mercredi 11 mai 2016

Elle est dans mon Cœur - Partager la Voie de la Déesse avec ma fille par Jhenah Telyndru, The Beltane Papers n°41, 2007

Traduction et adaptation par Serpentine



     -    Comme ça maman ? ”

-          Oui comme ça ma Chérie.”

 
Ma fille de trois ans était penchée sur les têtes duveteuses des pissenlits leur demandant à voix basse la permission de les cueillir. Après un moment, celui de recevoir la réponse, Ariana lève son regard vers moi et m’annonce excitée « elle a dit oui maman ! ».

J’opinai du chef. Avec soin et l’intention ciblée qui vient si naturellement aux enfants, elle cueillit la fleur, la pressa contre sa poitrine tout en faisant s’envoler une partie des graines dans son enthousiasme.
«        Que vas-tu faire avec maintenant mon lapin ? , demandai-je.

-          Je vais envoyer des baisers à la Déesse ! »

Elle ferma les yeux un instant, sa bouche rose pointant en avant sur la tête blanche du
pissenlit. Puis elle souffla joyeusement, libérant les graines qui prirent leur envol dans les
airs. Entourée de flocons blancs, elle riait avec délice. Vivre dans une zone urbaine comme
nous fait que j’ai pris soin à lui enseigner la Nature et ses cycles. C’est subtil comme les
fleurs qui s’épanouissent dans les failles des trottoirs pour convoyer des baisers à la Déesse,
jusqu’à la magnifique Lune qui nous suit à la maison pour veiller sur notre sécurité,
partageant les voies de la Déesse avec ma petite file de quatre ans maintenant. Ce qui
m’apporte une joie incommensurable.

En tant que prêtresse dédiée depuis plusieurs années au culte de la Dame, j’avais vécu ma
grossesse le plus consciemment possible, connectée aux énergies de la Grande Mère et lui demandant sa bénédiction pour le miracle grandissant en ma matrice. Lorsque Ariana
Starling naquit en urgence par césarienne la veille du 11 septembre, mon monde se réduisit à
cette enfant minuscule arrivée dans un monde d’incertitudes, au cœur de sa propre lutte.
Elle passa neuf jours en soins intensifs, reliées à des tubes, des machines recouvrant son
corps. Elle lutta pour gagner en force. Bien que ma ville natale ait été  attaquée, je pouvais à
peine gérer tout cela à la lumière de mon cœur brisé alors que je lui envoyais tout le reiki que
j’avais dans son petit corps malgré mon propre état de faiblesse.

La peine de quitter l’hôpital sans son enfant à peine né est sans égale, et bien que je fus affligée, je savais qu’il y a des femmes qui ne sont pas sûres que leur petit sera bientôt en bon santé et  la maison. Je priais pour être guidée, réconfortée et pour la guérison et, pour finir, mon désir le plus cher fut assouvi : ma chère petite fut à la maison, avec nous, saine et sauve.

Les quatre années qui suivirent et jusqu’à maintenant, il n’y a pas un jour où je ne remercie pas la Déesse pour ma fille, ma plus grande bénédiction dans la vie. Je considère comme un grand honneur et une responsabilité énorme de guider son âme lumineuse à travers la croissance et l’expérience jusqu’au jour où elle revendiquera sa pleine souveraineté de femme. Qu’avec des ailes fortes, désireuse de s’envoler, elle quittera la sécurité du nid, prête à suivre les courants de son choix. Mon espoir est que, lorsque viendra ce jour, elle aura avec elle une bonne base morale et une conscience de soi, forte et centrée pour la rendre capable de traverser chaque tempête et d’atteindre tous les sommets, peu importe leur hauteur.
Dans son œuvre de changement de vie, Circle of Stones: Woman’s Journey to Herself, l’auteur Judith Duerk demande : « En quoi votre vie aurait-elle été différent si il existait un endroit pour vous ? Un endroit où se rendre…un lieu de femmes afin d’y apprendre les chemins de la femme…un lieu où vous auriez été nourrie à la source ancienne, vous soutenant, vous renforçant, vous confirmant pour devenir vous-même. Un endroit avec des femmes pour vous aider à vous trouver et vous enseignant à faire confiance à la source ancienne déjà présente en vous…attendant la libération... un lieu de femmes…en quoi votre vie peut être différente ? ».  
Pour ma fille et celles des autres femmes les élevant en connaissant la Déesse et en reconnaissant leur nature sacrée en tant que femme, nous avons créé ce lieu, même si, pour la plupart, il ne s’agissait pas tant de ça. En quoi ma vie aurait réellement différente si, comme ma fille,  j’avais pu pénétrer dans la sombre obscurité d’une tente de sudation de la Vierge à l’âge de trois ans ? Si j’avais appris à chercher mes réponses et recevoir ma validation provenant de mon for intérieur ? Si j’avais connu que mes expériences en tant que fillette puis femme étaient sacrées ? Si j’avais été encouragée à trouver ma propre voie pour me connecter au Divin ?  Si j’avais été  amenée à reconnaître que mon corps est beau, mes émotions puissantes et ma capacité à m’exprimer par moi-même sans limite ?
 
Une des façons que j’avais essayées pour entretenir le sens du sacré dans la vie de ma toute petite fille fut de l’inviter à partager lors d’expériences communes de la Déesse à des rassemblements féminins. Le rassemblement annuel dans le nord-est des Etats-Unis est un moment puissant pour de telles expériences. A son premier rassemblement, en 2004, Ariana et moi nous tenions hors de l’espace rituel, entourées d’amis et d’étrangers, tous unis dans notre amour pour la Déesse. Mon petit bout de trois ans arpentant le chemin, ramassant des cailloux et les offrants aux personnes alentours. Ces derniers étaient sous son charme et chérissaient la pierre toute spéciale qu’elle ramassait tout spécialement pour eux.
A cause du mauvais temps, le rituel d’ouverture se tenait en intérieur et nous étions assises au font du grand gymnase car je n’étais pas certain de l’attitude d’Ariana dans un si grand groupe de femmes et je ne voulais que l’énergie du travail soit perturbée. En réalité, je n’aurais pas dû être inquiète de ça. Elle était complétement prise par les chants et les tambours, se balançant au rythme des danseuses au serpent qui bénissaient l’espace sacré. A chaque quartier appelé, le groupe répondait «  Sois bénie » et dans le silence qui suivit Ariana dit haut et fort : « que la bénédiction soit ! ». Au son de sa voix, des centaines de femmes se retournèrent sur elle pour voir à qui appartenant cette petite voix pleine de confiance et elles sourirent à la plus petite des prêtresses. Et à chacun des quartiers, elle répondait «  que la bénédiction soit ! » dans son coin, faisant sourire et rire autour de nous.

Pour le reste du festival, tout le monde la connaissait et la reconnaissant. Surnommée « Prêtresse des Bénédictions, Ariana était approchée et pris dans ses bras de nombreuses femmes qui avaient été touchées par sa participation durant le rituel. Durant le festival, je réalisais qu’Ariana avait appris sur la Déesse et sur sa propre nature spirituelle, ce processus véritable qui était une source d’enseignement, d’ouverture et de guérison pour les autres femmes présentes. Je n’ai jamais été aussi fière d’être simplement « la mère d’Ariana » et c’est un rôle que je chérirai toujours, maintenant ainsi la joie dans mon cœur.

Voir la puissance de la Déesse dans les yeux d’un enfant, c’est comme la voir pour la première fois.
La danse spiralée des feuilles poussées par le vent devient bien plus magique quand un enfant s’en réjouit.

Prêter attention aux cycles de la lune détient bien plus de mystères ainsi que de tracer son flux et reflux avec le ruban d’une vierge à vos côtés. A travers l’émerveillement et la joie de ma fille, certaines choses que je pensais avoir comprises et maîtrisées symboliquement et intellectuellement ont trouvé dans mon âme de quoi s’enraciner et s’épanouir à nouveau, imprégnées par la grâce et le sentiment d’une profonde beauté.

Me rappelant comment j’avais procédé lors de mes premiers pas sur la voie de la Déesse, je me remémorais comme il était difficile pour moi d’entendre Sa voix avec clarté et discernement. Cela prend du temps pour démêler les nœuds de ma résistance intérieure, prise dans mes problèmes d’estime de soi et d’inutilité.

En quoi mon expérience aurait été différente si je n’avais pas passé autant de temps et d’énergie à me combattre et me remettre en question ! Je sais que si je pouvais offrire uen chose à a fille ce serait d’avoir confiance en sa sagesse intérieure et de réaliser pleinement sa nature sacrée en reconnaissant que la source du Divin est partout et surtout en soi.

Une nuit alors qu’Ariana était prête à se coucher, elle regarda la Déesse accrochée au-dessus de notre lit depuis le jour de sa naissance.

«  -       Qui est cette dame, Maman ? »

Elle désigna l’image du doigt. Je l’avais acheté car elle m’évoquait l’énergie de la Déesse m’ayant inspiré le nom de ma fille.

«    -     C’est une représentation de la Déesse, lui dis-je.

-          C’est la Déesse ?

-          Non ma chérie ! Ce n’est pas Elle. C’est juste une image d’Elle. Elle nous rappelle qu’Elle est toujours avec nous, veillant sur nous, nous aimant.

-          Oooh, dit-elle, comme si elle avait compris.

Je profitais de ce moment.

-          Sais-tu où est réellement la Déesse ?

Elle regarda l’image, réfléchit un moment.

-          Dans tout ce qui nous entoure avec la Lune et les Etoiles ? répondit-elle en observant attentivement l’image la surplombant.

Je souriai.

-          Non, mon trésor, par dans ce qui nous entoure. La Déesse vit dans nos cœurs.

-          Dans mon cœur ? répéta-t-elle, doutant de cette nouvelle information.

-          C’est ça. Dans ton cœur. Et chaque fois que tu voudras Lui parler, tout ce dont tu as besoin est de fermer les yeux et de poser tes mains sur ton cœur. Tu le sentiras s’emplir d’amour. Une fois que tu sens cet amour doux et chaleureux, tu pourras Lui parler de ce que tu veux. Essaie !

Alors elle ferma ses yeux et mit ses mains sur son cœur.

-          C’est ça, l’encourageai-je, pense à tout ce qui te rend heureuse : dessiner, danser, jouer avec les chats. Tout ce que tu veux. Maintenant, pense à toutes les personnes que tu aimes et qui t’aiment : moi, papa, tes grands-parents et cousins et oncles et tantes. Pense à tout ça comme si tu voulais les embrasser et les serrer contre toi, dans la douce chaleur que tu sens dans ton cœur.

Alors que je parlais, je voyais un sourire s’épanouir sur son visage au fur et à mesure qu’elle imaginait toutes ces choses.

-          Comment te sens-tu ?, demandai-je.

-          Bien !

-          Très bien ! C’est là où se tient la Déesse, là dans ton cœur ! Maintenant tu peux La questionner et Lui parler de tout ce que tu veux.

-          Ok, dit-elle, et elle resta calme durant quelques instantes. Je relevais la façon instinctive avec laquelle sa respiration était devenue apaisée et rythmée.

Elle ouvrit les yeux.

-          La Déesse a dit qu’Elle était aussi dans ton cœur, Maman !

Les larmes aux yeux, je lui répondis :

-          Oui ! Oui, Elle y est ! Elle est dans le cœur de tout ce qui vit.

-          Même mes chats ?

Je l’attrapai et lui donna un énorme câlin :

-          Particulièrement dans tes chats ! »

Il est difficile de savoir ce qu’un jeune enfant comprend vraiment de concepts abstraits tels que la Déesse et l’amour et ce que l’on comprend « par le cœur ».J’avais trouvé qu’il était important de ménager un espace pour ces concepts et les renforcer le plus possible quand les opportunités se manifestaient. Je suis souvent étonnée par le niveau élevé de réflexion qu’un enfant est capable de démontrer, notamment en matière de spiritualité. Peut-être est-ce parce qu’ils sont plus proches du’ monde spirituel que nous, et qu’ils ont les souvenirs de la vraie nature de leur âme. Ou peut-être est-ce car ils ne savent pas encore que ce veut dire « impossibilité », une bénédiction dont je pense qu’il est du devoir des parents de protéger. Et même en sachant cela, je suis souvent impressionnée et ressens de l’humilité face à ma fille.

« - Maman, qu’est-ce qui ne va pas avec Arbres-et-Fenêtres ? Elle ne bouge plus. »

L’inévitable question qui arriva plus tôt que je n’avais espéré. Mon mari avait gagné un poisson rouge pour Ariana à une kermesse le week-end précédent. Elle avait pris son petit poisson et l’avait nommé Arbres-et-Fenêtres. Nous avons pris un bocal avec des perles bleu cobalt et un morceau de corail pour lui faire un petit nid douillet. Nous avions mis le bocal dans la chambre d’Ariana et, fièrement, elle la nourrissait quotidiennement. Et maintenant ça 

J’ai suivi Ariana dans sa chambre et constata qu’Arbres-et-Fenêtres n’était plus parmi nous. Son corps flottait à la surface de l’eau, le ventre en l’air. Ah !Comment expliquer la mort à une enfant de trois ans ! Je l’ai prise contre moi.

«     -    Chérie, j’ai bien peur qu’Arbres-et-Fenêtres ne soit morte.

-          Morte ?

-          Oui mon Amour. Elle est retournée vers la Déesse et tout ce qui reste est son corps. »

Elle versa quelques larmes quand nous enlevâmes le corps du bocal et, avec révérence, le corps du petit poisson eu sa cérémonie de la spirale aquatique de la renaissance – les toilettes.

J’ai pris le bocal vide, Ariana resta en retrait car elle voulait passer un peu de temps seule. Après un moment, elle vient me voir et déclare :

«     -    Maman, Arbres-et-Fenêtres ne me manque pas.

-          Ah bon ? Pourquoi ?

-          Parce qu’elle est dans mon cœur. Elle est partie vers la Déesse et la Déesse est dans mon cœur alors Arbres-et-Fenêtres y est aussi. »

Bonté ! Quel bond en avant pour un jeune enfant sur un tel concept théologique si complexe ! J’étais heureuse et étonnée qu’elle ait été capable d’intégrer cela. J’essayais de lui enseigner avec douceur et qu’elle était capable d’en user comme source de réconfort. Ainsi, cela évoquait la reconnaissance de l’interconnexion, d’une compréhension dont je crois qu’elle estla fondation pour une vie vécue en harmonie, avec respect de la Terre et de ce qui y vit.

J’ai appris aussi que la présence du Présent (notion temporelle) sacré est le constant compagnon d’un enfant. Ma fille n’a pas besoin de penser à honorer l’essence de vie, c’est une seconde nature pour elle d’avoir de la gratitude pour les dons des feuilles, des fleurs et grains, d’envoyer des baisers au Soleil pour sa chaleur ou d’étreindre fraternellement chaque arbre que nous croisons. La beauté du cheminement sur la voie de la Déesse avec Ariana est que je découvre des ouvertures dans des domaines dont je ne pensais pas que c’était possible dans ma vie, ainsi j’apprends à voir et à explorer le monde d’une nouvelle façon. Qu’il s’agisse de regarder les fées parmi les fleurs sauvages ou de remercier les criquets pour leur chant crépusculaire, je soigne les vielles blessures de la limitation, m’offrant une renaissance à travers le don que représente ma fille. 

J’aime la regarder lorsqu’elle est complétement immergé dans son monde intérieur, inattentive à ma présence, sans aucune conscience de soi. Elle construit des maisons de fées avec des pierres et des branches lorsque nous sommes chez sa grand-mère, elle cuisine des tartes et des gâteaux magiques à donner pour ses dînettes avec les fées. Elle aime réarranger l’autel que nous avons dressé dans sa chambre, le parsemant toutes sortes de feuilles, de coquillages et fleurs pour le décorer, parlant à la gravure sur bois de la Déesse tenant un bébé (« C’est moi avec la Déesse avant qu’elle ne me mette dans ton ventre !, m’a-t-elle dit une fois »), comptant les pierres roulées qu’elle dépose une à une dans son petit chaudron en fonte. J’aime l’embrasser quand elle dort, ramenant sur elle la couverture alors qu’elle est blottie contre sa douce et parme poupée Déesse qui fut un de ces premiers cadeaux.

Je pensais connaître la joie jusqu’à ce que je l’entende avec sa petite bouche chanter l’air familier de « We all comme from the goddess ». Je lui ai souvent chanté pour l’endormir et quand nous jouons du tambour. Mais ce fut lorsqu’elle l’a chanta seule et spontanément avec sa douce voix de bébé, peut-être parce que je suis sa mère, mais c’était pour moi ce que j’avais entendu de plus beau ou de plus signifiant.

«  - C’est ma chanson préférée, maman !, déclara-t-elle en dansant en cercle autour de moi.
     -  Pour moi aussi, trésor. Pour moi aussi. »



Sources recommandées :

There are wonderful resources available to help share the ways of the Goddess with young children.  Some of my favorites include:

Circle Round: Raising Children in Goddess Traditions, Starhawk, Diane Baker, Anne Hill, Bantam 2000 ISBN 0553378058 

Circle Round and Sing - Album, Anne Hill, Serpentine Music, ASIN: B00004TATV 

Celebrating the Great Mother: A Handbook of Earth-Honoring Activities for Parents and Children, Cait Johnson, Maura D. Shaw, Destiny Books 1995, ISBN 0892815507

Seven Times the Sun: Guiding Your Child Through the Rhythms of the Day, Shea Darian, Gilead Press, 1999, ISBN: 0967571308

Earthways: Simple Environmental Activities for Young Children, Carol Petrash, Donald Cook, Gryphon House, 1992, ISBN: 087659156X 

Moon Mother, Moon Daughter: Myths and Rituals That Celebrate a Girl's Coming-of-Age, Janet Lucy, Terri Allison, Fair Winds Press, 2002, ISBN: 1931412138  

Sacred Source -  Child-sized Goddess statuary

Dancing Goddess Dolls - Handmade Goddess and God dolls for children of all ages.


lundi 28 mars 2016

La Lune Sombre de Molly Hall, about.com



Traduction et adaptation par Serpentine

A quel moment ?

Aussi connue comme la Lune Morte, c'est la période où il n'y a aucune réflexion solaire, laissant ainsi la lune dans l'obscurité. La Lune Sombre se produit sur les trois jours précédant l'apparition du nouveau croissant.

Est-ce la même que la Nouvelle Lune ?

Pour beaucoup, la Nouvelle Lune se produit lors de la conjonction Soleil-Lune, mais pour d'autres elle demeure la Lune Sombre jusqu'au nouveau croissant.
Comme la Lune décroît jusqu'à l'obscurité, le mouvement tend vers l'intériorité.
Dans ces moments contemplatifs, la réalité intérieure se manifeste par les rêves et des visions éveillées. La Nouvelle Lune est  un moment propice pour une conjuration d'intentions.
En quoi la Lune Sombre et la Nouvelle Lune diffèrent-elles ?
La phase sombre de la Lune est psychiquement le moment le plus puissant. Ce qui peut nous attirer vers notre soi le plus profond,  les désirs de notre âme et l'écoute incessante est une bonne manière de recevoir des messages.
Elle est comparée à la graine en dormance durant l'hiver ou au cocon du papillon. Vous pouvez vous sentir fatigué ou avoir une envie irrésistible de complète solitude.  Il est important de faire de la place pour l'extension de son âme à ce moment. Comme la mort elle-même, c'est une préparation au nouveau commencement débutant avec le croissant.


La Lune Sombre et le cycle féminin

Vous avez probablement entendu parler des Tentes Rouges de menstruation des cultures matriarcales et primitives. La Lune Sombre était un de ces moments où les femmes se rassemblaient pour tirer de la sagesse de la puissante énergie psychique du moment. Souvent les cycles des femmes s'accordaient – comme cela se produit lorsque des femmes vivent en communauté – et cela génère  une levée de pouvoir collectif.
Dans ces Tentes Rouges, les femmes partageaient des visions, des messages divins et s'ouvraient à une sagesse plus élevée.

La Lune Sombre et le deuil

A chaque fois que nous vivons une perte considérable, nous sommes profondément changés. C'est une des choses que donne la mort.
Cela est considéré comme étant une phase de Lune Sombre, et cela prend du temps pour pleinement intégrer cette expérience.
Parfois certains sont mal à l'aise, inquiets ou gênés par notre confusion, notre mélancolie, notre colère. Alors ils tentent de nous prévenir de ce qui gît au cœur de l'obscurité. Mais en regardant la nature, nous pouvons observer que tout meurt à un moment pour revenir à la vie sous une nouvelle forme. C'est simplement ça, il existe des instants où nous mourrons à notre ancien nous pour renaître à une nouvelle vie.

La Lune Sombre et les saisons

Durant le solstice d’Hiver, lorsque les jours sont courts (hémisphère nord), c'est une période pour rester à l'intérieur, créant ainsi un sentiment de cocon intime. Et c'est toujours une surprise de voir la nature reverdir, revenir à la vie après avoir été mise à nue. La croissance, à cette période, est souterraine, cachée mais puissante car elle forme la base, la racine.

La Lune Sombre, la vieillesse et la mort

Dans nos vies actuelles, il y a une phase de Lune Sombre dédiée à la fin, nous nous préparons alors à pénétrer dans le mystère de la mort. Souvent il se produit une convergence de souvenirs, nous donnant l'impression de courir après le temps. Tellement de traditions pensent que l'esprit poursuit sa route, mais vers où ? C'est la grande inconnue, et la période de la Lune Sombre nous donne de la foi, de l'espoir sur la nouvelle vie à venir. La Lune Sombre est associée au Monde Souterrain, un plan à part où les défunts et les « presque nés » sont ensembles.

Vivons-nous une phase de Lune Sombre ?

Dans son livre, Les Mystères de la Lune Sombre (Mysteries of the Dark Moon), Demetra George présente ce concept. Nous vivons sur une planète mourante dans le sens où sa forme change, du sol de la forêt à l'air qui l'entoure. Une des actions de la Lune Sombre est de briser les vieux systèmes, de les laisser tomber, puis d'aller vers une révision de notre façon de vivre, ce en quoi nous croyons et sur notre relation avec la nature. Les nouvelles graines ainsi seront plantées, mais il demeurera toujours une certaine incertitude, de la peur...de l'obscurité. Voir ce moment comme une Ère de Lune Sombre peut élargir la perspective avec de l'espoir pour un renouveau à venir.

Le pouvoir de l'Obscurité

La Lune Sombre est privée, intime, riche en renouveau et plein de profondeur. La Lune Décroissante est une période de lâcher-prise, vous êtes dépouillés de votre savoir, c'est un moment où vous êtes à nu ne sachant plus qui vous êtes. Cela peut ressembler à la mort, un étonnant mystère qui nous éveille pleinement à l'instant ultime. Que vient-il ensuite ? , nous demandons-nous.
J'ai trouvé que la Lune Sombre est la phase la plus puissant pour une introspection. Le Soi Intérieur grandit en puissance et se manifeste. Idéalement,  vous pouvez entendre, intégrer et poser des intentions qui vous apporteront de l'harmonie durant la Lune Croissante.
Immobilité est le mot-clef de la Lune Sombre. Reposante, riche solitude nous donnant une chance de capter notre voix intérieure. Avec la Lune dans l'obscurité, l'intuition psychique prend le dessus. Faites de l'espace pour aérer votre esprit afin d'être prête à recevoir.
Il y a une peur sans âge de l'obscurité et un déni de la mort. Mais c'est un fait incontournable de la nature, et si il est pris en compte, peut être vu comme le retour vers la terre avant le prochain renouveau. La Lune est associée aux femmes et à de nombreuses Déesses comme Hécate, Kali, Lilith, qui représentent son aspect sombre. La Lune Sombre nous rappelle le cycle naturel de morte et de renaissance. La tombe et la matrice deviennent des lieux identiques pour une transition quand nous sommes pris dans le mystère situé au-delà du monde physique.
Chaque  Lune Sombre est une chance de se renouveler, d'expérimenter l'inconnue et de gagner une sagesse sans âge. La Lune Sombre ouvre une porte sur le passé et guide vers la mémoire collective. Rendez ce moment sacré chaque mois, faites en un moment pour vous connecter aux grands mystères de la vie.

Source: C'est un article original dont les bases viennent des travaux de Vicki Noble, Demetra George, Judy Grahn, Starhawk et Elinor Gadon pour certaines.

Voici comment j'ai atteint la Déesse Sombre de Jane Meredith, Avalon Magazine n°1, 2011



Traduction et adaptation de Serpentine

Travailler avec la Déesse Sombre peut être difficile !

Il y a quelques années, bien que j’invoquais la Déesse Sombre à la fois pour moi et pour des rituels de groupe, bien que je Lui dédiais toutes sortes d'offrandes et que j'étudiais ses histoires et cherchais à voir le chemin qui menait à Elle, je sentais qu'Elle marchait auprès de moi. Peut-être est-ce Son rôle de nous rappeler que nous sommes poussières, que nous n'avons pas la main haute sur les Royaumes du Monde Souterrain, et que nous sommes dépouillés ensuite de tout ce que nous pensons détenir. Peu importe la leçon, je ne semblais pas trouver ma place dans tout cela.

Dans les rituels ou les ateliers, je tenais l'espace pendant que dix ou vingt femmes tissaient un dialogue avec la Déesse Sombre. Je pourrai témoigner, de ma position de retrait, de leurs larmes et de leurs peines, de leurs expériences réalisées, ou de la reconnaissance du pouvoir qui donne vie comme le printemps après l'hiver. A chaque fois, dans ma vie, quelque chose d'inattendue survenait. Une relation se brisant un jour avant un atelier, ou alors j'étais terriblement malade le matin. Il y avait toujours une crise énorme à gérer – et je ne le pouvais pas car je devais mener un rituel ou courir à un atelier- et je me sentais écartelée, et en lutte pour achever un travail. Je l'honorais encore et encore. Je m'humiliais même pour Elle et La prenais très au sérieux. Je parlais haut d'Elle, recommandant dans mes écrits et dans mon travail qu'il fallait comprendre que la Lumière n'est pas tout, que ce qu'il y a au-dessus et en-avant était limité en possibilités, que les plus grands trésors gisaient dans les endroits les plus sombres. Cependant la Déesse Sombre me talonnait sans cesse. Je ne pouvais voir de fin à cela, ou même avoir une pause, ou encore clarifier l'espace pour une relation entre Elle et moi.

Durant plusieurs années, je menais de nombreux rituels dédiés à la Déesse Sombre aux jardins du Puit du Calice à Glastonbury, GB. Après les heures d'ouverture, lorsque les portes étaient closes et que notre groupe de femmes se rassemblait avec des souhaits, des offrandes et le courage de L'appeler. Reconnaître Son pouvoir souterrain dans ce merveilleux cadre semblait très approprié et (je suis certaine que beaucoup d'autres personnes l'ont senti sur les terres de Glastonbury) il semblait que nous devenions un lien vivant tendu vers les temps anciens où l'obscurité était connue aussi intimement que la lumière et que les gens œuvraient et chantaient lors d'une cérémonie, en harmonie avec le pays.
A une occasion, nous avions créé un rituel progressif débutant au puit. Différents groupes de femmes occupaient les espaces : au puit, le long du ruisseau, aux porte, au bassin. Et à chaque étape, nous chantions et nous bénissions les unes les autres. Buvant l'eau ou laissant partir quelque chose. Une autre fois, nous étions rassemblées autour du puit, fredonnant et chantant durant un très long moment, transformant ce petit espace en paysage sonore dont le puit était le centre. Nous nous balancions et amplifions le son jusqu'à ce que nos voix s'élevèrent jusqu'à devenir des cris aigus se faisant écho encore et encore avant de faiblir et de s'adoucir à nouveau. Des personnes nous dirent plus tard qu'elles nous entendaient de la rue, par-delà les murs.

Le rituel-clef fut, pour moi, celui où nous progressions dans les jardins, du ruisseau au bassin jusqu'à la source. Il semblait que nous laissions des pans de nous-mêmes alors que nous avancions, et peut-être était-ce le cas. Quand nous atteignîmes le puit, nous nous préparions à faire les offrandes et, une par une, nous nous avancions. L'une s'agenouillait et déposait des fleurs, quelques baies à côté du puit, une autre s'avança et chuchota ses secrets dans les profondeurs du puit, d'autres pleuraient ou avaient le regard fixe, dans l'obscurité.

Quand ce fut mon tour, je m'avança lentement vers la grille couvrant l'entrée du puit. Je La sentais, je savais qu'Elle était là comme Elle l'avait toujours été dans ma vie, prête à se montrer et se balancer, prête à écraser tout ce que j'avais créé et tiré du sol sous mes pieds. Je me levai, toujours sur la grille du puit, et sentis l'obscurité sous moi, son immensité se tenant sous le petit puit des Jardins du Calice. C'était une caverne, un tunnel vers un endroit abyssal.

Alors que je me tenais sur cette grille, entourée de femmes et de fleurs d'été, une chose inattendue se produisit. Je n'abandonnais pas, ni énergétiquement ni d'une autre façon, sous Sa pression. Je l'aspirais en moi en fait – ou Elle fit de la place en moi d'une façon ou d'une autre- car soudainement je détenais Son pouvoir.  Il était dans mes mains, mon souffle, puis dans une impulsion, je L'ai sentie en moi. Dans cet instant d'intense puissance, j'ai levé mon pied droit aussi haut que possible, et avec une grande force, le poussais à travers cette énergie jusqu'à ce qu'il rencontre la grille à nouveau.

Assez, me suis-je dit, et je sentis que l'air autour de moi devenait différent.

J'avais attiré en moi puis expulsé l'énergie de la Déesse Sombre. Cela me laissant une impression d'accouchement. Malgré le peu de temps que cela dura, quelque chose avait changé. Nous n'étions pas sur un plan d'égalité. J'étais toujours un être humain et, Elle, la Déesse Sombre, mais j'avais été un réceptacle pour un instant et cela avait changé quelque chose. J'avais créé une place en moi pour Sa présence
Ce rituel fut une autre étape dans ma relation avec Elle.