mardi 3 mars 2026

Les Bases et Les Ressentis

 Peu importe le contenu que vous consultez, que ce soit pour débutant.e ou soit pour avancé.e/expert.e, il est rare que les bases de la pratique ne soient pas abordées.

C'est un peu l'introduction obligatoire, la caution morale que les auteurices se doivent d'avoir. Montrer patte blanche pour ainsi dire, afin de passer pour un.e praticien.ne valable.

Il serait difficile de recommander la lecture d'un ouvrage qui ne présenterait pas ces préambules de rigueur. 




Avec des années de pratique, cela peut même devenir ennuyeux. Au point que nous serions tenter de sauter les premiers chapitres d'un livre pour arriver au corpus de pratique secondaire.


Parce que nous savons. Parce que c'est bon depuis le temps, comprenez-vous, qu'avons-nous encore à apprendre dans ce domaine ? (c'est ironique)


J'ai connu plusieurs périodes de pause. La première car je me suis brûlée les ailes. La seconde parce que j'ai cru que je pourrai me détourner d'un chemin serpentant dans la moëlle même de mon être. Je souris franchement en écrivant ça. Car ici, je retrouve toute l'intensité de ma neurodivergence. Puis d'autres pauses qui furent moins lourdement vécues. Bien au contraire.
Je parle bien de pause dans la pratique. Je suis croyante depuis aussi longtemps que je puisse m'en souvenir. Hénothéiste et animiste, ma pratique fleurit dans les temps et les espaces liminaux.

La pause est en elle-même une liminalité dans laquelle errer, avancer ; C'est un travail de fond crucial, inévitable. Car négliger cet appel à souffler peut nous entraîner vers des moments très difficiles, voire la perte de vue des valeurs premières que nous souhaitions vivre dans notre pratique.

Tout changement porte cette valeur de liminalité également à mes yeux.

Revenons à notre sujet premier, les bases essentielles.

A chaque sortie de pause, je me prends de passion pour de nouveaux sujets. Je lis en ligne, j’achète des livres, je suis des contenus.

Et de plus en plus, à chaque nouveau courant étudié, j'observe avec plus d'acuité les premières sections, les premiers chapitres. Ceux dédiés aux bases.

J'accepte aisément de faire un pas de côté de ma pratique d'à peu près 33 ans pour expérimenter les bases avec des yeux neufs.


Évidemment c'est encore plus sympa quand le contenu propose une perspective nouvelle. Thorn Mooney, dans Le Chemin de la Sorcière, éditions Danaé, a réussi à aborder ce sujet sous un angle nouveau. Normalisant dans un même élan ce que tout.e praticien.e vit un jour.

N'hésitons pas à replonger dans les bases avec une intelligente candeur affinée d'expérience s'assurant ainsi une hygiène énergétique  indispensable à la pratique.


Que sont les bases ?

L'ancrage, la purification, la protection définissant l'ensemble de la pratique primaire.

Je considère que le bannissement et la défense comme des actions de pratique secondaire car ils interviennent dans des cas où il y a une négligence de longue durée des bases ou atteinte provenant de l'extérieur. Cette dernière ayant donc franchi les mesures basiques habituelles.

Les bases essentielles dans la pratique invitent à se méfier de la routine, de l'aspect mécanique de leur exécution. A quel moment perdons-nous la connexion avec le vrai ressenti pour entrer dans une intellectualisation pure ? Faire pour faire. Non, pour vivre une action ressentie.
Un peu comme un brossage de dents bâclé.

"Faire en conscience", "avec ses tripes", "selon son cœur". Peu importe le vocabulaire, cela signifie de la nécessité de connaître le sens et le but de ce qui est réalisé.


Revenir aux bases est une première étage de reprise de contact avec des ressentis actifs. S'imaginer qu'après une pause de 6 mois à quelques années, nous puissions nous asseoir devant l'autel la bouche en cœur, sû.res de soi semble bien prétentieux.


Les cas possibles, à mon sens, où le réapprentissage de ces gestes premiers et de leurs ressentis se produit est :

  • après un changement majeur  tel que une rupture, un déménagement, la fin d'un cycle,burn-out spirituel, changement de tradition, de courant spirituel ou de dévotion.

  • après avoir été touché.e par un sort néfaste (une sorte de convalescence énergétique), une pause de pratique due à un manque de temps (parentalité, travail, engagement associatif, etc). 
La liste est non exhaustive et le principe, dessiné dans les grandes lignes.

Faire ce pas de côté dans le renouveau, peu importe son origine, est déjà une preuve d'humilité. Nous ne savons pas tout, nous ne sommes pas infaillibles quand bien même notre magie, nos prières sont puissantes ou le furent du temps où nous les prononcions.

Notre hygiène énergétique, que je dissocie de la santé spirituelle intellectuelle (esprit critique associé de recherches et de d'échanges ) est une pierre angulaire de nos pratiques.


Il y a aussi la possibilité que notre pratique nous convienne, et cela depuis depuis des années ; que jamais il n'y a eu de lassitude, d'essoufflement. Reprendre les bases de A à Z toutes les lustres* serait à envisager. Se maintenir, s'améliorer ou changer, toutes ses actions appellent le même départ : les bases acquises, vécues, authentiquement perçues.


Un petit tour d'horizon un peu barbant pour définir un peu ces bases incontournables :

  • L'ancrage est la capacité à se raccrocher à ce que notre corps vit de façon très primaire (avant d'aller chercher des racines énergétiques nous connectant jusqu'en Chine. Ou ailleurs.) S'ancrer, c'est déjà bien incarner notre chair, sentir notre densité corporelle, avoir réussi à déposer sa matérialité dans la réalité physique. C'est très tangible, voire plus que tangible.
    Qu'est -ce qui nous rend à notre corporalité ? À nos sens ? À la Terre donc ? Ou à notre Lignée de sang ?
  • La purification semble être ce moment où nous prenons conscience que la matière n'existe pas seule, en tout cas pas pour des personnes comme nous qui embrassons certaines croyances.

Nous établissons que la purification est un nettoyage à la fois physique et énergétique. Je n'évoque pas ici le mental car une hygiène énergétique touche, selon moi aux corps physique et énergétiques, et non à la santé mentale. 

Les aspects psychologique et intellectuel méritent d'être considérés à part. Une personne souffrant d'un trouble psy ou étant neurodivergente ne verra pas cet aspect de son existence miraculeusement amélioré à coup de fumigation ou autres techniques purificatoires. Cela peut aider à trouver une forme de réconfort, d'apaisement mais s'imaginer plus serait se bercer d'illusions.

  • La protection est à considérer de façon individuelle, collective, ainsi que humaine et non-humaine (animal, lieu, objet, entités spirituelles diverses qui peuvent aussi apprécier un soutien humain).
Elle peut être mise en place de nombreuses façons (prières, gestes, rites, objets (talismans, amulettes), art pictural (symboles traditionnels, sigils, ..). Les moyens sont infinis.




Mais ce qui m'intéresse ici, encore plus que l'observance d'une hygiène énergétique toujours remise en question, est la routine et ses effets néfastes. 

Bien connaître ses recettes peut nous amener à la négligence et à la projection.

Ce que j'entends par projection est le fait de s'imaginer ressentir. Et ça, c'est terriblement commun.
Je vous propose un exemple dans lequel j'ose parier que quasiment nous toustes pouvons nous reconnaître.
Nous avons acquis le dernier ouvrage dans le domaine qui nous plaît. À chaque exercice lu, nous nous extasions intérieurement « facile !, Mais je le fais déjà !, rien que de le lire, je sais que je le fais en même temps ! ». Douces foutaises en vérité.

L'exemple peut se poursuivre avec les méditations guidées que nous voyons lors de la lecture. Le même principe que celui des romans. Notre esprit imagine, ce qui n'est pas ressentir dans sa chair et son énergie avec toute son attention.


Ces propositions de pratique méritent d'être vécu différemment qu'un fantasme (déjà par respect pour le temps de lecture alloué et, par extension, pour nos sous et le travail de l'auteurice.).
Se faire une fiche-guide pour travailler un exercice plusieurs fois d'affiler serait plus honnête envers nous et ce que nous cherchons à développer et à atteindre.

Prendre des notes, mener des expériences ( que ce passe-t-il si une purification de soi et/ou d'un objet travaillé est faite avant ? Que se passe-t-il si cela est de façon libre ou rituelle ? Durant un temps spécifique?).
Pourquoi pas se faire des audios, ce qui est simplifier avec nos téléphones, en faisant fi des considérations sur son timbre de voix. La prosodie et les césures sont les clefs (je suis diplômée en sophrologie. Je peux assurer que poser sa voix et son rythme suffisent pour enregistrer même avec un son médiocre.)

Mettre en comparaison nos observations de ressentis pour trouver où il surgit et se situe avec acuité et authenticité.


Ceci a particulièrement plus de sens pour les praticien.nes neurodivergent.es qui expérimentent le monde avec des codes différents de la majorité.

Je ne l'avais pas compris me concernant. J'étais perdue assez souvent. Il m'a fallu apprendre à écouter la voix de mes tripes. Et les nombreux échanges, tout au long de mon cheminement, me font penser que je suis loin d'être seule dans ce cas.


Il faut donc accepter en définitive, à partir de ce postulat, que nous ne sommes pas les enfants géniaux aux aptitudes innées que nous pensions/rêvions d'être.

Il faut aussi accepter qu'échanger sans gêne avec d'autres personnes nous aide à avancer.


Toute pratique sorcière a besoin de bases, d'humilité et de travail.


Ouvrages que je recommande particulièrement ** :
La Voie du Paganisme, de John Beckett, éditions Danaé
Le Chemin de la Sorcière, de Thorn Mooney, éditions Danaé
Psychic Witch, de Mat Auryn, Le lotus et l'éléphant
Avalon Within, de Jhenah Telyndru, LLewellyn publications, également disponible sous le titre 'Mythes et Mystères d'Avalon" aux éditions Danaé.


* attention, c'est cadeau. Une lustre équivaut à cinq années.

** Liste volontairement succincte. Inutile de se noyer dans une masse d'infos. Comprenons déjà ce qui est à notre disposition. Je les ai lus et testés (pour ceux qui ont de la pratique expliquée). Tous m'ont apportés quelque chose.

mercredi 7 janvier 2026

Squamate - Le temps de croître

 Ces derniers temps, il se passe des choses. Je pourrais partir dans des digressions infinies qui n'offriraient que de la confusion.

J'ai connu, dans ma vie de praticienne, deux périodes de pause à l'issue desquelles la reprise fut ardue. J'ai pourtant toujours eu un autel, des saluts à défaut de rituels pour l'astre et la divinité qui sont le cœur de ma pratique.

J'ai lu, j'ai parcouru, j'ai écouté de nombreux contenus. Avec rien qui ne me donne l'étincelle pouvant rallumer le moteur.
J'aime être une observatrice puis disserter de ces observations avec d'autres ayant une dynamique similaire.

La vie m'a proposée des opportunités que j'ai enfin pu saisir. J'avais déconstruit assez de notions pour être suffisamment heureuse.

Je vais reprendre sur ce blog. La question de créer un podcast s'était posée mais j'avoue que les propositions existantes sont déjà légion. 
Certaines charmantes, fraîches. D'autres, d'une banalité lassante. Excepté que le nouveau ton semble être de la veine "attention, je ne vais pas mâcher mes mots, on ne va pas se mentir.". Et même ça, c'est tellement sérié que le naturel n'y est plus.

Suite à des échanges nourris, il est apparu que j'ai juste envie de déposer quelque part où des personnes qui ont encore l'envie de lire et l'endurance de le faire puissent me trouver. Hors ces réseaux asphyxiants ,normatifs au point de créer une originalité "corporate".

Il n'y a, en définitive, que peu de personnes de la sphére éso-païenne qui me soient assez stimulantes. La plupart du temps, discrètes ou bien depuis longtemps visibles, stables dans leurs discours et leurs attitudes.
Ce n'est pas ici une histoire de connaissances mais plutôt de maturité et de type de réflexion. La fatigue est grande sur la rapidité avec laquelle nous devons produire du contenu, le survoler. Foutant à la poubelle des intégrations lentes et nécessaires (je pense au travail de Valiel de L'Antre de la Morrigan qui a évoqué ces notions il y a de nombreuses années). Le Like Souverain, nouvelle monnaie, étouffant le cycle de chaque individu. Et si nous ne pouvons suivre assez vite, c'est que l'autre qui dispense son contenu a certainement mieux compris, n'est-ce pas ?

Echapper à l'élitisme puant de beaucoup qui dispensent leur voie comme une loi en se défendant de se poser en figure d'autorité. Mais quand même.

Les personnes avec lesquelles j'ai pu parler se reconnaîtront.

Donc ici, quand j'en aurai envie, sans pression algorithmique et sociale, je placerai mes recherches et mes réflexions. J'essaierai de faire au mieux.

C'est un mouvement en moi qui me pousse à poser ça. Une motivation nouvelle provenant de questions telles que : 
- où sont les expérimentations ?
- où sont les personnes audacieuses pensant et concevant des nouveaux systèmes, provoquant des bouleversements des systèmes actuels dans les pratiques ?

Nous sommes si français.

J'ai donc des idées d'articles déposés dans un carnet. Cela s'accumule. Le temps de l'action est de retour.

Je n'expliquerai rien de plus. Le reste se découvrira naturellement au fur et à mesure au fil des articles qui apparaîtront.

Je ne suis ni mentor, ni un personnage.
Je ne suis d'aucune lignée.
Juste libre d'explorer, d'exposer, d'échanger.

Libre.

vendredi 11 novembre 2022

Au rythme de la vie

 Oh oui ! Je passe, je laisse une trace.
Ma vie est devenue intense. Toutefois, je reviens à des essentiels, des flammes anciennes se réaniment.

Il est évident que les traductions sont en stand by. Lorsque je lis, je trouve rarement quelque chose de novateur, de remarquable.
Même côté livre, j'avoue que je suis en peine. Alors je revisite, approfondis et relis.

Ici, j'ai traduit pour le sport, la curiosité. Je ne suis pas d'accord avec tout, mais ces écrits avaient le mérite d'exister et de matérialiser une opinion.
Et comme j'aime la liberté d'expression et le fait que certaines choses puissent être facilement accessibles...

Je suis tombée il y a peu sur un plagiat d'un de mes rituels. Bon. Je reste philosophe même si ça m'irrite. Evidemment le respect des auteur.ices, de sourcer etc...

J'ai envie de faire un forum ou pas. J'ai envie de créer un carnet, une section où y mettre tous mes écrits.
J'aimerais que quelqu'un.e, en francophonie, fasse quelque chose pour Hekate (de préférence pas moi, j'ai déjà assez de trucs à faire.).

Je vais réfléchir.

vendredi 11 février 2022

Invitation au Divin

Traduction et adaptation de Serpentine

Source

Pomegranate Doyle est une artiste, femme au foyer, sorcière, prêtresse et enseignante senior dans la Reclaiming Evolution of Witchcraft.

Je me souviens de la première fois que j’ai entendu parler de l’aspecting* : ce fut il y a quelques années lorsque Rose May Dance (une ancienne de l’Art) me demanda si je voulais bien canaliser la Déesse à l’occasion d’un rituel vespéral du Witchcamp. J’étais alors étudiante- enseignante, et, effrayée de révéler à Rose que je n’avais jamais même entendu parler d’« aspecting ».

Je n’avais jamais beaucoup pensé à Diane non plus.

Inquiète, je craignais qu’il ne soit plus jamais demandé de revenir enseigner car j’étais si peu formée. Sourire plaqué au visage façon “ Bien sûr, je connais le sujet sur le bout des doigts », j’ai opiné du chef en espérant que quelque chose se produirait quand viendrait le moment.

Cette nuit-là, j’ai plongé dans mon corps, lâché prise et envoyé une invitation à Diane, me remettant en confiance à la présence des Présences Mystérieuses attendant la chance de descendre dans un corps. Et Diane est venue. Mon corps a changé de forme. Je suis devenue plus grande, plus forte. Ses chiens me chahutaient en sautant et me poussant.

Je ne me souviens pas du rituel. Je ne me souviens pas ce que qui a été dit. Tout ce dont je me rappelle est que la lune resplendissait et grossissait comme si elle descendait littéralement des cieux pour nous envelopper. Diane a rappelé à tous qu’ils ont des corps magnifiques, des corps avec un potentiel de mouvement et de puissance. Elle l’a fait par le rayonnement lunaire émis par ses mains et son plexus solaire. Je l’ai vue le faire. Et j’étais Elle tout à la fois. Comme une sorte de bilocation, à la fois en dehors mais aussi profondément prise dans l’expérience. Puis Elle est partie, très vite. J’étais étourdie, enivrée. J’ai senti mon corps se dégonfler et mon esprit voguer. J’ai lâché tout comme dans ces vieux films, lorsque vous voyez la personne canal s’effondrer lorsque l’esprit la quitte.

Toujours en cours de définition

L’aspecting est autoriser un esprit à prendre le corps et les capacités d’une personne durant une période brève. La personne qui prête son corps le vide de sa présence pour laisser un esprit occuper cet espace et l’utiliser.

Si vous souhaitez voir des aspecting véritablement étonnants, regardez Jim Carrey dans le rôle d’Andy Kaufman dans The Man on the Moon. Et aussi le film de Scorsese, Kundun, qui est un exemple que la façon dont les tibétains utilisent l’aspecting.

Dans la tradition Reclaiming, nous sommes têtu.es et avons besoin d’apprendre par les expérimentations et les erreurs. Nous réinventons la Roue afin de nous réapproprier ce que nous avons fait. Avec des techniques différentes, nous demandons aux individus de définir et développer leur propre méthodologie. Ce qui est vrai dans toutes les traditions religieuses vivantes. Pour nous, l’aspecting est toujours en cours de définition, et cela ne s’arrêtera que lorsque les archéologues étudieront nos os.

N'essayez pas tout seul

Je sais que certain.es vont se dire : « ah tiens si j’essayais l’aspecting cet après-midi ? ».

Et bien, non! Si vous souhaitez vraiment le tenter, trouvez une personne pour vous l’enseigner. En premier lieu, travaillez l’enracinement, la mise en terre et la purification. Soyez certain.e d’avoir une bonne santé mentale, demandez à celleux qui vous entourent comment ielles vous trouvent aujourd’hui. Afin de permettre une présence d’user de notre corps, nous devons savoir comment sortir et entrer dedans. L’aspecting est loin d’être de la tarte.

Comme la plupart des choses en Sorcellerie, nous devons être capables d’envisager l’aspecting avec prudence. Lorsque nous recevons des mots durant une séance, utilisez votre intuition. Même si vous êtes en présence d’un.e Master Aspector en qui vous avez confiance, n’acceptez pas tout sans question. Toutes les présences ne sont pas nos ami.es.

L’aspecting peut agir comme une drogue, induisant des effets comparables à l’ivresse. Les abus sont possibles. Nous l’avons fait au Witchcamp quand nous avons commencé à le pratiquer. Nous voulions alors faire de l’aspecting avec absolument tout. Je me souviens avoir fait de l’aspecting avec le Jardin d’Eden.

Bien réalisé, l’aspecting change les personnes impliquées. Être en présence d’une divinité se ressent dans le corps, l’emplissant d’un sentiment de grâce.

Vous devenez plus que ce que vous connaissez de vous-même. Votre propre présence augmente et l’aspecting vous révèle à votre moi authentique plus largement. A la fin, vous ressentez plus profondément la divinité en toutes choses autour de vous.

Le côté le plus positif de l’aspecting est une sorte de petite illumination, un échange culturel. Vous avez changé, tout comme la présence qui est venue à vous.

*Ntd Aspecting: il s’agit d’une pratique visant à canaliser une énergie divine dans son corps. Cela se fait le plus souvent lors de rituels de groupe dans le but de recevoir, dans la majorité des cas, une bénédiction, un conseil ou un oracle.


mardi 21 septembre 2021

De L'Ombre et de la Lumière

Je navigue sur les réseaux et je m'interroge. J'ai souvent une impression qu'il se dessine deux tendances, deux clans qui ne se mélangent que très peu ou pas.

Mes dernières réflexions à ce sujet viennent compléter un postulat tout personnel sur un échange que j'avais amorcé sur le sujet développer ci-dessous.
Je m'étais posée la question suivante : sommes-nous chacun.e doté.es d'un chemin énergétique signature ? Une tendance qui définirait notre action énergétique ?

Loin des sentiers battus (et ennuyeux dans cette perception) de la Lumière perçue comme bonne et positive, et l'Ombre comme mauvaise et négative. Héritage très judéo-chrétien et offrant des définitions et des explorations limitantes.

Nous avons hérité de certains schémas de pensées entrés dans nos êtres à l’aide de la peur et du jugement. Renforcés par la bien-pensance actuelle, ils s’en trouvent encore plus vivaces.

 

Le début de cette réflexion est survenu lors du visionnage d’une vidéo d’Ange de Gaïa sur les énergéticiens. Elle y fait un exposé clair sur la pratique de guérison, les exigences que cela impose lorsque le.a praticien.ne est canal de naissance ou non.

J’encourage vivement quiconque le souhaite de consulter cette vidéo. D’autant que chaque année, les propositions de service de ce type pullulent, qu’elles soient tarifées ou non.

A la suite de cela, mon esprit a commencé à mûrir une idée : qu’est-ce qui pourrait définir dans des termes humains avec une perception humaine selon un code compréhensible ce qui fait qu’un.e guérisseur soit canal ? Quelles seraient ses particularités ?

 

(Je rappelle que c’est une réflexion personnelle qui présente simplement des interrogations et des conclusions appelées à s’affiner ou à disparaître avec de possibles échanges)

 

Je constate, dans ma compréhension, donc que le principe de Lumière tel qu’il est perçu est souvent solaire, projecteur. Le mouvement transite de l’intérieur vers l’extérieur. L’énergie provenant d’une captation puis d’une expansion. Les praticien.nes aux résultats quasi miraculeux sont souvent des personnes évoquant la lumière et un corpus de croyance assorti d’un champs lexical lumineux, voire christique.

Il est mentionné que l’ombre, les scories sont chassées, éradiquées par la Lumière fixant, régénérant le capital vie dans la personne-cible.

Ce principe de Lumière est donc valorisé car les résultats sont visibles, presque tangibles d’une certaine façon : la santé physique, mentale, émotionnelle est restaurée.

 

Là, intervient mon vécu. J’ai eu beaucoup de mal à extérioriser mon énergie car mon mouvement naturel est de capter, d’amener vers l’intérieur. Je me suis longtemps posée la question sur ma validité dans la pratique ésotérique de ce fait. Sorcière bas de gamme, dans l’obligation de mentaliser, avec la fatigue que cela engendre, pour arriver à un résultat similaire que mes consœurs ( je ne connaissais pas de sorciers à l’époque).

Parce que j’allais à l’encontre de ce qui était mon mouvement énergétique. Un mouvement lunaire comme je le qualifie actuellement.

 

Les questions qui sont arrivées sont donc les suivantes :
Y-aurait-il un profil solaire ? Un qui ferait état d’un mouvement énergétique projetant de l’intérieur vers l’extérieur, en expansion ? Qui générerait la guérison sans intervention a posteriori de la personne-cible, excepté des mesures d’hygiène spirituelle préventives pour maintenir le retour à la normale ?

Y-aurait-il un profil lunaire ? Un qui ferait état d’un mouvement énergétique aspirant de l’extérieur vers l’intérieur, en récession ? Qui purgerait ce qui nuit tout en demandant à la personne-cible vers une introspection posant des remises en question pour se redéfinir et embrasser un chemin réajusté ?
Y-aurait-il un profil luni-solaire qui combinerait en proportion variable les capacités des deux précédents ?
Serait-il possible que deux personnes de profils différents puissent combiner leurs mouvements pour réaliser des travaux en deux temps ?
Est-il possible de contraindre son mouvement de naissance pour en adopter un autre ? A cette dernière question, je dirai oui et renvoie à la référence donnée au début.

 

Souvent, dans les pratiques païennes modernes, la Roue de l’Année est présentée avec une Saison Claire et une Saison Sombre. Ce modèle propose, en plus de célébrer les saisons physiques pour ce qu’elles sont, de se pencher sur notre dynamique intérieure.

Le mouvement solaire aurait tendance, selon ce que j’ai pu entendre sur mon chemin, à encourager les aspects inhérents de la Saison Claire et à tendre vers l’éviction des aspects sombres durant l’autre Saison. Pas de s’y frotter ou d’y plonger mais à vouloir s’en affranchir, le plus souvent.

 

Régulièrement, je lis -certainement parce que ce type de contenus me parlent- ou suit des personnes qui encouragent le Shadow Work. Méthode souvent incomprise, parfois jugée snob et autocentrée par une partie de la communauté païenne.

Pourquoi ? Les explorations menées, pour autant qu’elles soient sous couvert de l’Ombre, renvoient à des capacités intérieures sollicitant la résilience, le courage, et l’audace. Non pas que la Lumière ne les possède pas. Elle les offre également. Cependant celleux qui ont le mouvement solaire sont autant en capacité de les offrir sans se poser plus de questions et sans donner aux personnes-cibles bénéficiant de leurs travaux la possibilité de s’offrir à elleux-même un espace d’exploration. Iels sont guéri.es, l’objectif est atteint.

Ce qui en soit est merveilleux. Vraiment.

 

J’ai demandé à une amie bio-énergéticienne de considérer, si cela était possible, le public qui venait la consulter sous cet angle et de me faire part de ses observations sous l’angle profils solaires et lunaires.

Si elle relevait des mouvements énergétiques différents selon ce que chaque personne la consultant semblait être dotée ?

Ici, je fais un appel du pied à d’autres praticien.nes en bio-énergie car je serai vraiment curieuse de connaître leurs observations.

L’expérience est en cours.

 

J’avais pu échanger à ce sujet l’été dernier avec un groupe. Mon postulat trouvait déjà quelques validations de leur part. La rencontre s’étalait sur plusieurs jours et nous avions pu discuter de cela à plusieurs reprises.

 

Mon idée n’est pas réellement de compartimenter ou de créer des camps, mais bien plus de comprendre la dynamique énergétique dans la façon qu’elle a de s’exprimer via l’humain. Je trouve que les pratiques énergétiques ( sorcière, thérapeutique,...) sont souvent alignées sur les valeurs solaires, bouchant ainsi la vue et l’envie d’explorer d’autres possibilités.
Pour clarifier le sujet, je pose donc les bases de mes conclusions actuelles :

 

Le profil solaire-lumière

Il suivrait une voie d’élévation, d’illumination, de protection, dans un mouvement extérieur. Si je devais comparer cela à un principe de physique : son énergie serait centripète. Il projette et recouvre sur et autour de lui son énergie.
Il aurait une capacité de guérison importante ne nécessitant aucune intervention de la personne-cible qui serait le réceptacle passif de l’action solaire. En guide d’exemple : il vous amputerait d’un membre malade et vous en mettrait un tout neuf au passage.

 

Le profil lunaire-ombre :

Il suivrait une voie de descente, de révélation, de purification/bannissement, dans un mouvement intérieur. Il  serait donc centrifuge. Sa capacité d’intervention serait de l’autre de la purge, de la purification. Il recevrait les messages, les informations à donner à la personne-cible. Pour illustrer : le profil lunaire supprimerait une infection en la prenant en lui et demanderait à l’autre de développer un potentiel pour recréer une ressource.

 

Le profil mixte posséderait alors de façon complète ou à parts variables les qualités des deux précédents.

Une nuance à apporter : comme dans le modèle proposer par le yin-yang, je pense que nous portons tous les deux mouvements. Cependant, un dominerait l'autre en général.
Chacun.e aurait à comprendre son mouvement, donc sa voie. La quête d'équilibre n'étant pas une obligation, car j'imagine que le potentiel à explorer est lié à ce qui définit une part du chemin de la personne.

Que faire de cela ?

Cela pourrait avoir une incidence sur la reconnaissance de capacités, d’expérimentations propres à chaque profil. Mais aussi à leur validation.

A l’heure actuelle, j’ai le sentiment que les profils lunaires, plus enclins au Shadow Work sont potentiellement méjugés par les personnes – tous profils confondus- cherchant à suivre un cheminement à caractéristiques solaires car souvent vue de façon plus positive.

J’en reviens à la vision manichéenne galvaudée, surfaite, dans le domaine de l’énergétique, qui est encore régulièrement rencontrée.

 

Il serait aisé alors d’ouvrir sur d’autres questions sur notre lot de naissance, que la réincarnation soit ou non incluse dans le corpus de croyance de chacun.

J’avoue être plus intéressée par l’aspect introspectif que cette réflexion pourrait susciter sur le profil que chacun.e pourrait vivre. Tout comme les constatations s’appuyant sur sa propre expérience et l’observation.
Cela renvoie également à la question de normalisation des capacités de chacun.e. Les manuels nous proposent souvent des méthodes avec des résultats attendus de type solaire, en terme d’application pure.

 

Me concernant, je me situerai plus dans le profil lunaire. Je peux sentir où ça ne va pas, purger la personne mais la reconstruction à faire restera son œuvre. Les informations récoltées durant le processus me permettront de poser des questions qui feront peut-être office de déclencheurs dans ce processus de reconstruction.

 

Voilà, je vous propose ma réflexion en toute humilité. Bien consciente qu’elle reste perfectible, à discuter.