dimanche 10 mai 2026

Off & Slow

 

Ce titre ressemble presque à un slogan publicitaire. Je vois déjà une personne de dos contemplant un crépuscule, une tasse de chaï à la main. Ce serait très spécifiquement du chaï, je le précise.

Enfin, le moment de se mettre au vert, au calme, de s'écouter respirer, palpiter sans exigence, sans attente.
Accueillir la pause dans la pratique, un peu comme des vacances.


Il y a quelques années, j'avais pris connaissance d'une notion qui commençait à émerger dans le milieu: le burn out spirituel.

C'était très juste comme point.

Ma pratique a débuté en 1993. Pas d'internet, pas de réseau. Donc aucune pression si ce n'est celle de trouver un peu de matières dans les librairies, et pourquoi pas, une autre personne avec laquelle partager. Des enjeux très minimes, à taille humaine. Ainsi que beaucoup de temps et d'espace pour grandir et mûrir.

En quelque sorte, un apprentissage à la Montessori où ce sont nos capacités à l'instant T qui définissent ce que nous développeront.


Évitons les sujets de la performance et de l'esthétisme puisque ce sont eux qui poussent au crime. Ils sont trop bien connus. Brandis parfois comme garantie dans des discours gonflés de bien pensance et d'ego mal placé de personnes qui surfent pourtant sur les trends avec cet air de ne pas y toucher.

Ce n'est pas parce que nous parlons d'un sujet à la mode, que ce soit pour le critiquer ou pour le valoriser, que nous sommes de bonnes personnes.


Lorsque j'ai cédé à l'appel de la sorcellerie et de ses à-côtés, je n'imaginais rien. Il me semblait que ce serait une voie linéaire d'apprentissage et d'expériences sur laquelle je me devais de vite progresser. J'avais envie de voir les résultats qui me feraient passer de « pauvre folle » à « c'est peut-être un peu plus qu'une lubie délirante. ».

Le tarot, la Haute-Magie (mon premier livre pour débuter la pratique...il fallait avoir envie), je me suis jetée dedans corps et âme. Ce fut une immersion totale, un full focus durable où chaque moment fut analysé, soupesé. J'ai du mal à imaginer mes adelphes les plus jeunes avoir cet espace et cette capacité désormais. Ce sera certainement perçu comme bouffi de suffisance, cependant j'ai pu constater, en plus de trente années de pratique, la cyclicité des « vieilles nouveautés ».

Le bombardement constant d'injonctions suaves, de nouveautés (qui n'en sont pas, je le souligne derechef) parasitent nos relations et nos pratiques. Alors des fois ça pète ou ça devient silence.

Mais est-ce que j'ai su faire une différence à chaque fois entre la pause et le burn-out ? Je ne crois pas, mais l'inactivité fut, à chaque fois, salutaire.

Vers 2018-2020, j'entendais donc parler pour la première fois du burn-out spirituel. Aliénor de Mystics Moons (Instagram) qui lâchait ce gros morceau bien glissant dans la mare païenne virtuelle où chaque tétard que nous sommes tente de voir un peu la lumière du jour.

Je venais de claquer une fin de mission auprès d'un bosquet druidique où j'avais tenu le rôle de community manager pendant plusieurs années, dans l'ombre, laissant la façade aux personnes munies des « bons » titres.

Rédaction d'articles, édition d'un e-zine en interne (idées, recherches, rédaction, mise en page), études calendaires, animation de papotes-ateliers, conception rituelle, mailing, échanges intra-bosquet, échanges intra-collége, vidéos, etc.
Tout ça dans un environnement paternaliste, misogyne, bien planqué dans sa tradition. Je restais dérangeante mais utile puisque, officieusement, les responsables échangeaient régulièrement avec moi.


Personnellement, durant mon service, je ne me suis jamais dite que j'étais une bonne poire. J'expérimentais la construction d'une sororité dépassant la tradition lui servant de terreau de départ.

Mais quel job l'air de rien. J'étais devenue un axis mundis. Et à côté, j'ai traduit des articles, et même un livre qui, lui, fut ensuite édité sur ma proposition (note : il a été retraduit car je suis autodidacte en anglais donc il y a plein de traductions fines que je ne saurai faire.) .

A la naissance de mon fils, il devint difficile de tout assumer.

Ce fut un burn-out spirituel. Tout s'est tu. Mon âme, mon cœur. Je n'entendais plus le divin ou alors de vagues chuchotements.


Je pourrais évoquer le fait d'apprendre à dire non, de responsabiliser autrui dans ce type de processus. Plein de sujets déjà très souvent débattus ailleurs.

La pensée féministe se glisse ici aussi. Nous combattions des critiques misogynes sur notre fonctionnement avec une suractivité qualitative en guise de riposte. Classique.

Je le mentionne sans esprit de critique. Toute notre société est une bête patriarcale blessée mortellement, animée de derniers sursauts sulfuriques.

J'étais exsangue après une longue bataille contre cette pression.
Pour vous résumer : par la suite, la plupart des femmes du Bosquet ont quitté ce Collège. J'ignore ce qu'il en est à ce jour sur la parité de ce groupe.


Le burn-out survient lorsque nous ne reconnaissons plus aucune limite en nous pour nous.

La période de burn-out spirituel est à la fois un vide et une souffrance. Même si l'autel est là, rien ne s'y passe. Il devient un meuble exposant de jolis objets dépoussiérés régulièrement avec des gestes automatiques. Ce n'est pas que rien n'a de sens. Les connaissances, le souvenir des sensations rituelles et relationnelles sont là, mais rien ne vient s'ajouter à cette vivance spirituelle du passé.
Ce n'est pas une pause, c'est un vide absolu et nécessaire. Une hibernation de survie.


Comment repartir après ça ?

Que faire dans ces cas-là ?


Rien, vraiment. Il se peut que l'habitude ou la peine nous fasse allumer parfois une bougie, préparer une offrande. Je serai toutefois encline à ne pas forcer. Si l'envie vient, pourquoi pas. Si rien ne se produit durant des semaines, des mois, c'est que cela est nécessaire.
La piété peut être le seul muscle restant de notre corps religieux comateux.


Réinvestir la simplicité, l'immédiateté sans attente. Ne plus rien programmer, se laisser surprendre.

Surtout se laisser le temps de revenir à cette sensorialité physique et subtile fine.

Il se peut que des capacités soient modifiées de façon définitive durant cette phase. Ça arrive. Ce n'est pas grave.


Reconnecter à son élan spirituel est une œuvre lente, une convalescence durant laquelle les petits gestes vous sembleront vains, sans saveur. Pourtant notez qu'ils se produisent. Juste ça. Ils surviennent. Ce soir d'été, un verre à la main (soft ou autre), en extérieur, la Lune prend une autre dimension et on s'aperçoit que nous avons cette vibration de célébration en nous qui palpite. Puis un geste de communion arrive, l'instant devient sacré.

En gros, sortir d'un burn-out spirituel ne demande rien. Si ce n'est d'accepter d'être dans le rien sans culpabilité. Le mérite de ce type de rupture involontaire dans la pratique, comme dans la pause d'ailleurs, est de faire le tri dans les relations.


Moui moui moui, c'est bien mignon tout ça. J'évoque tout de même la configuration catastrophique de ce temps off qui fond sur nous sans coup férir.

Pourtant la pause semble être bien plus commune que nous ne voulons bien le reconnaître. J'aurai tendance à croire que toute personne qui pratique suit un cycle qui lui est propre. Avec des périodes plus intenses que d'autres.


Quels résultats ont eu les pauses ?


Vous l'aurez compris, j'ai eu plusieurs périodes de pause. L'évolution et l'historique de ce blog peuvent en témoigner.

La première fois, la pause a duré 4 ans. Suite à un déménagement qui m'a plongée dans une profonde affliction, je suis tombée en léthargie. Avec le recul, je réalise que la rupture avec un territoire équivalait à me déraciner stricto sensu.

Le deuil de cette terre a été terrible. D'autant que c'est là que les balbutiements de ma pratique se sont tenus. La psychométrie et l'exercice du pendule, qui étaient faciles à mettre en œuvre, devinrent inaccessibles.

La première pratique est revenue, très doucement, modifiée. Un peu comme si j'étais devenue myope. La seconde, je l'utilise le plus souvent pour chercher un truc perdu dans la maison. Nous sommes toustes TDA dans mon foyer. Nos vies sont un JDR constant avec des quêtes majeures et secondaires.


La seconde fois fut plutôt de l'ordre de la crise mystique déclenchée par un sort, fruit de colère, dont j'ai été la cible. J'ai voulu tout jeté, tout arrêté. Une grande purge par le feu. La reprise s'est faite timidement. Il a fallu contrebalancer en agissant sur plusieurs fronts (corps, cœur et esprit). Cette pause a été extrêmement bénéfique, bien qu'elle fut involontaire et la conséquence d'un acte mal maîtrisé [ je pense toujours que l'origine est due principalement à une mauvaise communication couplée à des émotions et une énergie mal gérées.]. J'ai revu toutes mes bases. C'est le départ d'une exploration moins rapide, de protocoles magiques plus longs, de mon investissement qui se concrétise auprès de la Divinité qui me guidait à cette période.


La troisième, je l'ai relatée plus haut. Le burn-out. Je suis restée bête devant mes jolis autels. J'ai fait un tri de malade dans mes bouquins, mes affaires, mes relations. Je pense qu'il reste une photo de ça sur mon feed insta. Un gros tas sur mon lit de l'époque. L'image surgit dans mon esprit, le souvenir de ma pesanteur colonise aussitôt mon cœur.

Ce que j'ai développé entre la première et la troisième pause, je l'ai conservé. Ce qui fut un soulagement.

Puis vinrent les pauses choisies. Sur les réseaux et dans ma pratique. Des moments off, de vraies vacances, des tête-à-têtes prolongés avec moi-même pour faire le point.

Je mentionnais plus tôt le fait que chaque personne a son propre cycle. J'ajoute ici que nous persistons souvent à suivre coûte que coûte le rythme, même avec un geste ou une pensée. La Lune, les célébrations, les passages, lancer des sorts selon les étoiles, suivre des trends. C'est la raison pour laquelle je précise dans mon précédent billet que rien n'est obligatoire dans ce que j'ai proposé.


La manifestation la plus évidente de cette philosophie est qu'entre mes débuts et aujourd'hui, la fréquence de ma pratique sorcière orientée sur les sorts a drastiquement diminué. J'ai appris à mobiliser mon corps et mon esprit avant de me jeter dans le chaudron tête baissée.
Je mature des projets magiques sur de longues périodes Rien de révolutionnaire. Il y a moults exemples de personnes pratiquantes qui partagent sur des protocoles longs avec des étapes complexes.

Il est possible de réaliser la même chose avec des pratiques plus simples, si ça peut rassurer une personne ou deux dans le public.


Je pratique la marche labyrinthique et le labyrinthe digital. Je m'octroie des moments de pause durant l'exécution pour laisser l'idée du travail maturer, évoluer durant le process. Puis je reprends le mouvement. Peu importe l'état émotionnel, énergétique, et physique dans lequel je me trouve à l'issue, je me sens quelque part glorieuse d'avoir pu savourer le chemin à , ce que je pense être, sa juste valeur.

D'avoir donné une chance à mon propre désir de s'exprimer le plus librement possible, hors influence ou contrainte.


Cette lenteur, que j'ai mise en sous-titre sur le blog, cette Slow Witchery, est une volonté de laisser la graine pousser sans la forcer. De prendre le temps d'observer ce qui a besoin d'être renforcé, soulagé ou diminué dans le tissage en moi et autour de moi.

Un jour, je passerai à l'écrit sur la pratique sorcière et la neurodivergence, du moins exposer mon expérience et ce qui en découle, car la philosophie de la Slow Witchery (SW) a des bénéfices dans ce cadre là.
Une maturation devient possible pour toutes choses sur la Voie Sorcière. Les urgences sont toujours là. Toutefois elles ne se produisent pas tous les jours. Si c'est le cas, je m'interrogerai sur ma perception et mon entourage.

En fait, il y a un autre élément-clef dans cette popote très perso : ma vie. Je n'adapte pas ma vie à ma pratique. C'est l'inverse qui se produit. J'ai un emploi, une micro-entreprise, un enfant en garde alternée, une épouse, une immense maison.

S'adapter est aussi un axe SW.

Je m'interroge régulièrement sur la valeur d'une voie solitaire et sur les groupes avec la lentille SW.

La solitude offre un espace extraordinaire d'observation de soi. Si bien que j'ai tendance à considérer que la pause y est un rituel, un temps sacré. Le mouvement cesse pour voir ce qui émerge dans l'immobilité.

Si vous collaborez et relationnez en groupe et que vous vous sentez brusqué.e/bloqué.e, posez une demande claire d'un temps de mise en sommeil à réévaluer ultérieurement lors d'entretiens espacés selon vos possibilités. Cela peut se faire si la communication est qualitative (honnête, directe, sans présupposé de mon point de vue).

Je conclurai avec une dernière notion, sur laquelle je reviendrai dans un futur plus ou moins proche : la possibilité que les pauses vécues soient des préambules à l'appel ou le départ d'une divinité.

D'ici là, prenez soin de vous. Demain existe encore.


Avril 2026



Des ressources pour réfléchir plus loin :

L'Antre de la Morrigan
Ange de Gaïa
Slow Magic de A. Rella
Mystics Moons (les partages sur la pratique)




Lune Sombre de Mai

 

Lune Sombre Descendante

Constellation du Bélier en sidéral - 16/05/2026

Temps Lunaire du 15/05 au 17/05

Seuil Clair - du 16/05 au 14/06

Lune proposant une opportunité de faire place nette et de déterminer des objectifs précis.
Elle sera propice pour faire un point sur son cheminement, évaluer ses angles morts.
La purification et le bannissement seront optimum durant cette phase.

Côté divination, le scrying pourrait se révéler une pratique très intéressante durant  cette Lune Sombre de Mai. Pour cela, utilisez un bol sombre empli d'eau, un miroir noir ou un miroir d'obsidienne avec une flamme en éclairage indirect dans une pièce obscure. Fixez la surface de l'eau sans sciller. Contemplez ainsi votre for intérieur et laissez émerger les présages, les indices de façon libre ou définie par une question.
Côté chaudron, vous avez peut-être mener quelques actions depuis la Claire pour vous rapprocher des esprits de votre territoire, et améliorer/renforcer votre centrage et votre ancrage. Cette Sombre-ci offre, si vous êtes dans cette configuration, de faire le point sur votre cheminement sorcier et/ou dévotionnel.
Cette Lune Sombre descendante est en Bélier sidéral. Il y a une énergie brute à mettre en terre. Si vous ressentez le besoin d'initier un travail pour vous débarrasser d'obstacle dans le cadre d'un projet, il semble que ce soit le moment. Il sera également possible de s'adonner à une purification, un bannissement, car il y a une idée de tri, de nettoyage, de priorisation de l'essentiel. 
Il est intéressant aussi de considérer que le bannissement soit une solution à privilégier pour mettre un terme à une relation. Cela serait une option plus en rapport avec la configuration. L'énergie Bélier est une énergie qui tranche. Si vous aviez en tête une malédiction, gardez à l'esprit que ce type de sort vous garde en lien avec la personne. Le bannissement coupe, efface. Il s'agira de faire le point sur ce qui vous anime, à savoir soit la vengeance soit le désir de renouveau.
De façon un peu plus légère, si vous aimez les plantes et que vous souhaitez stimuler une énergie plus primesautière en vous, consommez des fleurs de votre territoire (en boisson ou en plat, comme il vous plaira). 

Les énergies ou intentions du moment en Shadow Work nous invitent à :

 - Procéder à une évaluation honnête de nous, de nos croyances et des perspectives qui leur sont liées

- Faire le point sur ce qui génère de l'agressivité, ce qui nous met sur la défensive.

- Considérer comment l'imprévu nous affecte. Comment nous rebondissons selon si nous percevons cela comme un obstacle ou une opportunité.

Crédit photo : Maxence Serpentine
Je reviens sur la notion de Seuil Clair. Dans mon système, il y a deux mois de pratique un peu plus intense : les Seuils.  Ils sont des équivalents luni-solaires des fêtes nommées Beltane et Samhain. Ils marquent des transitions ainsi que des honneurs rendus selon la valeur luni-solaire du moment.
Si cela est possible, selon mon quotidien, j'investis plus souvent mon espace sorcier. De nombreux tirages et offrandes sont réalisés durant les Seuils. 
D'autant que cette année, je vis une transition dévotionnelle. 
Le Seuil Clair est aussi le dernier mois lunaire complet avant le Solstice d'Eté. C'est une façon d'honorer la Lumière avant son paroxysme puis son déclin. J'ai noté que durant ce mois de Seuil, la Sombre et la Claire seront descendantes. Et nous aurons une micro-lune le 31/05. 
Cette Sombre demande cette mise en lumière et en action, de sortir de la nuit. La Claire suivante se produira en Scorpion sidéral. Autant dire que ce mois est guerrier. Il appelle à nous regarder avec franchise, travailler une endurance et une résilience pour un changement profond. Tout cela sous une lumière fruit d'un feu impartial et purificateur.
Et, selon moi, cela coincide bien avec la notion de Seuil Clair.

Je vous retrouve à la prochaine Claire.
En attendant :Que cette Sombre vous soit favorable.

-------------------

Quelques précisions :

Attention : rien de ce qui est écrit ci-dessus n'est exhaustif ou obligatoire. Ceci est basé sur mon système de pratique développé sur des années.
Me concernant le Seuil Clairse déroulera à partir de la Sombre du 16/05 jusqu'au 14/06. Mais je vous expliquerai tôt ou tard mon système calendaire. Je pense que ça pourrait intéresser quelques personnes curieuses de systèmes individuels.

Sources principales en relation avec la construction de mon système de pratique:
- Avalon Within de Jhenah Telyndru
- The Mythics Moons de Jhenah Telyndru
- Beneath the Moon de Rachel Patterson
- Les enseignements de Morgause de Willow Heart of Wicca, et à sa confiance pour relire son projet sur le système luni-solaire, les magies solaires et lunaires (Il n'a jamais vu le jour mais c'est un trésor.)

Site source pour les phases, la course et la position astrologique :
calendrierlunaire.org/



vendredi 24 avril 2026

Lune Claire de Mai

Lune Claire Montante

Constellation de la Balance en sidéral - 01/05/2026

Temps Lunaire du 30/05 au 02/04

Lune portant une énergie en augmentation sur les désirs d'équilibre et de beauté.
Elle sera propice pour travailler avec les esprits de son territoire, veiller à la bonne santé de son enracinement, voir où sont les points de fragilités pour ramener de l'harmonie dans les domaines de votre choix. 
Faire alliance est l'action maîtresse.

Côté divination, si vous avez envie de tenter la lecture du feu (pyromancie) ou de la fumée (libanomancie), vous aurez plus de chance d'avoir des résultats.
Côté chaudron, travaillez spécifiquement des charmes de fertilité ou d'abondance si vous avez un projet de cet ordre en attente, ou de préparer une Eau de Lune aux fleurs de votre territoire  en vue de prochains travaux. Vous avez ici un créneau intéressant pour obtenir un résultat de qualité.
En extension à cela, la pratique de la magie du glamour peut entrer dans le jeu. Vous pourriez enchanter votre parfum pour qu'il soutienne vos émotions, votre force intérieure. Faire en sorte que les miroirs deviennent vos alliés et vous renvoient une image nouvelle à vos propres yeux, pour vous redécouvrir.

Evitons les charmes de glamour aux fins d'augmenter son aura pour gagner des followers, n'est-ce pas ? Il semble évidemment que la volonté de briller peut parfois devenir manipulatoire. J'ai tendance à penser que la magie du glamour mal employée est souvent une volonté d'asseoir une emprise sur autrui.
Commencez simplement en se concentrant sur la façon dont vous pouvez améliorer votre regard sur vous paraît plus constructive. Surtout avec une observation minutieuse des effets avant de passer à une intention plus conséquente par la suite. 
Déconstruire et reconstruire son regard sur soi est une entreprise de longue haleine constituée de beaucoup de petits pas.

Les énergies ou intentions à nourrir du moment en Shadow Work seraient ce qui à trait aux attachements, espoirs, et peurs :

 - de son corps (où se trouve ma beauté, ma force ? Suis-je en mesure de la percevoir ? Comment ? En quoi puis-je avoir confiance au sujet de mon corps ? Suis-je capable d'évaluer mon énergie ? l'économiser ? la solliciter? Comment ? ...),   
- aux limites mentales concernant la compréhension de dynamiques inconfortables (suis-je capable de faire un pas de côté quand il le faut ? Puis-je tenter d'être plus spectateurice qu'acteurice pour avoir une autre perspective ?...)
de la nature de notre volonté et de son dosage dans nos actions (suis-je capable de faire ce que je dis ? En ai-je vraiment le désir ? ...).

Cette Lune Claire peut fournir un apport énergétique conséquent et doux. Toutefois avec un impact profond. C'est un massage aux pierres chaudes avec une huile de jasmin. Pour vous donner une image.

Il se pourrait que la conséquence soit d'entre-apercevoir un petit bout de la destination que notre esprit appelle très timidement depuis quelques mois.
La douceur à venir dans cette Claire génère, à mon sens, un Temps Lunaire propice et bienveillant pour cela.
Wendy Rule, artiste que j'aime beaucoup, dit dans une de ces chansons que "son cœur est tel une fleur épanouie". C'est le sentiment que j'ai en écrivant cet article, en ressentant ce qui serait le plus favorable pour accompagner cette Claire.

Que cette Claire vous soit favorable.

-----

Quelques précisions :

Attention : rien de ce qui est écrit ci-dessus n'est exhaustif ou obligatoire. Ceci est basé sur mon système de pratique développé sur des années.
Me concernant le Seuil se déroulera à partir de la Sombre du 16/05 jusqu'au 14/06. Mais je vous expliquerai tôt ou tard mon système calendaire. Je pense que ça pourrait intéresser quelques personnes curieuses de systèmes individuels.
-----
Il s'agit de la seconde Lune Claire montante de cette année. La première ayant eu lieu le 02/02. J'attire ici que la course de la Lune (montante et descendante ) est différente de sa phase (croissante ou décroissante). Ca compte dans mon système.
J'espère en tout cas que vous aurez du plaisir à me lire.
-----
Sources principales en relation avec la construction de mon système de pratique:
- Avalon Within de Jhenah Telyndru
- The Mythics Moons de Jhenah Telyndru
- Beneath the Moon de Rachel Patterson
- Les enseignements de Morgause de Willow Heart of Wicca, et à sa confiance pour relire son projet sur le système luni-solaire, les magies solaires et lunaires (Il n'a jamais vu le jour mais c'est un trésor.)



mardi 3 mars 2026

Les Bases et Les Ressentis

 Peu importe le contenu que vous consultez, que ce soit pour personne débutante ou avancée, il est rare que les bases de la pratique ne soient pas abordées.

C'est un peu l'introduction obligatoire, la caution morale que les auteurices se doivent d'avoir. Montrer patte blanche pour ainsi dire, afin de passer pour un.e praticien.ne valable.

Il serait difficile de recommander la lecture d'un ouvrage qui ne présenterait pas ces préambules de rigueur. 




Avec des années de pratique, cela peut même devenir ennuyeux. Au point que nous serions tentés de sauter les premiers chapitres d'un livre pour arriver au corpus de pratique secondaire.


Parce que nous savons. Parce que c'est bon depuis le temps, comprenez-vous, qu'avons-nous encore à apprendre dans ce domaine ? (c'est ironique)


J'ai connu plusieurs périodes de pause. La première car je me suis brûlée les ailes. La seconde parce que j'ai cru que je pourrai me détourner d'un chemin serpentant dans la moëlle même de mon être. Je souris franchement en écrivant ça. Car ici, je retrouve toute l'intensité de ma neurodivergence. Puis d'autres pauses qui furent moins lourdement vécues. Bien au contraire.
Je parle bien de pause dans la pratique. Je suis croyante depuis aussi longtemps que je puisse m'en souvenir. Hénothéiste et animiste, ma pratique fleurit dans les temps et les espaces liminaux.

La pause est en elle-même une liminalité dans laquelle errer, avancer ; C'est un travail de fond crucial, inévitable. Car négliger cet appel à souffler peut nous entraîner vers des moments très difficiles, voire la perte de vue des valeurs premières que nous souhaitions vivre dans notre pratique.

Tout changement porte cette valeur de liminalité également à mes yeux.

Revenons à notre sujet premier, les bases essentielles.

A chaque sortie de pause, je me prends de passion pour de nouveaux sujets. Je lis en ligne, j’achète des livres, je suis des contenus.

Et de plus en plus, à chaque nouveau courant étudié, j'observe avec plus d'acuité les premières sections, les premiers chapitres. Ceux dédiés aux bases.

J'accepte aisément de faire un pas de côté de ma pratique d'à peu près 33 ans pour expérimenter les bases avec des yeux neufs.


Évidemment c'est encore plus sympa quand le contenu propose une perspective nouvelle. Thorn Mooney, dans Le Chemin de la Sorcière, éditions Danaé, a réussi à aborder ce sujet sous un angle différent. Normalisant dans un même élan ce que tout.e praticien.e vit un jour.

N'hésitons pas à replonger dans les bases avec une intelligente candeur affinée d'expérience s'assurant ainsi une hygiène énergétique  indispensable à la pratique.


Que sont les bases ?

L'ancrage, la purification, la protection définissant l'ensemble de la pratique primaire.

Je considère que le bannissement et la défense comme des actions de pratique secondaire car ils interviennent dans des cas où il y a une négligence de longue durée des bases ou une atteinte provenant de l'extérieur. Cette dernière ayant donc franchi les mesures basiques habituelles.

Les bases essentielles dans la pratique invitent à se méfier de la routine, de l'aspect mécanique de leur exécution. A quel moment perdons-nous la connexion avec le vrai ressenti pour entrer dans une intellectualisation pure ? Faire pour faire. Non, pour vivre une action ressentie.
Un peu comme un brossage de dents bâclé.

"Faire en conscience", "avec ses tripes", "selon son cœur". Peu importe le vocabulaire, cela signifie de la nécessité de connaître le sens et le but de ce qui est réalisé.


Revenir aux bases est une première étape de reprise de contact avec des ressentis actifs. S'imaginer qu'après une pause de 6 mois à quelques années, nous puissions nous asseoir devant l'autel la bouche en cœur, sû.res de soi semble bien prétentieux.


Les cas possibles, à mon sens, où le réapprentissage de ces gestes premiers et de leurs ressentis se produit est :

  • après un changement majeur  tel que une rupture, un déménagement, la fin d'un cycle,burn-out spirituel, changement de tradition, de courant spirituel ou de dévotion.

  • après avoir été touché.e par un sort néfaste (une sorte de convalescence énergétique), une pause de pratique due à un manque de temps (parentalité, travail, engagement associatif, etc). 
La liste est non exhaustive et le principe, dessiné dans les grandes lignes.

Faire ce pas de côté dans le renouveau, peu importe son origine, est déjà une preuve d'humilité. Nous ne savons pas tout, nous ne sommes pas infaillibles quand bien même notre magie, nos prières sont puissantes ou le furent du temps où nous les prononcions.

Notre hygiène énergétique, que je dissocie de la santé spirituelle intellectuelle (esprit critique associé de recherches et de d'échanges ) est une pierre angulaire de nos pratiques.


Il y a aussi la possibilité que notre pratique nous convienne, et cela depuis depuis des années. Et que jamais il n'y a eu de lassitude, d'essoufflement. Reprendre les bases de A à Z toutes les lustres* serait à envisager par précaution. Se maintenir, s'améliorer ou changer, toutes ses actions appellent le même départ : les bases acquises, vécues, authentiquement perçues.


Un petit tour d'horizon un peu barbant pour définir un peu ces bases incontournables :

  • L'ancrage est la capacité à se raccrocher à ce que notre corps vit de façon très primaire (avant d'aller chercher des racines énergétiques nous connectant jusqu'en Chine. Ou ailleurs.) S'ancrer, c'est déjà bien incarner notre chair, sentir notre densité corporelle, avoir réussi à déposer sa matérialité dans la réalité physique. C'est très tangible, voire plus que tangible.
    Qu'est -ce qui nous rend à notre corporalité ? À nos sens ? À la Terre donc ? Ou à notre Lignée de sang ?
  • La purification semble être ce moment où nous prenons conscience que la matière n'existe pas seule, en tout cas pas pour des personnes comme nous qui embrassons certaines croyances.

Nous établissons que la purification est un nettoyage à la fois physique et énergétique. Je n'évoque pas ici le mental car une hygiène énergétique touche, selon moi aux corps physique et énergétiques, et non à la santé mentale. 


Les aspects psychologique et intellectuel méritent d'être considérés à part. 
Une personne souffrant d'un trouble psy ou étant neurodivergente ne verra pas cet aspect de son existence miraculeusement amélioré à coup de fumigation ou autres techniques purificatoires. 
Cela peut aider à trouver une forme de réconfort, d'apaisement mais s'imaginer plus serait se bercer d'illusions.

  • La protection est à considérer de façon individuelle, collective, ainsi que humaine et non-humaine (animal, lieu, objet, entités spirituelles diverses qui peuvent aussi apprécier un soutien humain).
Elle peut être mise en place de nombreuses façons (prières, gestes, rites, objets (talismans, amulettes), art pictural (symboles traditionnels, sigils, ..). Les moyens sont infinis.




Mais ce qui m'intéresse ici, encore plus que l'observance d'une hygiène énergétique toujours remise en question, est la routine et ses effets néfastes. 

Bien connaître ses recettes peut nous amener à la négligence et à la projection.

Ce que j'entends par projection est le fait de s'imaginer ressentir. Et ça, c'est terriblement commun.
Je vous propose un exemple dans lequel j'ose parier que quasiment nous toustes pouvons nous reconnaître.
Nous avons acquis le dernier ouvrage dans le domaine qui nous plaît. À chaque exercice lu, nous nous extasions intérieurement « facile !, Mais je le fais déjà !, rien que de le lire, je sais que je le fais en même temps ! ». Douces foutaises en vérité.

L'exemple peut se poursuivre avec les méditations guidées que nous " voyons " lors de la lecture. Le même principe que celui des romans. Notre esprit imagine, ce qui n'est pas ressentir dans sa chair et son énergie avec toute son attention.


Ces propositions de pratique méritent d'être vécu différemment qu'un fantasme (déjà par respect pour le temps de lecture alloué et, par extension, pour nos sous et le travail de l'auteurice.).
Se faire une fiche-guide pour travailler un exercice plusieurs fois d'affiler serait plus honnête envers nous et ce que nous cherchons à développer et à atteindre.

Prendre des notes, mener des expériences ( que ce passe-t-il si une purification de soi et/ou d'un objet travaillé est faite avant ? Que se passe-t-il si cela est de façon libre ou rituelle ? Durant un temps spécifique?).
Pourquoi pas se faire des audios, ce qui est simplifier avec nos téléphones, en faisant fi des considérations sur son timbre de voix. La prosodie et les césures sont les clefs (je suis diplômée en sophrologie. Je peux assurer que poser sa voix et son rythme suffisent pour enregistrer même avec un son médiocre.)

Mettre en comparaison nos observations de ressentis pour trouver où un de ces derniers surgit et se situe avec acuité et authenticité.


Ceci a particulièrement plus de sens pour les praticien.nes neurodivergent.es qui expérimentent le monde avec des codes différents de la majorité.

Je ne l'avais pas compris me concernant. J'étais perdue assez souvent. Il m'a fallu apprendre à écouter la voix de mes tripes. Et les nombreux échanges, tout au long de mon cheminement, me font penser que je suis loin d'être seule dans ce cas.


Il faut donc accepter en définitive, à partir de ce postulat, que nous ne sommes pas les enfants géniaux aux aptitudes innées que nous pensions/rêvions d'être.

Il faut aussi accepter qu'échanger sans gêne avec d'autres personnes nous aide à avancer.


Toute pratique sorcière a besoin de bases, d'humilité et de travail.


Ouvrages que je recommande particulièrement ** :
La Voie du Paganisme, de John Beckett, éditions Danaé
Le Chemin de la Sorcière, de Thorn Mooney, éditions Danaé
Psychic Witch, de Mat Auryn, Le lotus et l'éléphant
Avalon Within, de Jhenah Telyndru, LLewellyn publications, également disponible sous le titre 'Mythes et Mystères d'Avalon" aux éditions Danaé.


* attention, c'est cadeau. Une lustre équivaut à cinq années.

** Liste volontairement succincte. Inutile de se noyer dans une masse d'infos. Comprenons déjà ce qui est à notre disposition. Je les ai lus et testés (pour ceux qui ont de la pratique expliquée). Tous m'ont apportés quelque chose.




mercredi 7 janvier 2026

Squamate - Le temps de croître

 Ces derniers temps, il se passe des choses. Je pourrais partir dans des digressions infinies qui n'offriraient que de la confusion.

J'ai connu, dans ma vie de praticienne, deux périodes de pause à l'issue desquelles la reprise fut ardue. J'ai pourtant toujours eu un autel, des saluts à défaut de rituels pour l'astre et la divinité qui sont le cœur de ma pratique.

J'ai lu, j'ai parcouru, j'ai écouté de nombreux contenus. Avec rien qui ne me donne l'étincelle pouvant rallumer le moteur.
J'aime être une observatrice puis disserter de ces observations avec d'autres ayant une dynamique similaire.

La vie m'a proposée des opportunités que j'ai enfin pu saisir. J'avais déconstruit assez de notions pour être suffisamment heureuse.

Je vais reprendre sur ce blog. La question de créer un podcast s'était posée mais j'avoue que les propositions existantes sont déjà légion. 
Certaines charmantes, fraîches. D'autres, d'une banalité lassante. Excepté que le nouveau ton semble être de la veine "attention, je ne vais pas mâcher mes mots, on ne va pas se mentir.". Et même ça, c'est tellement sérié que le naturel n'y est plus.

Suite à des échanges nourris, il est apparu que j'ai juste envie de déposer quelque part où des personnes qui ont encore l'envie de lire et l'endurance de le faire puissent me trouver. Hors ces réseaux asphyxiants ,normatifs au point de créer une originalité "corporate".

Il n'y a, en définitive, que peu de personnes de la sphére éso-païenne qui me soient assez stimulantes. La plupart du temps, discrètes ou bien depuis longtemps visibles, stables dans leurs discours et leurs attitudes.
Ce n'est pas ici une histoire de connaissances mais plutôt de maturité et de type de réflexion. La fatigue est grande sur la rapidité avec laquelle nous devons produire du contenu, le survoler. Foutant à la poubelle des intégrations lentes et nécessaires (je pense au travail de Valiel de L'Antre de la Morrigan qui a évoqué ces notions il y a de nombreuses années). Le Like Souverain, nouvelle monnaie, étouffant le cycle de chaque individu. Et si nous ne pouvons suivre assez vite, c'est que l'autre qui dispense son contenu a certainement mieux compris, n'est-ce pas ?

Echapper à l'élitisme puant de beaucoup qui dispensent leur voie comme une loi en se défendant de se poser en figure d'autorité. Mais quand même.

Les personnes avec lesquelles j'ai pu parler se reconnaîtront.

Donc ici, quand j'en aurai envie, sans pression algorithmique et sociale, je placerai mes recherches et mes réflexions. J'essaierai de faire au mieux.

C'est un mouvement en moi qui me pousse à poser ça. Une motivation nouvelle provenant de questions telles que : 
- où sont les expérimentations ?
- où sont les personnes audacieuses pensant et concevant des nouveaux systèmes, provoquant des bouleversements des systèmes actuels dans les pratiques ?

Nous sommes si français.

J'ai donc des idées d'articles déposés dans un carnet. Cela s'accumule. Le temps de l'action est de retour.

Je n'expliquerai rien de plus. Le reste se découvrira naturellement au fur et à mesure au fil des articles qui apparaîtront.

Je ne suis ni mentor, ni un personnage.
Je ne suis d'aucune lignée.
Juste libre d'explorer, d'exposer, d'échanger.

Libre.