirituelle, sans fin, telle la roue qui tourne.

Nous intégrons donc cette étape à une évolution sacrée, comme l’explique Wigington.

Dans The Pagan Book of Living and Dying, Starhawk explique ainsi : « Imaginez si nous comprenions véritablement que ce déclin est la matrice de la fertilité ... nous pourrions voir notre propre vieillissement sans peur ni dégoût, et célébrer la mort avec tristesse certainement, mais sans terreur.»

De nombreux païens croient en une après- vie qui peut prendre différentes formes selon le système de croyance personnel.

Certains chemins néowiccans présentent l’après-vie comme un lieu nommé le Pays d’Eté (Summerland) que l’auteur Scott Cunningham décrit comme un endroit où les âmes partent vivre pour l’éternité.

Dans son livre dédié à la pratique solitaire de la Wicca, il écrit : «  Ce royaume n’est ni le paradis ni l’enfer. Il est tout simplement. Une réalité non physique, moins dense que la nôtre."


Certaines traditions wiccanes la décrivent comme un pays d’été éternel, aux prés herbus et aux douces rivières, peut- être la Terre avant la venue de l’homme. D’autres la voient comme un royaume sans forme, où les énergies dansent avec les plus grandes énergies, la Déesse et le Dieu sous leurs identités célestes. Pour certains non-wiccans, particulièrement les reconstructionnistes, ils peuvent définir le monde de l’après-vie comme le Valhalla ou Folkvangr pour les nordisants, comme Tir na Nog pour les celtisants ou l’Hadès – constitué de plusieurs plans selon la vie menée -pour les hellénistes. Pour les païens qui ne se définissent pas de voie en particulier, la notion que l’esprit et l’âme sont « quelque part » perdure, même si ils ne savent pas nommer ce lieu. 


Célébrer la mort, honorer un chemin

 

Alors que la population païenne prend de l’âge –et ce propos est illustré par le décès récent de Raymond Buckland, figure phare de la Wicca- il devient de plus en plus nécessaire de faire un point pour savoir comment dire au revoir à un ami païen, peu importe son chemin.

Que faire ? Quelle est la réponse appropriée ? Qu’est-ce qu’il est possible de faire pour honorer la croyance d’une personne sans heurter la sensibilité des amis et de la famille non païens ?

 

La Mort, partie intégrante du Cycle


La Mort est un événement fondamental dans la Nature, sans cela, la vie ne serait pas. Dès la naissance, les cellules de notre corps meurent et se renouvellent. Le corps qui meurt n’est pas le corps qui renaît. Lors de notre croissance, nous expérimentons ainsi plusieurs morts. Encore et encore nous changeons notre apparence, notre attitude, notre comportement comme si nous passions d’une vie à une autre. Cette personne morte est seulement une de nos facettes que nous avons incarnée.

 

Aperçus Sur l'Après-Vie

 

Alors que nous allons vers une meilleure compréhension de la Mort et de la Vie, la distinction entre les deux s’amenuise. Si nous allons au-delà du point de vue conventionnel sur la Mort, nous pourrions nous interroger sur notre propre peur de la Mort, enracinée dans un schéma de vie dépassé. Alors nous rechercherions une façon de percevoir la Vie et la Mort dans un ensemble. Il existe plusieurs façons de les aborder, comme un motif cyclique incluant nécessairement le changement.

1. La Roue de Vie : notre existence est un motif constant issu d’un changement cyclique. La Vie change à chaque instant jusqu’à la Mort, et chaque instant de Mort est une Renaissance.

Nous percevons les débuts et les fins mais le flux de l’existence est sans fin.

 2. Le Wavicle : la physique quantique explique qu' au niveau subatomique il n’y a aucune distinction entre la matière et l’énergie. Les deux possèdent les qualités des particules et vagues (wave en anglais) donnant ainsi naissance au concept de wavicle. Nous sommes des motifs perpétuels de l’énergie du cosmos. Ce que nous percevons comme étant la Mort des individus est tout simplement le mouvement infini de l’Univers.

3. L’Ascension : la Vie façonne différents niveaux de conscience, mais toutes ont un potentiel d’évolution. Les êtres humains peuvent manifester ce potentiel à un très haut degré. Nous pourrions devenir conscients des dimensions qui transcendent notre compréhension limitée de notre corps etde notre esprit, et vivre une expérience différente de la Vie et de la Mort.

Beaucoup de païens voient la Mort comme un passage plutôt qu’une fin. Un événement à célébrer qui ne doit pas faire peur ou être méprisé. Ceux qui restent en arrière avec leur deuil, sans atteindre l’extrême désespoir souvent vécu. Cette attitude tend à désoler ou effrayer beaucoup de personnes. Certaines cultures modernes dépense une énergie importante pour cacher ou ne pas parler de la mort.

Les païens mourants doivent faire face à la nécessité de dire adieu à ce monde et saluer le suivant. Le rituel peut avoir un rôle important dans ce processus, cela peut être une étude ou une méditation contemplative des possibilités à venir. Si nous n’avions pas de curiosité sur ce que peut advenir après la mort, nous nous aveuglerions sur ce que de nombreuses personnes croient sur la prochaine étape du voyage.

Explorer la Mort directement tend à produire une expérience bien plus positive que célébrer la Mort comme une chose non naturelle et terrifiante.

Pour les amis et la famille, le processus de Mort est aussi un voyage. Leurs devoir est de soutenir la personne mourante par tous les moyens selon ses vœux. Ils doivent être réceptifs aux besoins de la personne en partance, essayer de mettre en suspens leurs propres agendas. Prendre soin d’un mourant peut être inspirant. Il y a tout un ensemble d’actions que les païens peuvent mettre en place pour soutenir une personne mourante.

L’une d’elles serait de lire un texte sacré comme le Livre Tibétain des Morts ou le Livre du Départ, une poésie de circonstance ou jouer un morceau de musique apaisante. L’encens peut aussi apaiser et créer une atmosphère calme.

Souvent les vœux des mourants arrivent durant les derniers instants. S’ils souhaitent que la veillée soit solennelle ou festive par exemple.

Pour les païens, ce devoir sacré prend souvent une signification particulière, spécialement pour ceux au service d’un dieu ou d’une déesse associé à la Mort. Peu de personnes dans les cultures contemporaines comprennent cela, aussi tentez d’être sensible à leurs ressentis sans les laisser perturber l’événement. Lorsque la mort devient imminente, les membres de la veillée peuvent relever des signes de changement dans le comportement du mourant, le souhait soudain de se réconcilier avec une personne, pouvoir clôturer toutes choses en cours, l’absence brusque de douleur, et la famille devenant agitée et voulant se rapprocher ou s’éloigner du mourant. Un païen mourant est susceptible de savoir lorsque la mort approche ou de voir ses messagers ou guides. La meilleure expérience de la mort est une combinaison de joie et de chagrin.

 

Le travail de deuil, les premiers pas.

 

Quand nous prenons soin d’un mourant, nous pouvons oublier de prendre soin de nous. Mais nous devons nous souvenir de nous doucher quotidiennement, garder nos auras propres, dormir ou manger lorsque c’est nécessaire. Prendre des vitamines, se bouger, recevoir un massage, une coupe de cheveux, une manucurie...Aimez votre corps. C’est comme ça que vous guérissez.

Soigner peut débuter avant la mort de la personne. Trouvez des façons de vivre vos émotions que ce soit durant ou après la mort. Parlez à quelqu’un, écrivez sur votre ressenti, créez à partir de vos émotions. Si vous gardez les choses pour vous, vous exploserez.

Prenez vos dispositions à l’avance pour votre mort et votre inhumation, pas seulement pour avoir une plus grande chance de voir vos volontés respectées.

C’est une affaire nécessitant du temps, de l’argent et de l’énergie. Si possible faites vos plans avant d’être dans une situation de mort imminente.

Pour les païens, en Europe, la difficulté majeure est de trouver des groupes ou des organismes capables de prendre en charge et de mettre en œuvre leurs dernières volontés. Chez nos cousins américains, il existe désormais toute une gamme de services répondant aux attentes de nos frères et sœurs.

Cependant nous pourrions estimer qu’à partir de l’instant où le mourant fait partie d’un groupe dont les membres sont connus de la famille, les chances d’avoir les funérailles selon ses vœux augmentent. Quant à la dépouille ou aux cendres que nous laissons, il faudra faire avec la législation actuelle.

Préparer son dernier voyage nécessite aujourd’hui plus de faire une petite liste.

En voici une qui peut servir de base :

1- Mettez au clair vos souhaits. Souhaitez-vous suivre une tradition familiale ? Voulez-vous une prêtresse ou un prêtre de votre religion lors de votre veillée et de vos funérailles ? Quelle musique, quelles chansons souhaitez-vous ? Souhaitez-vous être nu ou habillé pour votre dernier voyage ? Que faire de votre dépouille ? Comment souhaitez-vous que vos biens soient répartis ?

2- Considérez ce que vos proches aimeraient aussi. Seront-ils à l’aise avec des funérailles païennes ? Vos frères et sœurs païens seront-ils à l’aise avec des funérailles chrétiennes ou plus œcuméniques ? Est-ce que certaines personnes de votre entourage proche et lointain se sentiront délaissés si vous optez pour une cérémonie privée ? Comment pouvez-vous combler leurs attentes sur leurs besoins de rapprochement et de mémoire ?

3- Quelles personnes aimeriez-vous avoir à vos côtés lors de vos derniers instants ? Souhaitez-vous des fleurs à vos funérailles et sur votre tombe ? Souhaitez-vous prendre quelques arrangements avec vos proches pour laisser des offrandes à vos défunts et se souvenir de vous ?

4- Informez-vous sur les aspects légaux et pratiques de vos vœux.

5- Procédez à une recherche sur ce qui s’est fait déjà pour d’autres païens passés de l’autre côté du Voile. Des idées et des contacts peuvent être dénichés.

6- Puis posez formellement votre plan par écrit. Contactez un notaire, si cela est nécessaire, pour entreposer et assurer la bonne exécution de vos dernières volontés.

 

Mourir n’est donc pas de tout repos donc. Assurons-nous de nous épargner des tâches d’autant plus pénibles pour nos proches et nous-même si notre fin de vie est difficile.

Cela laissera plus de temps pour partager sur les choses essentielles.

 

Sources : Death: From a Pagan Perspectivehttp://starfirescircle.com/death.html ; Patti Wigington, ThoughtCo.com


Lune Bleue... Lune du Sidh ...

J’aimerai savoir à quel moment un phénomène est « rare » et selon quels critères il est établi, et donc comme définir sa réelle fréquence. 

Il est évident pour toutes et tous que la treizième pleine Lune et sa sœur, la treizième Lune Noire, sont des événements astronomiques censément peu fréquents. Mais surtout établis sur un cycle lunisolaire indépendant du calendrier grégorien qui est une mesure temporelle arbitraire.
Les anglosaxons ont cette expression leur permettant d’expliquer que ce n’est pas prêt d’arriver qui est « once blue moon ». Là, il est utile encore que nos chers cousins britanniques sontun peuple qui a pu garder ou sauvegarder quelques éléments de façon très vivace de la culture celte jusqu’à nos jours. 

Alors cette Lune Bleue ? 

Oui, c’est sûr, nous aimerions vivre un âge plus magique que les précédents, voir des signes partout, être spéciaux. Mais le ciel ne se pliera pas à notre volonté.
C’est plutôt à nous d’apprendre la patience et de fournir quelques efforts, déjà de compréhension. 

Une année solaire 

Une année solaire est l’unité de temps dans laquelle se place une année lunaire.
Une année solaire se déroule d’un solstice d’hiver à un autre solstice d’hiver. C’est un peu la nouvelle lune solaire. Il renaît comme la lune renaît avec son croissant. Le solstice d’hiver ne se produit pas le 01 janvier. Il a lieu entre le 20 et le 22 décembre du calendrier grégorien la plupart du temps.
Cette fluctuation de la date est normale puisque cet événement ne tient pas compte de nos unités de  mesure temporelle ou de l’horloge parlante.
Le Soleil rythme et signale les saisons avec d’autres points forts dans sa course annuelle. Les équinoxes et les solstices se produisent à des intervalles réguliers de 3 mois grégoriens et quelques poussières stellaires.
Là, où le jeu devient intéressant est lorsque la Lune entre dans la partie. Sa course mensuelle est d’à peu près 29,5 jours. Cet « à peu près » est la raison de la Lune Bleue et de la Lune du Sidh. Eventuellement, est-ce aussi à l'origine du 13 ième mois glissant du Calendrier de Coligny...(en tout cas, je le suppose.).Et non pas l’occurrence d’une seconde lune dans un mois car, fatalement, avec des mois de 30 et 31 jours et un mois de février joueur, nous avons parfois des années avec deux doubles-lunes. Alors Lune Bleue ?
Non. Pas du tout. Loin de là. Certainement pas.

Revenons au Soleil et sa course régulière, fiable. L’astre du jour nous donne quatre temps égaux sur sa course. Ces temps comptent en général trois pleines Lunes. 

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Année solaire standard avec 12 pleines Lunes 

Ici, les mois grégoriens ne sont pas en prendre en compte. 
Et si c’était le cas, ne serait-ce pas un comble pour une croyance païenne ? 

Où placer cette treizième lune ? 

Une des croyances les plus répandues est que cette treizième lune est, au mieux, la dernière de l’année civile en cours. Ce qui est encore raisonnable et guère éloigné des faits. 

Il se produit plus ou moins régulièrement des saisons avec quatre Pleines Lunes ou quatre Nouvelles Lunes. Car il faut savoir que qu’une Lune Bleue n’est pas forcément suivie d’une Lune du Sidh. L’inverse est aussi vrai. 

Concrètement en image, voici un exemple d’année avec treize lunes. La Lune Bleue se produit ici en été. 

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 Année solaire de 13 Pleines Lunes – Lune Bleue en été.

Donc voici une année à Lune Bleue. Une quatrième lune se produit au cours d’une saison. Le plus souvent en été et en automne, plus rarement au printemps. 

Le principe sera le même pour la Lune du Sidh. Il suffit de compter le nombre de Nouvelles Lunes entre chaque position cardinale du Soleil. 

La troisième Pleine Lune ou Nouvelle Lune d’une saison à quatre lunes sera la Lune Bleue ou la Lune du Sidh. Cette Lune saisonnière en bonus aura les mêmes qualités que celle qui la précède. Ni plus ni moins. 

Notre sensibilité à l’astre est souvent touchée par sa configuration avec les étoiles plutôt que par le fait que ce soit une double-lune, une Lune Bleue, une éclipse partielle ou totale de Lune. Mais aussi par le fait que sa course soit montante ou descendante. Une pleine Lune descendante n’a pas la même énergie qu’une Pleine Lune montante. 

Bref, l’influence de la Lune ne se résume à la phase dans laquelle elle se trouve. 

Les Lunes Bleues à venir : 22 août 2021, 19 août 2024. 

Les Lunes du Sidh à venir : 15 novembre 2020, 19 mai 2023, 23 août 2025. 

Donc "une fois toutes les lunes bleues"…


Remerciements :
Je tiens à adresser toutema gratitude à Morgause de Willow Heartof Wicca pour ses enseignements qui me permirent de conserver un esprit critique et la conscience de mon propre bien sur le Chemin.

vendredi 19 juin 2020

L'Eau n'est pas Amour

D'Annwyn Avalon,source.
Traduction et adaptation par  Serpentine

Annwyn Avalon est Prêtresse, Artiste, Danseuse, et Sorcière. Prêtresse et fondatrice du Triskele Rose Witchcraft (une tradition avalonienne) et de la Magie de l’Eau,un cursus d’apprentissage de 9 mois sur la magie. C’est une sorcière polythéiste au service de nombreux dieux, elle recherche et pratique sur plusieurs types de pratiques magiques, notamment la magie de l’eau et de la mer, le Hedge Riding ( ndt : la pratique autour de la liminalité sur différents plans.), le travail oraculaire, et la magie des campagnes. Son axe principal est Magie de l’Eau et le travail avec les Esprits de l’Eau. Elle se considère également comme Sorcière d’Eau. Elle se concentre sur la constitution d’une communauté de Sorcières d’eau et des événements  mondiaux de bénédiction de l’Eau. Elle est l’auteur de Water Witchcraft from the Celtic traditions (ndt : une perle !)

Pour en savoir plus :

Sur Patheos

Son site

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Nous devons vraiment parler de l’ignorance au sujet de la véritable nature de l’eau. L’eau est un élément dual. Elle est à la fois vie et mort. Elle peut donner la vie et la reprendre. Elle incarne un large spectre d’énergies. Nous le voyons avec la nature de l’océan. L’eau est constamment pleine de vie, cependant le fracas d’une vague peut la briser.

Les puits sacrés incarnent aussi cette énergie. Nous le voyons avec les tablettes de malédiction trouvées au Temple de l’Eau de Sulis, à Bath en Angleterre, ainsi que dans les traditions liées au folklore où les puits sont utilisés tant pour maudire que guérir. Egalement, encore, dans les histoires sur le peuple de la mer tantôt en rage et vengeur, tantôt secourable et guérisseur.

Nous sommes faits d’eau ? Comment pourrions-nous dénier cette dualité en nous ? Nous ressentons un large spectre d’émotions et l’eau est l’élément des émotions. Ce n’est pas l’élément d’une seule émotion  ou l’élément de l’amour, c’est l’élément de toutes les émotions. Se pourrait-il que les humains expérimentent les émotions car notre corps est composé d’eau et que l’eau est à la fois mort et vie ?

L’Eau n’est pas Amour

Dire que l’Eau est amour, c’est non seulement lui dénier la moitié de sa nature, mais cela souligne le fait que ceux qui le déclarent ne l’ont jamais vraiment rencontrée dans toute sa puissance et sa gloire. C’est là que les gourous et les personnalités à culte peuvent vous retirer votre pouvoir. Ils vous diront ensuite que l’eau est amour, pour en renier ses autres aspects. Puis ils reviendront et jetteront l’opprobre sur tout ce qui n’est ni gentil ni scintillant, diabolisant ces sentiments et expressions. cela pour créer de la discorde, pour diviser pour mieux régner. L’Eau est un élément à large spectre, elle devrait être expérimentée par l’individu. Ceux qui faussent votre perception sciemment cherchent tout simplement à contrôler votre interaction avec l’eau. L’eau ne peut être contrôlée.

Le véritable changement lorsque la boue est remuée et la crasse, filtrée. Vous ne pouvez pas le faire si votre seule expérience se résume à la surface scintillante de l’eau. C’est un pansement qui vous rassure, mais qui ne produit aucun changement.

C’est du mal à l’état pur lorsque quelque chose ou quelqu’un  cherche à prendre le pouvoir sur autrui en faussant la nature d’une chose qui en équilibre par elle-même. Tout en usant de ces tactiques pour brouiller votre jugement et vous laisser dans la confusion. Et tristement, la plupart du temps, pour remplir leurs portes-monnaies. Et oui !

Nous ne pouvons voir l’eau comme étant «  tout amour », nous avons besoin de la colère. La colère est essentielle, l’esprit guerrier est essentiel. Il n’y pas de place pour la passivité. La passivité n’arrêtera pas les saisies gouvernementales des terres, ou les pipelines de détruire l’eau. L’amour non plus. Je n’ai jamais l’amour arrêter les balles en pleine course. L’amour « dur » le pourrait. L’amour que rencontrent les agresseurs portant un féroce bouclier de protection, qui se battent pour la sûreté et le bien-être de l’eau et non pour leurs comptes en banque. C’est l’amour qui, comme l’eau parfois, doit détruire pour reconstruire. L’amour qui porte la vérité, même lorsque la vérité est dure ou qu’elle vous gêne. C’est la difficile réalité de l’amour maternelle.

Je suis mère depuis 15 ans. Et cela m’a enseignée ce qu’est l’amour véritable. L’amour véritable donne parfois des nouvelles très dures, dit un « non » plein de force, et parfois signifie traiter avec des énergies difficiles qui semblent agressives. L’amour de l’eau est pareil  à celui de la mère. Il est nourricier, nutritif mais aussi il vous gronde et vous montre où vous faites erreur. J’aime mon enfant et je m’efforce de l’aider et de leur construire une vie meilleure, et ainsi, par moments, cela signifie avoir des conversations dérangeantes, être en colère lorsqu’ils agissent de façon négligente ou nuisible et de leur enseigner une meilleure façon de le faire.

L’amour , ce n’est pas ignorer les mauvaises attitudes de vos enfants.  Ce n’est pas valider de fauses vérités ou laisser poursuivre des comportements toxiques. Il ne s’agit pas d’un contournement spirituel pour éviter les profondeurs des eaux sombres, mais plutôt de s’y laisser couler et de ne faire qu’un avec. L’eau y agit tel un tsunami, balayant les fausses vérités et l’énergie néfaste du monde. Elle détruit ceux qui fuit la colère face à l’injustice en usant d’amour banal et de paroles peu profondes. Montrant le reflet de la lumière et de l’obscurité. Si vous ne pouvez voir le reflet de votre ombre dans l’eau, avez-vous vraiment regardé l’eau ou avez-vous défini une image que vous pouvez voir comme un miroir ?

Un jour, lorsque vous serez sur le seuil de votre heure la plus sombre, en ayant été projeté par l’eau, brisé, meurtrie, roulé en tous sens jusqu’à en être poli, vous souhaiterez avoir compris sa véritable nature lors du processus. Qu’elle est vie et mort, créatrice et destructrice, que c’est indissociable. Pour que la perle se forme, il doit y avoir un grain de sable, et la bataille avec le sable dure jusqu’à ce que la perle soit. Une roche de rivière doit être brisée, écrasée, usée par les eaux avant d’être une douce pierre emplie de beauté.  Les crêtes dentelées ne sont pas brisées par le doux écoulement de l’eau, mais plutôt par la dure réalité de l’eau qui les façonne pour en faire un chef d’œuvre.

C’est bien de changer d’état d’esprit, c’est bien d’apprendre de nouvelles choses.

C’est bien de faire son travail d’ombre et de réaliser que vous déniez son aspect sombre à l’eau parce que vous vouliez éviter cela en vous. Nous sommes puissants lorsque nous sommes en équilibre, et cet équilibre provient de la vie et de la mort, de la lumière et de l’obscurité, du faste et du néfaste. Nous ressentons à la fois l’amour et la colère, et nous refusons la colère à nos corps, pour l’éteindre, tout comme la lumière qui va avec, ce qui est un fléau en soi.

En tant que personnes profondément connectés à l’eau, nous ne pouvons ignorer son pouvoir, et qu’il provient de lieux sombres et profonds que nous n’avons jamais explorés. Le pouvoir de la vérité qui blesse et l’amour qui transforme, même si cette transformation est douloureuse. L’eau n’est pas amour. La vérité est Amour et la Vérité est que l’eau est vie et mort. C’est la créatrice et la destructrice.

Donc si l’eau est amour, tour à tour elle est douce comme une caresse puis, ensuite,  la destruction brutale qui vous déchire, membre après membre, pour vous assembler, point par point,  en un chef d’œuvre d’ombre et de lumière, d’eau et d’équilibre. Vous êtes fait d’eau, alors soyez véritablement comme l’eau mon ami.

 


jeudi 14 mai 2020

Kadeir Kerritwen - Le Siège de Cerridwen

De Kristoffer Hughes 
Traduction et adaptation de Serpentine 

Kristoffer Hughes est à la tête du Anglesey Druid Ordre dans les Galles du Nord. Auteur récompensé par un award, intervenant régulier et dirigeant d’atelier au Royaume-Uni, en Europe et aux USA. Il travaille avec le Coroner royal. Il a étudié à l’OBOD et il est son treizième érudit Mount Haemus, une spécialisation Llewellyn Worlwide en études celtiques, la mort et le deuil.


L’éminent érudit dans le domaine celtique, John Morris, écrivait au début du XXème siècle : « Je pense que suffisamment a été dit pour démontrer que ces poèmes, qui sont de brume et de mystère à ceux qui ont le regard fixé sur le XIXème siècle, deviennent limpides lorsque nous les regardons de loin, et la brume, et beaucoup du mystère avec, disparaît. ». C’est une déclaration très courageuse, mais une de celles qui révolutionna les futures expériences immersives des mystères celtiques, car en elle, et avec l’ensemble des travaux d’autres chercheurs et visionnaires un postulat de départ est donné, un point duquel percevoir et interagir avec le puzzle des mystères celtiques.

L’actuelle tendance new-age du mercantilisme spirituel a disséqué les mystères jusque leurs ultimes composants où chaque aspect des mystères est observé à la loupe. Cela a profondément affecté notre relation aux mystères. Dans cette éviscération, il est tentant de diriger son attention sur l’individuation des archétypes/divinités qui habitent les mystères. Et à partir de cela, nous essayons de leur donner des significations et attributs de façon individuelle. Cependant, le paradoxe de cette éviscération est que nous échouons à percevoir l’ensemble. Dans cet essai, je me concentre sur la déesse Cerridwen, mais elle n’existe pas par elle-même dans le vide. Elle est un des aspects d’un paysage mythologique bien plus vaste. Pour pleinement comprendre et développer une relation avec Cerridwen, nous devons aussi comprendre le paysage mythologique dont elle est un des aspects inhérents. L’individuation constante des dieux en les excluant du paysage dans lesquels ils existent ne leur rendre pas service. La magie que nous trouvons dans notre connexion à Cerridwen est bien plus complète et extraordinaire lorsque nous nous élevons au-dessus de l’aspect individuel de l’archétype/divinité de façon à les appréhender comme un composant incontournable de mystères plus vastes. En retirant un élément des mystères de son environnement les réduisent alors en petits morceaux à partir desquels il est très difficile de revenir en arrière pour les réassembler.
Donc au lieu de voir Cerridwen par le biais d’une loupe, ainsi que John Morris l’a dit, tentons d’embrasser le paysage de mythe et de magie, d’aller plus haut dans les cieux azurés afin que la lumière soit jetée sur leur contenu. A cette distance, les brumes qui reposent sur les fragments s’évanouissent laissant la place aux mystères. Le mystère et la magie de Cerridwen ne peuvent être séparés de la matière de Taliesin qui prend vie dans notre compréhension des mystères. Ils sont inexorablement connectés l’un à l’autre. Le résultat de la saga Cerridwen – Gwion Bach/Taliesin est la naissance d’un esprit prophétique, et sans exception, toutes les références à Cerridwen proviennent de la bouche de Taliesin. L’érudit gallois Ifor Williams fit une déclaration courageuse dans la première partie du XXème siècle, une qui fut révolutionnaire à ce moment.  Alors qu’il était moqué pour cette révélation, il tint très fermement sa position jusqu’à lentement changer la façon dont les chercheurs et les visionnaires se reliaient aux mystères. Il disait que la matière de Taliesin, c’est-à-dire tous les mystères et quelques poèmes déroutants, ne peut être expliquée dans faire référence à un conte populaire qu’il nommait Hanes Taliesin (l’histoire de la naissance de Taliesin).

Les royaumes du mystère sont difficiles à pénétrer, car au départ ils sont invisibles à l’œil humain. Vous pouvez trouver des éléments qui y font allusion, mais ils sont évasifs et enveloppés dans les brumes du secret. Pour y accéder, nous devons trouver les clefs déverrouillant les portes idoines, et le conte en est une. Mais, même lorsque nous trouvons les clefs qui vont avec les mystères, il nous reste à trouver les serrures avec lesquelles elles fonctionnent. La matière peut sembler à première vue contraignante voire même déroutante, au point de se gratter la tête avec un air confus. C’est un symptôme typique de la grande majorité des personnes qui approchent les portes des mystères celtiques.

Cependant il y a une clef importante qui aide toutes les autres à trouver leur serrure aisément. Les poèmes à énigme de Taliesin et les mythologies et vers celtiques ne peuvent être expliqués sans se référer au conte que le chercher Ifor Williams a identifié comme étant celui de Cerridwen et Taliesin. Il revendiquait que les métamorphoses de Gwion Bach, transformé aux moyens d’initiations successives et une triple naissance, sont cette clef pour accéder aux mystères. Les mythes et les poèmes légendaires et prophétiques, tous sans exception, requièrent cette clef pour activer leur pouvoir. Une fois activé, les mystères commencent à briller d’un éclat illuminant les derniers recoins de l’esprit. Le procédé est très simple une fois que la clef du mystère a été reconnue. Gwion Bach n’est seulement que la moitié de l’histoire, le reste étant accompli par vous.

Pour que tout ce qui suit fasse sens, à ce point, une reconnaissance réelle et profonde doit être acceptée. Par tous les moyens, l’étude de Gwion Bach, l’étymologie et l’interprétation de la part de l’histoire qui lui est dédié, d’un point de recherche comme celui de visionnaire, est un exercice de mérite. Mais , pour que le conte soit intégré en tant qu’expérience, et non comme un simple exercice mental, nous devons accepté que le rôle de Gwion Bach est un indicatif vous désignant, le héros dans sa propre quête vers l’inspiration et la divine réception de l’Awen. Cela est accompli en se percevant soi-même dans le rôle de Gwion Bach et en acceptant les outils qu’il offre avec ses archétypes liés pour commencer le voyage. Au sens véritable du terme, c’est un voyage car il comprend un dévouement complet à l’étude du mystère et une immersion dans les enseignements de nos ancêtres. La quête devient une source de connaissances et notre tentative, sincère pour accéder au ravissement béat de la connexion aux mystères et aux dieux dans le continuum celtique. A partir de là nous renaissons tel celui au front brillant : Taliesin. Mais souvenez-vous que le titre « Gwion » signifie « divin » ou « venin » ou « poison » prototypique. Cela ne doit seulement être que votre expérience, car tenter de suivre le sillage d’une autre personne pourrait empoisonner votre voyage. Nous devons faire ce voyage seul. Soutenus, oui, mais le voyage ne peut être que solitaire par nature. Encore une fois, je le répète, votre perception des mystères sera faussée sauf si vous vous placez en position centrale en tant qu’initié. C’est une allégorie de l’initiation, et c’est Cerridwen et sa position dans le paysage mythologique qui possède la capacité de transformer l’initié. Cependant elle n’accomplit par cette tâche dans un néant. Elle est aussi tenue par les mystères tout en les exprimant simultanément.

Dans la tradition de l’Anglesey Druid Order, les archétypes et les divinités sont intégrées dans quatre catégories. Les trois premières représentent les bras spiralés du Triskèle : les royaumes de la terre, de la mer et des cieux. Les dieux y sont autant l’expression du monde visible que nous. Llyr est l’océan de notre monde, Don est la Déesse Mère de la terre et des rivières et Beli est le bleu et le bleu de notre atmosphère. Leur caractère unique réside dans leur nature finie, et que, lorsque le soleil avalera les planètes dont la nôtre, leur histoire prendra fin. Toutefois, la quatrième catégorie n’est pas nécessairement indicative des puissances subtiles de notre monde mais, plutôt, sont classées dans notre tradition comme l’Andedion, les dieux du monde souterrain ou les Infernaux. Ils se tiennent au bord du Chaudron, entre notre univers et le potentiel non manifesté dans les profondeurs du chaudron. Evidemment, les mystères du Chaudron sont si vastes, que le potentiel gisant dans le néant est au-delà de notre compréhension. A son rebord, les mains tendues à la fois dans un geste de salutation et d’avertissement de L’Andedion, parmi eux, Cerridwen. Elle est le médium par lequel nous décomposons les mystères pour les rendre plus digestes pour l’esprit humain, pour ne pas être submergés au point de devenir fous. Dans notre société de consommation, où tout est disponible sur un plateau d’argent, où tout s’achète, le fait que nous devions prendre notre temps pour absorber quelque chose est presque insultant. Mais les mystères prennent du temps, le processus d’initiation prend du temps. Et comme Taliesin dit : « Myfi a gefais Awen, O Bair Cerridwen, Ac ni wyddais beth yw fy ngahwd, Ai chig neu pysgawd, A myfi a fum naw mis haiach, Ynghroth Cerridwen y wrach, Myfi a fum gynt Wion Bach, Neithyr Taliesin wyf I bellach. »  > « J’ai reçu l’Awen du Chaudron de Cerridwen, et ce n’est pas de savoir ce qu’est ma chair, qu’elle soit de viande ou de poisson, j’ai été en gestation durant neuf mois, dans la matrice de Cerridwen, J’étais Gwion Bach, Mais Maintenant je suis Taliesin. »

Notre relation aux mystères de Cerridwen sert une fonction vitale, et souvent négligée, de provoquer  la naissance du Front Brillant. Pour initier quelqu’un de façon à ce qu’il devienne un esprit prophétique. Le but final de cette fonction initiatrice est de devenir Taliesin. Alors que nous explorons les multiples facettes du paysage et les enseignements de Cerridwen, nous débutons ce processus d’initiation.
Qui êtes-vous ? Qu’êtes-vous ? Et qu’est-ce que vous cherchez ? Qu’est-ce qui fait que vous êtes vous ?

Je ne crois pas que les royaumes invisibles, subtiles sont plus conscients de notre monde que nous le sommes des leurs.  Les gens sont occupés, ils ont des vies à vivre, et cela affecte profondément leurs capacités de perception. D’aussi loin que je m’en préoccupe, ceux qui vivent dans les mondes subtils sont également très occupés, ils ont aussi de la merde à faire (NdT : tel que en anglais dans le texte) ! tout comme nous. Pour que ces mondes se rencontrent, que les brumes se lèvent entre eux, il doit se produire un changement dans le voile pour donner une viscosité à cette séparation afin qu’un monde devienne conscient de l’autre, et vice versa.

Dans les traditions païennes et druidiques, nous avons un nom pour ce procédé : le rituel. 
Ce rituel est simple mais profond. Installez-vous et invoquez cette image : vous pénétrez dans un bosquet au cœur d’une forêt, un cercle de onze pierres se tenant comme un gardien entre la luminosité tachetée du sous-bois à la lumière intense du bosquet. Au centre se tient un gigantesque Chêne. Dans se sbranches vous voyez le déroulé des saisons. Il est ancien et détient en lui la sagesse, la magie, les sciences des mystères. Un chaudron est à son pied et il fume. Un feu brûle en-dessous. Derrière se tient une silhouette voilée de noire de la tête au pied, des mots de pouvoir se déversent de sa bouche alors qu’elle jette des herbes dans le chaudron. C’est Cerridwen. Elle est là, tel un pivot entre le monde visible que l’arbre représente et le monde inconscient qui gît sous les racines. Approchez du chaudron et regardez…Cerridwen n’agit pas seule.

Que sont, dans votre vie, les qualités du Tegid Foel ? Qu’est-ce qui vous tient, vous soutient, et comment soutenez-vous autrui ?
Que sont les qualités de Creirfyw dans votre vie ? Qu’est-ce qui apporte joie et beauté dans votre vie ?
Que sont les qualités d’Afagddu dans votre vie ? Quelle est la nature de votre ombre ? Comment impacte-t-elle sur votre vie ? Demandez-vous si Cerridwen a demandé ou pas à son fils si il voulait changer ?
Que sont les qualités de Morda dans votre vie ? Comment employez-vous la liminalité dans votre travail et dans votre magie ? Quelle est la fonction de la liminalité ? Que pouvez-vous utiliser comme les symboles du ce qui précède ?
Lorsque vous les avez à l’esprit, approchez-vous du chaudron et jetez-les dedans. Cerridwen les acceptera-t-elle facilement ?  

Souvenez-vous : le chaudron ne fera pas cuire la nourriture d’un lâche. Méditez en ce lieu puis lentement, à votre rythme, reprenez conscience ici et maintenant.


 Source

lundi 11 mai 2020

Les Voix dans les Pierres : Les Divinités Celtiques de l’Ancienne Europe

de Síthearan NicLeòid, Paths Blogs
Traduction et adaptation de  Serpentine

La pierre et le linteau richement gravés à Newgrange sont les puissants symboles de la capacité humaine à marquer, mesurer et sanctifier le temps, telle la survenue du Solstice d’Hiver. Cependant ces images évocatrices précèdent les Celtes de quelques centaines d’années, et, comme les dolmens et autres cercles de pierres associés aux « celtes » ou « druides », elles ne font pas parties de la culture celte native. Certaines légendes celtiques se sont attachées à quelques-uns de ces sites, construits plusieurs siècles auparavant mais, sans nul doute, avec des intentions différentes !
Toutefois, à ce jour, des pierres anciennes peuvent nous « parler » des croyances et des pratiques des premiers peuples celtes. Ce ne sont pas des pierres « natives », mais leur contenu détient quelques informations « codées » sur les anciens Celtes. Je me réfère aux inscriptions de la période celto-romaine dans de nombreuses régions européennes, y compris le continent et la Bretagne.

Les auteurs classiques notèrent que les Celtes n’avaient pas mis par écrit leurs connaissances, ni réalisé d’images réalistes de leurs dieux, comme les grecs ou les romains. En fait, lorsque les celtes mirent à sac Delphes et qu’ils virent les statues des dieux, il est dit qu’ils rirent de ce peuple qui pensait que les dieux furent semblables aux hommes. De fait, avant le contact des celtes avec la culture grecque et/ou romaine, il existait très peu d’images anthropomorphistes des dieux.
Avec le temps, toutefois, dans certaines régions, comme la Gaule, le Rhin et la Bretagne Sud, les inscriptions sur les pierres se référant aux dieux celtiques ou aux divinités hybrides celto-romaines, commencèrent à voir le jour. Et parce qu’elles furent faites de pierre, elles durèrent, ayant pour résultat notre bonne fortune, celle d’avoir des noms et quelques attributs de ces dieux et déesses celtes. Ces divinités étaient vénérées sur un vaste territoire, de l’Europe Central  jusqu’à, ce qui est aujourd’hui la France, la Belgique, l’Espagne, le Portugal et des secteurs de la Bretagne (Grande-Bretagne).

Dans de nombreux cas, les romains n’ont pas fait beaucoup d’efforts pour comprendre les dieux étrangers, sauf pour le peu d’entre eux dont il y avait un intérêt dans la vénération ! Ils étaient remarquablement tolérants au sujet des autres dieux et religions, excepté lorsque cela défiait leur autorité. Ils étaient connus pour ce qu’ils avaient initié et nommé l’Interpretatio Romana, la pratique de relever les attributs primaires de toutes divinités étrangères et de les assimiler au dieu ou à la déesse de la culture romaine qui apparaissait le plus semblable. C’est ainsi que dans certains cas, le niveau de strates culturelles pour aider à la compréhension d’un dieu celte recèle quelques pièges. Mais le plus souvent l’utilisation d’images ou de symbolisme romains nous a offert un aperçu des dieux celtes.

Par ces pierres âgées d’environ deux mille ans, nous connaissons à peu près quatre cents dieux celtes. Bien sûr, certains de ces noms sont des titres ou des épithètes, ce qui fait que le nombre de divinités est inférieur.  
Toutefois cela montre qu’il y avait des pratiques polythéistes celtes florissantes dans une grande partie de l’Europe et en Bretagne, ainsi que probablement en Irlande, par inférence.
Certaines divinités étaient locales, associés à une région définie ou à une particularité de l’environnement. La puissante tribu connue sous le nom de Brigante ont été nommé d’après la déesse Brigantia qu’ils vénéraient (et dont le nom peut ou non être associé à l’ancienne Brid ou Brigid irlandaise). Les Epidii du Sud-Ouest écossais ont pu vénérer une déesse équine ou être « totémiquement » associé au cheval. A travers l’Europe, les rivières furent associées à des déesses comme Sabrina (la Severn) , Tawa ( la Tay) et Sequana (la Seine). D’autres divinités continentales ont été révérées sur de grands territoires. 

Dans cette liste de dieux les plus panceltiques sont inclus :

-Lugos / Lugus dont le nom semble relié au dieu Irlandais Lug et la figure galloise Lleu. Il peut ou non provenir du mot-racine indo-européenne signifiant « lumière ».

-Maponus, « Fils Divin », dont le nom est relié à figure galloise de Mabon, qui pourrait lui-même être en lieu avec le dieu irlandais Oengus Mac Og, et cela en raison d’attributs similaires.

-Epona, « Divine Jument », qui fut vénérée à la fois par les celtes et les romains. Ces derniers lui attribuèrent même un jour de fête dans leur calendrier, le 18 décembre.

-Belenus/Belenos dont la racine pourrait être la même que « Beltaine », bien que ce ne soit pas certain.

D’autres divinités celtes :

Sulis, dont le nom provient du mot-racine signifiant « œil », peut-être même « L’Oeil du Ciel » en allusion à ses attributs solaires, est une déese de guérison et des sources chaudes à Bath (G-B). Les romains l’ont assimilée à Minerve.
Taranis, « le Tonnant », qui est peut-être une épithète.
Sirona, La Divine Etoile.
Nemetona, déesse du Bosquet, du Lieu Sacré.
Artio, déesse associée aux ours comme le suggère le mot-racine « art », tout comme pour les noms Arthur et Cormac Mac Art, signifiant « ours ».

A travers l’ancien monde celte, il y eût de nombreux dieux, à la fois mâle et femelle, qui eurent de nombreux attributs et furent vénérés en tant que puissantes forces. Un des plus intéressants est Cernunnos, dont le nom apparaît sur une seule inscription en France. La première lettre est manquante, mais si un « C » est ajouté il signifie « Le Cornu », et il existe de nombreuses images de divinités celtes portant des ramures de cerfs, de taureau ou de bélier. Dans certains exemples, le dieu cornu est présent dans des représentations d’abondance ou de fertilité. Une gravure le montre avec un rat sous lui, ce qui, dans l’iconographie romaine, symbolise le Monde du Dessous. Un exemple sur le fait que l’information romaine même infime peut nous aider à compléter les connaissances sur une divinité celte !

Il y a de nombreuses photographies magnifiques de ces anciennes pierres, et vous pouvez en apprendre plus sur ces fascinantes divinités dans les sources suivantes :
Pagan Celtic Britain (Anne Ross)
Celtic Myth and Religion (S. Paice MacLeod)
Celtic Goddesses (Miranda Green)
The Celts (T.G.E. Powell)


Source