Edit 02/09/26: J'apprécie les retours sur mes partages. Il semble que j'ai été un peu trop sur certains passages. L'objectif est de parler de mon point de vue situé, de ma perception. Par moment, ça ressemble à du jugement (et ça peut l'être). Je ne suis pas une personne qui cherche à s'affranchir de son ego. Cette notion est loin d'être malsaine à mon sens.
Il appert que dans ce billet relatant ma démarche sur le calendrier, j'ai eu des propos qui peuvent heurter.
Je déplore les conditions actuelles sur la vie agricole (les exploitants soumis à des normes aberrantes, les prix qui rémunèrent peu, "les fraises en hiver", l'obligation de cota menant à une surproduction).
Il est difficile pour moi d'embrasser les saisons parce que je n'y suis soumise que par le biais de la météo ou de la dernière collection printemps-été. Dire que je ne suis pas agricultrice établit que relationner avec les saisons est moins direct dans mon vécu et, surtout pose les questions de "comment faire", "où se trouve ma vibration pour relationner".
Il a été soulevé, à juste titre, que je semble très critique sur le calendrier grégorien. C'est vrai. Heureusement chacun.e peut suivre ce qui lui va le mieux. Que ce soit par facilité, désir communautaire ou héritage culturel multiple, fruit des croisements des peuples, des invasions.
Après, j'évoque ici ma perception extrêmement subjective. La Terre, la Lune et le Soleil sont mes fondamentaux.
J'espère que ma vision sera plus perçue comme une proposition de réflexion qu'une exposition de mes petites rages que je n'ai su taire.
Aussi, à propos des sources. Certaines sont problématiques politiquement, spirituellement, et moralement.
Comme je l'avais mentionné il y a longtemps quelque part sur ce blog, je partage même si je ne suis pas d'accord car à un moment il y a un axe, un sujet qui mérite d'être souligné. C'est le grand inconfort sur la citation des sources.
Mon honnêteté intellectuelle me pousse à les mentionner. Laissant ensuite au lectorat la charge de faire le tri. Mes Focus Pocus me poussent sur des pistes un peu boueuses parfois.
Bonne lecture !
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Lorsque
j'ai décidé de changer mon rapport à ma présence sur les réseaux,
j'avais établi une liste de sujets dont celui-ci.
Puis
de nouveau des feux titanesques, la canicule, les cours d'eau
asséchés. Pleurer est -il encore utile ?
J'ai
un rapport aux saisons qui est assez particulier. Les célébrations
les plus connues ont toujours été un peu vides. Je ne suis pas
agricultrice, je ne vis pas de labours, de récoltes et de chasses.
Tout comme je ne suis ni artisane, ni cheffe spirituelle.
Être
une femme française païenne de ma génération, c'est tenter
d'avoir conscience que ma vie n'est pas un fantasme pseudo-médiéval,
entourée de livres me maintenant dans un imaginaire quasi puéril,
ou tout du moins me poussant à vivre coupée de la réalité de mon
quotidien.
Avoir
de la reconnaissance pour la Terre exsangue et ce qui lui ait arraché
est devenue un peu problématique à mon sens. La surexploitation,
les pollutions, la négation des écosytèmes, de leurs rythmes, j'ai
du mal à avoir de la gratitude pour cela.
Entrer
dans une bataille contre les normes, les systèmes issus de notre
société me semblent bien plus approprié que de couper une pomme en
deux en guise d'offrande un jour de moisson. Même si cette pomme est
bio.
Les
seules récoltes que je célèbre sont celles de ma main ou de mon
esprit et cela n'obéit à aucun calendrier.
Certes,
les traditions pourrions-nous dire. Mais là aussi, ma pensée se
révolte. Elles nous ont menés à « aujourd'hui », et
gémir en robe de cérémonie après un rituel sur notre triste monde
me semble déplacé. Presque hypocrite.
Ici
et maintenant, je ne peux que me raccrocher aux cycles célestes qui
ne peuvent être bouleversés que si c'est le cosmos lui-même qui en
décide. Parce que les saisons, leur roulement, sur toute la surface
de la Terre, se modifient. Une lente redéfinition qui vient
interroger nos calendriers cérémoniels, notre rapport à notre
monde physique, le fait d'honorer les productions humaines ou non.
Actuellement,
mon cheminement spirituel suit une route où les panneaux indicateurs
sont rares puisqu'il s'agit d'une civilisation disparue dont les
traces sont infimes, l'écriture, indéchiffrable. Ma posture m'amène
à en extraire des micro-panthéons avérés ou construits sur la
base de quelques éléments dans une démarche mytho-poétique.
La
pratique proposée pour raviver cette flamme est essentiellement
basée sur une vie qui ne sera jamais la mienne (l'agriculture et la
pêche notamment). Néanmoins la part céleste demeure.
Ce
recentrage sur la spirale luni-solaire en temps que calendrier strict
s'est amorcé il y a une petite douzaine d'années. Il n'y a pas eu
un groupe que je n'ai fréquenté qui n'avait pas un rapport, même
lointain avec cette dynamique lune-soleil. Tôt ou tard, nous nous
prenons d’intérêt pour le trio que la Terre forme avec cette
dernière . j'ai toujours été extrêmement surprise par les
réticences à adopter ce rythme plutôt que les dates arbitraires du
calendrier grégorien.
La
présence du calendrier luni-solaire à travers le monde, dans de
très nombreuses civilisations, anciennes et récentes, le rende
extrêmement précieux alors que tout change. Est-ce qu'il peut avoir
de la valeur pour ce qu'il porte en lui-même ? D'envisager de
séparer la saisonnalité de la spirale luni-solaire ?
J'ose
croire à raison qu'une partie de mon lectorat s'est peut-être déjà
interrogée en ce sens. Après libre à chacun.e de rester sur les
systèmes utilisés de nos jours ou si l'audace les poussera vers une
mise en œuvre malgré les inconnues inhérentes à cet exercice.
Qu'est-ce
qu'une saison ?
En
Europe occidentale, nous avons peu ou prou une saisonnalité perçue
comme dominante. Quatre saisons ayant des caractéristiques bien
établies. Pourtant nous ne pouvons que constater, avec tristesse,
que les anomalies se multiplient. Les sécheresses historiques de
jadis du temps naguère sont quasi annuelles pour quelques régions,
les pluies colériques emportant tout se déversent abruptement sur
des terres incapables de les encaisser.
Comment
honorer ce qui disparaît ? C'est une des questions
sous-jacentes qui revenaient tout au long de mes pratiques.
Les
morts sont sûrs. Ils ont existé, poursuivent leur œuvre d'une
autre façon après la mort.
Mon
corps existe. Faillible mais à moi. Ma famille, mon foyer, mon
territoire en mutation. Et les cieux.
Tout
cela dessine la trame de mon univers. Ainsi je préfère suivre la
spirale sur laquelle je suis à la fois le centre et un satellite.
Les
saisons sont temporalisées dans notre calendrier par les équinoxes
et les solstices. Si bien qu'ils auraient des énergies particulières
que nos saisons leur prêtent.
Alors
devient plus persistante l'idée que ce sont nos modes de vie qui ont
coloré la spirale plutôt que l'inverse.
La
course luni-solaire composée de quatre étapes s'affranchirait de
tout cela dans mon esprit fertile. Et de la saisonnalité,
également.
Les
valeurs de lumière et d'obscurité prendraient une nouvelle
dimension. Le jour, la nuit et les entre-deux.
Avec
un culot monstrueux, j'ai placé ces jalons qui ont fait réagir
vivement dans mon proche entourage à l'époque. D'autant plus
fortement quand je décrétais que la Saison Claire s'étendait du
Solstice d'Hiver au Solstice d’Été (augmentation et apogée de la
lumière), et la Sombre, de celui d’Été à celui d'Hiver
(diminution et paroxysme de l'obscurité). Un bouleversement quand
l'habitude est de voir l'été comme une saison lumineuse. Les
Équinoxes marquent l'équilibre, le cœur de chacun de ces Saisons.
Une liminalité de courte durée proposant un temps de bilan à
mi-parcours.
Les
Seuils
Si
je vivais les Équinoxes comme un bref instant immobile et les
Solstices comme un top départ ; les transitions vers les
Saisons Sombre et Claire me semblaient bien plus lents.
Étendant
leurs influences bien avant le jour solsticial, ils nous plongent
dans des liminalités longues nous faisant apprécier la Saison en
cours.
La
position de la Lune Claire et de la Lune Sombre étant primordiale
pour établir les Seuils, je trouvais alors pertinent de faire durer
cette période sur un mois Lunaire.
Leur
calcul se basant alors sur un axe constellaire symbolisant la vie et
la mort, Taureau-Scorpion, privilégié par plusieurs sociétés, fut
retenu.
J'ai
bien conscience que ce ne sont pas les seuls, mais à mon niveau,
c'est déjà pas mal.
Ajoutons
à cela qu'opter pour le temps sidéral – le temps réel, et non
sur un calendrier arbitraire et immuable – permet de se rapprocher
au plus près des énergies recherchées. Bye bye la pratique jet
lagée !
J'ai
proposé à mes Sœurs d'être plus observatrices durant ces
périodes. Les retours obtenus ont validé mon postulat.
Pour
les personnes sensibles au corpus celtisant, c'est tout simplement la
détermination de la date luni-solaire de Beltane et Samhain, pour
vous donner une idée.
Les
Seuils Sombre et Clair se produisent entre les Solstices et les
Équinoxes. Ils sont l'occasion de travaux de longue haleine,
d'engagement spirituel particulier, de préparation. Personnellement,
je ne comprenais pas pour quelles raisons j'étais azimutée ou très
intérieure avec des contacts défunts dans ma vie onirique de façon
aussi cyclique. La compréhension de ce système m'a donnée
l'opportunité d'appréhender et d'accompagner mon vécu mystique.
La
conscience que ce qui est exposé ici peut être problématique et
perfectible est indubitable. Il m'a fallu beaucoup de temps pour
partager cette réflexion couplée d'études et d'expérimentations.
Se
sentir légitime dans ce type de démarche est ardu. Les critiques et
les doutes reçus sur les germes de cette vision calendaire ont été
multiples. Je ne comprenais pas le fait de nier certains éléments
historiques sur le calcul des dates par exemple. Comme adhérer à
des dates issus d'un calendrier hérité du judéo-christianisme
niant l'aspect luni-solaire dans l'établissement des célébrations
saisonnière.
Le but n'est pas de froisser ou de chercher les
coups.
Lorsque
l' énergie et l'envie seront là, je soumettrai des articles
barbants sur les calculs calendaires utilisés et leurs raisons.
Je
suis très reconnaissante envers les personnes de la tradition Apple Branch qui ont mis en ligne leur calendrier luni-solaire qui a
décomplexé ma perception et soulagé ma solitude.
Je suis
également heureuse de trouver des contenus pagano-sorciers se basant
sur l'astrologie sidérale, comme celui que propose Mystics Moon.
Les
travaux de Jhenah Telyndru ont également participé à la
construction de ma réflexion.
Je suis certaine que ce ne sont pas
les seules.
Tout comme les enseignements de Morgause de Willow Heart of Wicca sur l'année luni-solaire. Son travail restera à jamais indisponible au public mais j'ai eu le bonheur de pouvoir bénéficier de ses connaissances.
En
attendant, merci de votre intérêt et je vous dis à bientôt.